Je me suis abonné à @si il y a peu (un peu de pub. innocente ×ばつ). Il y a de véritables petites perles. Dont une interview d’Angélique Kourounis, correspondante de quelques grands médias français, paradoxalement ce qu’elle raconte est très différent du discours qui ressort de l’autre côté et de ce que je peux lire ici. Encore une fois, il faut diversifier les sources et laisser parler les grecs, plutôt que toujours le son de cloche de Bruxelles, Paris et Berlin.
Pour ceux qui ne sont pas abonnés : une réflexion sur le travail du journaliste, les conditions de travail des correspondants (peu financés, tendance à ne pas faire de terrain, à ne pas vérifier l’information et à la recycler, utilisation d’Internet en particulier), et bien sûr la Grèce (beaucoup d’informations fausses). Elle parle de scandales à propos de contrats militaires et allemands…
Par exemple sur « l’opinion publique » européenne, voici son analyse :
« À une époque en France, l’idée qui circulaient à une époque, c’était que les grecs étaient de gros tricheurs qui passaient leur temps à se gratter les fesses sous les oliviers et qui se levaient le matin en se disant “mon dieu ! mon dieu ! comment est-ce que je vais bien pouvoir truander l’Europe.” Alors ça c’était extrêmement répandu en Allemagne, ironisé au Royaume-Unis et problématisé chez les français. […] Ce que je voulais montrer, c’était qu’il y certes des problèmes structurels en Grèce, depuis longtemps, des problèmes d’administration, de corruption, de dysfonctionnement étatique, mais ce que personne à l’époque n’a montré et n’était pas intéressé à montrer, c’est qu’il n’y a pas de relation état-citoyen [… pas de dialogue …]. La base du problème c’est ça, […] Oui les conséquences sont justes, mais elles ont un point de départ. Et tant qu’on n’aura pas résolu ce problème, indépendamment des injonctions européennes, et bien cela continuera. »
Souvent les journaux grecs se font le relais de la communication du pouvoir, c’est important, mais il faut aussi avoir un rôle de contre-pouvoir, par exemple en allant voir l’opposition et essayer de comprendre ce qui se passe.
Elle confirme les 80—90 % de (削除) l’aide (削除ここまで) les prêts qui vont au service de la dette, contredite par Quatremer, elle répond sur sa source : un économiste de renom, Yanis Varoufakis, auteur de Le Labyrinthe du Minotaure, opposé aux plans de sauvetage. » Cet économiste expliquait que les mesures prises n’étaient pas faite pour la relance mais pour sauver l’euro, et allaient laisser la récession se creuser, la suite lui a donné raison. « Il n’a jamais été question d’aider les grecs, en tant que peuple, à sortir de la crise. On s’est intéressé à l’état grec, que l’état grec sorte de la crise, puisse rembourser sa dette et rester dans la zone euro. […] Sauf que sauver un état n’implique pas de sauver sa population. » Elle appuie ce point de vue par le fait que les grecs ne voient pas du tout la couleur de cette argent car la situation des service publics (hôpitaux&co) est de plus en plus catastrophique.
Elle rapporte une anecdote folle :
« Ce que m’avait expliqué l’homme d’affaire, représentant des commerçants d’Athènes, lors de négociations, c’est que le gars du FMI lui avait demandé :
— Combien paies-tu tes employés ?
— 600, 700 €, c’est déjà pas lourd [NDA: non, en Grèce le coût de la vie n’est pas excessivement bas]
— bon, ben… il faut tu les paies 300 €.
Le mec c’est un armateur, c’est pas un homme de gauche, il répond :
— Comment ça, mais ça ne suffit pas, comment il vont faire ?
— C’est mieux que rien, répond le gars du FMI.
Mais l’homme d’affaire était abasourdi.
[…]
Le problème de la Grèce c’est les deficits, c’est l’appareil d’état qu’il faut réduire. Oui, il faut baisser les salaires dans le public. Oui, il faut rationaliser la bureaucratie. Mais le privé ça n’a rien à voir avec le déficit de l’état. On applique à la Grèce une politique néolibérale, que l’on veut appliquer au reste de l’Europe, la Grèce est un laboratoire et je pense que d’autres pays vont traverser ce que traverse la Grèce. »
L’interview termine sur des phrases dures :
« On aurait demandé le quart de la moitié de ce qu’on demande aux Grecs, en France on aurait eu la prise de la Bastille, et ça on ne nous le dit pas. »
# @si
Posté par Faussoyeur . En réponse au journal La sortie de la Grèce n'aura pas lieu. Évalué à -3.
Bonjour,
Je me suis abonné à @si il y a peu (un peu de pub. innocente ×ばつ). Il y a de véritables petites perles. Dont une interview d’Angélique Kourounis, correspondante de quelques grands médias français, paradoxalement ce qu’elle raconte est très différent du discours qui ressort de l’autre côté et de ce que je peux lire ici. Encore une fois, il faut diversifier les sources et laisser parler les grecs, plutôt que toujours le son de cloche de Bruxelles, Paris et Berlin.
Pour ceux qui ne sont pas abonnés : une réflexion sur le travail du journaliste, les conditions de travail des correspondants (peu financés, tendance à ne pas faire de terrain, à ne pas vérifier l’information et à la recycler, utilisation d’Internet en particulier), et bien sûr la Grèce (beaucoup d’informations fausses). Elle parle de scandales à propos de contrats militaires et allemands…
Par exemple sur « l’opinion publique » européenne, voici son analyse :
« À une époque en France, l’idée qui circulaient à une époque, c’était que les grecs étaient de gros tricheurs qui passaient leur temps à se gratter les fesses sous les oliviers et qui se levaient le matin en se disant “mon dieu ! mon dieu ! comment est-ce que je vais bien pouvoir truander l’Europe.” Alors ça c’était extrêmement répandu en Allemagne, ironisé au Royaume-Unis et problématisé chez les français. […] Ce que je voulais montrer, c’était qu’il y certes des problèmes structurels en Grèce, depuis longtemps, des problèmes d’administration, de corruption, de dysfonctionnement étatique, mais ce que personne à l’époque n’a montré et n’était pas intéressé à montrer, c’est qu’il n’y a pas de relation état-citoyen [… pas de dialogue …]. La base du problème c’est ça, […] Oui les conséquences sont justes, mais elles ont un point de départ. Et tant qu’on n’aura pas résolu ce problème, indépendamment des injonctions européennes, et bien cela continuera. »
Souvent les journaux grecs se font le relais de la communication du pouvoir, c’est important, mais il faut aussi avoir un rôle de contre-pouvoir, par exemple en allant voir l’opposition et essayer de comprendre ce qui se passe.
Elle confirme les 80—90 % de
(削除) l’aide (削除ここまで)les prêts qui vont au service de la dette, contredite par Quatremer, elle répond sur sa source : un économiste de renom, Yanis Varoufakis, auteur de Le Labyrinthe du Minotaure, opposé aux plans de sauvetage. » Cet économiste expliquait que les mesures prises n’étaient pas faite pour la relance mais pour sauver l’euro, et allaient laisser la récession se creuser, la suite lui a donné raison. « Il n’a jamais été question d’aider les grecs, en tant que peuple, à sortir de la crise. On s’est intéressé à l’état grec, que l’état grec sorte de la crise, puisse rembourser sa dette et rester dans la zone euro. […] Sauf que sauver un état n’implique pas de sauver sa population. » Elle appuie ce point de vue par le fait que les grecs ne voient pas du tout la couleur de cette argent car la situation des service publics (hôpitaux&co) est de plus en plus catastrophique.Elle rapporte une anecdote folle :
« Ce que m’avait expliqué l’homme d’affaire, représentant des commerçants d’Athènes, lors de négociations, c’est que le gars du FMI lui avait demandé :
— Combien paies-tu tes employés ?
— 600, 700 €, c’est déjà pas lourd [NDA: non, en Grèce le coût de la vie n’est pas excessivement bas]
— bon, ben… il faut tu les paies 300 €.
Le mec c’est un armateur, c’est pas un homme de gauche, il répond :
— Comment ça, mais ça ne suffit pas, comment il vont faire ?
— C’est mieux que rien, répond le gars du FMI.
Mais l’homme d’affaire était abasourdi.
[…]
Le problème de la Grèce c’est les deficits, c’est l’appareil d’état qu’il faut réduire. Oui, il faut baisser les salaires dans le public. Oui, il faut rationaliser la bureaucratie. Mais le privé ça n’a rien à voir avec le déficit de l’état. On applique à la Grèce une politique néolibérale, que l’on veut appliquer au reste de l’Europe, la Grèce est un laboratoire et je pense que d’autres pays vont traverser ce que traverse la Grèce. »
L’interview termine sur des phrases dures :
« On aurait demandé le quart de la moitié de ce qu’on demande aux Grecs, en France on aurait eu la prise de la Bastille, et ça on ne nous le dit pas. »
Une petite
(削除) nimage (削除ここまで)chanson :http://soundcloud.com/placeaupeuple2012/emilienne