Sauf qu'en réalité, une définition objective de ce qu'est l’État donnerait quelque chose comme "une organisation armée qui s'arroge les pleins pouvoirs sur un territoire donné, et qui se maintient au pouvoir par la force".
Dans une démocratie, l’État c'est le mal nécessaire que le peuple tolère pour éviter la guerre civile (l’État est le gardien de la violence collective). Dans une démocratie de marché, comme la République par exemple, l’État est le mal nécessaire que tolère le Capital pour se protéger du Peuple (l’État est le gardien de l'ordre social). Dans les deux cas l’État est une autorité collective que tout-e citoyen-ne doit pouvoir remettre en cause à tout moment, y compris par la violence physique quand cela s'avère nécessaire.
C'est pas pour rien que dans certains coins du monde, y compris sur des territoires où un État sert de rempart entre le Capital et le Peuple, on autorise explicitement le port d'une arme à feu pour donner officiellement au Peuple la possibilité de non seulement se défendre contre le terrorisme d’État mais également d'établir clairement le rapport de force en vue de l'attaquer.
Ici le contexte est le suivant :
* la loi Godfrain est en France la loi qui sert l’État et le Capital dans leur lutte acharnée pour intimider/étouffer/réprimer le mouvement hacker depuis les années 1980 ;
* la montée en puissance des mouvements autonomes (tendance globale de fond identifiée mondialement qui va du DIY hacker à l'autoconstruction en passant par les nouvelles mouvances politiques radicales (qui ne sont malheureusement pas visibles qu'à gauche…)) et l'incapacité à les faire taire pousse l’État à agir dans l'urgence (cf l'affaire Tarnac, maladroite tentative pour faire taire une bande d'intellos dans une épicerie de campagne) ;
* le changement de paradigme politique de la société du secret et du Capital vers la société de la transparence et de l'Information met clairement à jour les contradictions inhérentes aux démocraties de marché, et il faut se prémunir contre les Wikileaks à venir.
Ce que nous avons devant les yeux, c'est juste ça : une tentative de plus pour produire de la peur. Je vais friser le point Godwin mais, au final, l'idée ici est d'intimider pour éviter les actes de sabotage (comme tu le dis fort justement dans ton commentaire), c'est une méthode connue, éprouvée et dont la terrifiante efficacité a été largement documentée…
La sincérité de nos larmes durcit l'acier de nos armes.
[^] # Re: Mouais
Posté par DecereBrain . En réponse à la dépêche La loi Godfrain sur la fraude informatique modifiée. Évalué à 1.
"Attaquer l'État, de toutes manières, c'est mal."
Sauf qu'en réalité, une définition objective de ce qu'est l’État donnerait quelque chose comme "une organisation armée qui s'arroge les pleins pouvoirs sur un territoire donné, et qui se maintient au pouvoir par la force".
Dans une démocratie, l’État c'est le mal nécessaire que le peuple tolère pour éviter la guerre civile (l’État est le gardien de la violence collective). Dans une démocratie de marché, comme la République par exemple, l’État est le mal nécessaire que tolère le Capital pour se protéger du Peuple (l’État est le gardien de l'ordre social). Dans les deux cas l’État est une autorité collective que tout-e citoyen-ne doit pouvoir remettre en cause à tout moment, y compris par la violence physique quand cela s'avère nécessaire.
C'est pas pour rien que dans certains coins du monde, y compris sur des territoires où un État sert de rempart entre le Capital et le Peuple, on autorise explicitement le port d'une arme à feu pour donner officiellement au Peuple la possibilité de non seulement se défendre contre le terrorisme d’État mais également d'établir clairement le rapport de force en vue de l'attaquer.
Ici le contexte est le suivant :
* la loi Godfrain est en France la loi qui sert l’État et le Capital dans leur lutte acharnée pour intimider/étouffer/réprimer le mouvement hacker depuis les années 1980 ;
* la montée en puissance des mouvements autonomes (tendance globale de fond identifiée mondialement qui va du DIY hacker à l'autoconstruction en passant par les nouvelles mouvances politiques radicales (qui ne sont malheureusement pas visibles qu'à gauche…)) et l'incapacité à les faire taire pousse l’État à agir dans l'urgence (cf l'affaire Tarnac, maladroite tentative pour faire taire une bande d'intellos dans une épicerie de campagne) ;
* le changement de paradigme politique de la société du secret et du Capital vers la société de la transparence et de l'Information met clairement à jour les contradictions inhérentes aux démocraties de marché, et il faut se prémunir contre les Wikileaks à venir.
Ce que nous avons devant les yeux, c'est juste ça : une tentative de plus pour produire de la peur. Je vais friser le point Godwin mais, au final, l'idée ici est d'intimider pour éviter les actes de sabotage (comme tu le dis fort justement dans ton commentaire), c'est une méthode connue, éprouvée et dont la terrifiante efficacité a été largement documentée…
La sincérité de nos larmes durcit l'acier de nos armes.