• # Les fameux intérêts manquants...

    Posté par . En réponse au journal L'argent dette. Évalué à 6.

    Ces vidéos sont très bien faites, mais ne permettent pas, à mon avis, de comprendre les mécanismes bancaires. De plus, elles semblent faire croire à une espèce de vaste complot des banquiers qui ont inventé un système qui leur permet de posséder tout les biens de l'univers grâce aux fameux (fumeux ?) intérêts manquants. A coté des banquiers, les supers méchants d'Hollywood font pâle figure.

    Le fait qu'une banque crée de la monnaie n'est pas une nouveauté: c'est un de ces rôles. Que la monnaie ait comme contrepartie de l'or ou une promesse de dette (celle de l'emprunteur) ne change pas grand chose.

    L'intérêt sert à :
    - s'assurer contre les défauts de paiements de quelques emprunteurs (i.e. si le banquier pense que 3% des gens ne pourrons pas rembourser, alors le taux d'intérêt doit être supérieur à 3%, sinon, il faut changer de métier)
    - rémunérer la structure du banquier (dont les informaticiens !)
    - rémunérer les actionnaires du banquier (et en ce moment, c'est pas la joie)

    Le problème de l’intérêt manquant est un faux problème. Lorsque l’intérêt est dû, la banque "crée" l'argent en indiquant dans ces comptes que untel lui doit de l'argent. C'est le même mécanisme de "création" que celui dénoncé précédemment. L'argent ainsi créé peut servir à payer les fournisseurs, salarié, etc. de la banque. (Pour s'en convaincre, il suffit de retracer toutes les comptabilités d'un emprunteur, de deux banques et de la BCE : il n'y a pas de fuite dans la comptabilité dans aucune de ces entités).

    D'un point de vue moral, l'intérêt rémunère surtout le risque pris par le banquier: si l'emprunteur ne rembourse pas, il faudra en revanche que la banque honore la monnaie émise !

    Un petit lien sur un sujet où les gens ne peuvent pas être d'accord : http://gidmoz.wordpress.com/2011/04/01/refutation-des-interets-manquants/

    PS : J'adore ce problème des intérêts manquants : il fait partie de ces problèmes où, une fois qu'on y a réfléchi, on arrive à une des deux solutions (celle de Paul Grignon, ou la réfutation). Ces deux points de vue sont inconciliables et il semble impossible de faire changer quelqu'un d'avis une fois qu'il a adopté une des deux solutions !