• [^] # Re: Problème plus global

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal La sortie de la Grèce n'aura pas lieu. Évalué à 3.

    Moi je dirais plutôt qu'il n'y pas de problème pour certains, et que ce sont eux qui dirigent (en Allemagne) ou qui dirigeaient (en France). Je m'explique.

    Sarkozy considérait qu'il n'y avait aucun problème en France, il n'avait pas tout à fait tort quand on regarde ailleurs et même si, sous son mandat, la dette en a pris un sacré coup dans le fion. Il trouvait même la situation plutôt favorable puisqu'il a déclaré à plusieurs reprises que cette situation allait permettre de faire des réformes plus vite qu'en temps normal. Heureusement pour nous, il n'a pas pu mettre en application ses rêves. La teneur des réformes, on peut la voir en Italie, en Espagne, en Grèce : «flexibilisation» du marché du travail (autrement dit, tout travailleur devient précaire par nature), baisse des «charges sociales» (qu'on appelle cotisation sociale en vrai), stagnation ou baisse des salaires (le fameux «coût du travail», vous avez l'impression de coûter, vous, quand vous travaillez ?), baisse des impôts directs (qui sont payés par les riches) et hausse des impôts indirects (qui sont payés par tout le monde), etc. Bref, le petit manuel du parfait libéral, tendance allemande.

    Oui, ça va mal pour la plupart des gens mais qui s'en soucient parmi les dirigeants ? Pas grand monde. Ou alors, on pleure à chaude larmes en demandant encore plus de «sacrifices» pour les mêmes, et en ne remettant absolument pas en cause les réformes citées. Encore ce matin, on apprend que la commission «recommande» à la France d'appliquer ces réformes, et les recommandations sont tellement amicales qu'il pourrait y avoir des sanctions ! On croit rêver, la politique économique de la France dicté par la commission Européenne… Le problème, c'est que depuis que Sarkozy n'est plus président, le ton a un peu changé. Certes, ce n'est pas la révolution, mais au moins, ce n'est plus l'axe Merkozy qui parlait d'une seule et même voix. Et ça pourrait donner des idées aux Irlandais qui votent sur les nouveaux traités, et aux Grecs qui pourraient placer la gauche radicale en tête (et pour tous ceux qui écoutent trop les JT, Syriza ne veut pas sortir de l'Euro hein, d'ailleurs rien n'est prévu dans les traités pour sortir de l'Euro).

    Bref, le problème, ce n'est pas un problème économique, ce n'est pas une n-ième petite crise qui passera dans quelques jours, c'est le système lui-même qui est en cause et qui va demander de penser des solutions en dehors de ce système. Malheureusement, nos dirigeants en sont loin, ils sont englués dans ce système et ses méthodes de pensée, à essayer de le patcher à la marge. À un moment, ça coincera, et ça risque d'arriver assez vite.