Avec Rousseau dans Du contrat social, sûrement un fasciste notoire car il avait l’outrecuidance de critiquer la démocratie représentative.
Sur l’idée de la démocratie comme utopie.
A prendre le terme [la démocratie] dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessament assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit aisément qu’il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l’administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent tôt ou tard la plus grande autorité, ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
Pour Rousseau « entre l’autorité souveraine et le gouvernement arbitraire, il s’introduit quelque-fois un pouvoir moyen [la représentative], dont il faut parler. » La démocratie représentative est donc pour lui une forme intermédiaire entre démocratie et arbitraire.
Sur la nécessité de s’impliquer dans les affaires politiques, dans tout les cas et surtout en représentative :
Mieux l’État est constitué, plus les affaires publiques l’emportent sur les privées, dans l’esprit des citoyens. Il y a même beaucoup moins d’affaires privées, parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État : Que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu.
[…]
La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde.
Je trouve intéressant ce passage, l’idée est de dire qu’on peut établir un gouvernement démocratique que si chacun des citoyens est assez libre pour s’en occuper, plutôt que de vaquer à ses affaires privées :
Chez les Grecs, tout ce que le peuple avait à faire, il le faisait par lui-même : il était sans cesse assemblé sur la place. Il habitait un climat doux ; il n’était point avide ; des esclaves faisaient ses travaux ; sa grande affaire était sa liberté. N’ayant plus les mêmes avantages, comment conserver les mêmes droits ? Vos climats plus durs vous donnent plus de besoins : six mois de l’année la place publique n’est pas tenable ; vos langues sourdes ne peuvent se faire entendre en plein air ; vous donnez plus à votre gain qu’à votre liberté, et vous craignez bien moins l’esclavage que la misère.
Où comment l’esclavage devient une nécessité de la démocratie. Rousseau relève le paradoxe. Or, après la révolution industrielle qui a vu notre productivité exploser, on pourrait décemment se reposer la question de la forme de démocratie au XXIème siècle.
Enfin, je viens de lire une solution simple pour rénover les républiques tout en étant certain de ne jamais abandonner le pouvoir :
Les assemblées périodiques, dont j’ai parlé ci-devant, sont propres à prévenir ou différer ce malheur, surtout quand elles n’ont pas besoin de convocation formelle ; car alors le prince ne saurait les empêcher sans se déclarer ouvertement infracteur des lois et ennemi de l’État.
L’ouverture de ces assemblées, qui n’ont pour objet que le maintien du traité social, doit toujours se faire par deux propositions qu’on ne puisse jamais supprimer, et qui passent séparément par les suffrages.
La première : « S’il plaît au souverain de conserver la présente forme de gouvernement. »
La seconde : « S’il plaît au peuple d’en laisser l’administration à ceux qui en sont actuellement chargés. »
Je comprends ainsi que dans une République, sa propre Constitution, que je prends pour la matérialisation du contrat social, devrait être soumise à un vote périodique pour sa reconduction ou sa ré-écriture.
# Pour compléter...
Posté par Faussoyeur . En réponse au journal La « démocratie » représentative, illusion désirée par les notables. Évalué à 0.
… mon propre commentaire et ton journal.
Avec Rousseau dans Du contrat social, sûrement un fasciste notoire car il avait l’outrecuidance de critiquer la démocratie représentative.
Sur l’idée de la démocratie comme utopie.
Pour Rousseau « entre l’autorité souveraine et le gouvernement arbitraire, il s’introduit quelque-fois un pouvoir moyen [la représentative], dont il faut parler. » La démocratie représentative est donc pour lui une forme intermédiaire entre démocratie et arbitraire.
Sur la nécessité de s’impliquer dans les affaires politiques, dans tout les cas et surtout en représentative :
Je trouve intéressant ce passage, l’idée est de dire qu’on peut établir un gouvernement démocratique que si chacun des citoyens est assez libre pour s’en occuper, plutôt que de vaquer à ses affaires privées :
Où comment l’esclavage devient une nécessité de la démocratie. Rousseau relève le paradoxe. Or, après la révolution industrielle qui a vu notre productivité exploser, on pourrait décemment se reposer la question de la forme de démocratie au XXIème siècle.
Enfin, je viens de lire une solution simple pour rénover les républiques tout en étant certain de ne jamais abandonner le pouvoir :
Je comprends ainsi que dans une République, sa propre Constitution, que je prends pour la matérialisation du contrat social, devrait être soumise à un vote périodique pour sa reconduction ou sa ré-écriture.