• [^] # Re: Et tu viens de gagner un ...

    Posté par . En réponse au journal Big brother is watching you. Évalué à 10. Dernière modification le 14 juillet 2012 à 10:17.

    il a toujours gus avec qui fait un "grep hitler"

    C'est selon moi le coeur du problème.
    Revenons un peu sur nos pas :

    Facebook scanne les communications à la recherche de comportement suspect

    ça vaut le coût de décortiquer un peu cette phrase, et de mettre en lumière ce terme de "communications". Parce que le cadre est très différent.

    Les communications sont composées de libre expression.
    Et c'est là la différence majeure entre le cadre des USA et le cadre de la France en matière de droit. Aux USA le Premier Amendement garantie une totale liberté d'expression. Point. Tout le monde le connait, et pourtant beaucoup l'oublie, semble t il, lorsqu'on parle de sujet comme celui-ci. Pas en France. Si je dis que les juifs sont une race à part et que Bosh fait de la publicité mensongère parceque c'est pas vraiment du travail de pro… je tombe sous le coup d'une la loi m'empêchant d'exprimer une opinion (et il me faudrait justifier d'un ton humouristique ou d'une mise en abîme par l'absurde afin de ne pas être poursuivi) Du bullshit, en long en large et en travers.

    Le cadre est donc très différent. L'analyse de conversations et de propos privés aux usa se fait dans ce cadre d'une liberté d'expression garantie. Elle sert donc simplement à affiner un comportement. Tandis que chez nous, notre cadre a vite fait de déraper entre propos et comportement, et ce journal en est une illustration (non pas qu'il dérape lui même, simplement qu'il illustre bien ce mélange accepté chez nous). À partir du moment où l'expression elle même est contrainte et peut être répréhensible, analyser une conversation ne relève pas seulement du profilage comportementaliste mais également de repérage d'idées interdites. BAM< ça fait mal, ok, mais c'est la réalité : nous sommes de moins en moins libres d'opinions, et dès lors l'accès aux propos de la sphère privée ne se fait pas de manière encadrée par une garantie sur les propos eux-mêmes.

    Opinion != comportement.
    Et c'est là que le "bas blesse" pour nous, ici, car (à l'instar d'exemples plus frappant, comme pas mal de pays ayant des restrictions bien plus fortes sur la liberté d'expression : chine, iran, …), nous faisons, à moindre échelle mais sur le même principe, un joyeux mélange entre opinion et comportement.

    Pour terminer, on pourrait prendre l'exemple d'un établissement privé recevant du public… Une bibliothèque par exemple (ou un bar ..? :p ou une banque) Ces établissements mettent en place des mesures (voire des contre mesures) afin de se protéger en premier lieu, puis de protéger le public qu'elle reçoit. Pour se protéger de … comportements. au fil du temps, des portes fermées pour se protéger d'un flux massif entrant ou sortant, des caisses fermées pour se protéger des voleurs, des caméras pour avoir un historique, etc… Mais à aucun moment aucun de ces établissements ne prends des mesures pour se protéger des propos tenus par le public : dans une dictature c'est le rôle des polices {politique,religieuse,}

    Or Facebook a tendance à faire les deux : se protéger des vandales, c'est son rôle (et son devoir, puisque recevant du public), mais également se protéger de cette propension à accuser le porteur du message. Typique de chez nous, où notre liberté d'expression est contrainte. Il ne s'agit d'une banque écoutant les conversations pour lever une alerte sur deux personnes causant de cambriolages : propos pouvant relever d'un comportement suspect et potentiellement dangereux… Il s'agit bien d'une banque écoutant les conversations de ses clients et tamponnant "comportement suspect" tout propos enfreignant la loi de son sol. Or, chez nous, les propos ne sont pas garantie par une protection de liberté d'expression.

    hop, mes deux cents. vous pouvez moinsser.