• [^] # Re: Une loi ne fait pas le printemps...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal "droit au mariage à tous les couples sans distinction de sexe ni de genre". Évalué à 1.

    Arbitraires non. Quelques principes comme l'unicité de l'être (une chose est ce qu'elle est / n'est pas ce qu'elle n'est pas), bien qu'un peu triviale à première vue, est non arbitraire et universel (et permet de trouver beaucoup de choses). De la même façon que le principe de causalité en physique.

    Je ne crois pas en l’unicité de l’être. Je ne suis pas celui qui a commencé cette phrase. Je suis multiple dans le sens où je perçois des désirs conflictuels, où j’ai (au moins l’impression d’avoir) la possibilité de faire des choix. Il n’y a d’existence que dans l’action, dans la différentiation.

    Pour ce qui est du principe de causalité, il semble qu’il connaîtrait quelques heurs du coté de la physique quantique.

    C'est une croyance comme une autre ;-) Je te demanderais : comment peux-tu l'affirmer ?

    Pour l’affirmer, il me suffit de débiter quelques mots. Pour te le démontrer, je te met au défit de me faire connaître une expérience en dehors de mes perceptions.

    Et sinon un contre-exemple : 2+2 = 4 n'est pas une notion objective (universelle et nécessaire si tu veux) qui est accessible ?

    Je ne sais pas ce que tu appels universelle et nécessaire, mais après d’après l'Histoire universelle des chiffres de Georges Ifrah, quatre n’est pas une notion universelle, pas même parmi les humains. Il semblerait que plusieurs études d’anthropologie ont relevé le caractère non-évident d’un compte supérieur à trois chez les humains. Chez des aborigènes pourtant fort éloigné sur le globe, on compte un, deux, trois, puis « beaucoup ».

    Après, les opérations arithmo-typographique n’ont assurément pas de valeur universelle. Quand on vois que Whitehead et Russell ont besoin de 300 pages de Principia Mathematica pour prouver que 1+1=2, on commence tout juste à percevoir l’abîme que représente toute volonté de réductionnisme universel.

    Sinon je trouve ça triste de ne condamner le nazisme que par empathie : ça laisse la porte ouverte à d'autres idéologies tout aussi nocives dans le futur

    Non, elle ne prémuni pas plus d’autres idéologies que du nazisme lui même, mais elle offre un guide précieux à qui sais y prêter attention.

    c'est justement que le nazisme fait une erreur (de logique) dans sa définition de ce qu'est un être humain et tout autant encore en contredisant l'expérience (qui nous est évidente) que tout non aryen est aussi un être humain.

    Comment définis-tu l’être humain ? En quoi ta définition est plus logique que celle du nazisme qui exclus certains individu du genre humain ? Pour un nazi n’est-il pas tout à fait évident que la haine du juif qu’il expérimente lui permet de le traiter sans plus de considération, tout comme l’indifférence qu’il éprouve à l’égard d’un moustique lui permet de traiter le moustique sans considération ? S’il refoule quelque chose, ce n’est pas la logique, mais la reconnaissance de l’alter-ego que lui souffle l’empathie.

    j'affirme que le nazisme est intrinsèquement faux et mauvais.

    Et le nazi affirme qu’il est intrinsèquement vrai et bon.

    Certes, mais comme je disais la maîtrise de la logique n'est pas tout en philosophie : sans compréhension de la métaphysique et de la morale, c'est un peu comme savoir raisonner mais ne pas savoir l'appliquer.

    Je ne vois pas en quoi tes propos peuvent entériner le fait que parmi les plus célèbres philosophes du XXième siècle, il y a en a qui n’ont pas prononcé de condamnation ferme et définitive du nazisme. On peut, il me semble, raisonnablement penser que ces philosophes avec un tant soit peu de compréhension de la métaphysique et de la morale.

    À l'inverse je pensais déjà à rejeter tout ce qui est évidemment faux, comme de nombreux syllogismes (même bien déguisés) ou affirmations évidemment contraires à l'expérience (comme par exemple l'inexistence de choses en dehors de nous-même).

    Le faux, c’est l’évidence des autres.