• [^] # Re: Mouais

    Posté par . En réponse à la dépêche La loi Godfrain sur la fraude informatique modifiée. Évalué à 5.

    Mhhbof. La rhétorique anarchiste vieillit mal.

    Déja, dans la mesure où la très grande majorité des citoyens est favorable à un état de droit, l'État reste l'émanation de la volonté du peuple. En ce qui me concerne, l'État fournit mon moyen de subsistance (je suis fonctionnaire), ma sécurité (intérieure et extérieure), et mon identité culturelle (puisque les concepts d'État et de nation sont à peu près confondus en France). Par l'intermédiaire des élections, et puisqu'il est tout à fait légitime de se faire élire sur un programme de changement de constitution, l'État donne aux citoyens, au moint en théorie, le pouvoir de le détruire. C'est typiquement ce qui se passe dans un référendum d'autodétermination.

    La vision d'un état protecteur du grand capital est aussi empruntée à l'idéologie communiste des années 1970, et ne me semble pas particulièrement pertinente. J'aurais tendance à penser au contraire que le capitalisme mondialisé accumule des pouvoirs supérieurs à ceux des États, et que justement, l'État est un rempart (plus ou moins efficace ou volontariste en fonction de la couleur politique des gouvernements) contre les abus capitalistes. Par exemple, l'État règlemente la culture des OGM, impose des lois pour la défense du consommateur, limite les pouvoirs des personnes morales. Je ne dis pas que cette protection est parfaite, mais justement, elle ne l'est pas car l'État est trop faible.

    Enfin, l'État n'est pas une personne. Les débordements que tu cites sont l'œuvre d'êtres humains qui ont abusé pour leur confort personnel du pouvoir que les citoyens leur avait confié. Certes, le pouvoir corrompt, et il faut toujours veiller à ce que les gesn à qui ont l'a donné se comportent comme il faut, mais tu es en train d'accuser le camion parce que le chauffeur est bourré. Le dégoût de l'État te permet au passage de dédouaner les vrais coupables, qui sont des Hommes, et qui peuvent et doivent être jugés pour les abus qu'ils ont commis au nom de l'État. C'est trop facile de mettre sur le dos de l'État le comportement de simples hommes.

    Pour supporter tes idées farfelues, l'État de donne tout un tas de moyens (la liberté d'expression, la liberté de manifestation, etc). Si tu estimes que ça n'est pas suffisant et que tu t'amuses à bousiller un serveur qui ne t'a rien fait, payé avec mes impôts, et destiné à rentre un service quelconque aux citoyens, alors je te verrais avec plaisir condamné pour le préjudice que tu m'as fait subir en attaquant l'État.