• [^] # Re: Negawatt

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal L'énergie électrique est moins cher en Allemagne qu'en France. Évalué à 8.

    « Je ne cherche pas à te contredire car ce n'est pas mon domaine, mais il me semblait que le rendement d'un moteur thermique "traditionnel" à pistons, fut-il diesel hdctdi (rayez la(les) lettre(s) inutile(s)), était bien loin d'être optimal. Peux-tu préciser? »

    Attention, c'est parti pour le cours de thermodynamique.
    Le rendement d'une machine thermique produisant du travail (c.-à-d. un moteur) se définit par le rapport de la quantité de travail fournie par le moteur à la quantité de chaleur reçue par lui (sous forme de carburant pour les moteurs de voitures automobiles classiques). Ce type de moteur doit nécessairement fonctionner entre deux sources de chaleur (au moins) ; l'une chaude fournissant de la chaleur (la combustion ici), l'autre froide absorbant la chaleur (l'air absorbant les gaz d'échappement ici). Il existe un moteur idéal appelé moteur de Carnot). Son rendement est R=(1- Tchaud/Tfroid). Soit un nombre compris entre zéro et un, et qui — sauf à faire monter les températures des moteurs aux environs des points de fusion des métaux qui les constituent, ou bien à la transition de plasticité des matériaux cubiques à face centrés (aux environs de 700 K) comme l'acier, ou à alimenter le moteur en hélium liquide — est aux environs de 50% et ne saurait de toutes façons pas dépasser 1. Si l'on en croit wikipedia, les moteurs réels de voiture atteignent déjà des rendement supérieur à 30%. Il est donc peu vraisemblable d'arriver à diviser par plus que 2 leur consommation … QED.

    « Là aussi ça m'intéresse, j'aimerais un lien vers un site présentant cette technologie et expliquant les 400% de rendement (par rapport à quoi ?). »

    Là encore il s'agit juste de thermodynamique de base. Le rendement d'une machine thermique de chauffage se définit comme le rapport de la chaleur qu'elle fournit au travail qu'elle reçoit. Par exemple un radiateur électrique qui reçoit 1 kWh électrique fournit 1 kWh de chauffage (à quelques détails près). Il a donc un rendement de 1. Les pompes à chaleur « idéals » atteignent des rendements très supérieur à 10 (soit 1000%). En pratique les fiches techniques des pompes à chaleur du commerce indiquent des rendements de ~3 à ~5. Pour 1kWh d'électricité, on obtient 3 à 5 kWh de chauffage. NB: il n'y a pas de magie, l'énergie supplémentaire provient du milieu extérieur.

    En fournissant le travail nécessaire à la mise en œuvre de la pompe à chaleur directement avec un moteur thermique (dont la chaleur des gaz de combustion est récupérée par la pompe), il ne devrait pas être trop difficile techniquement d'obtenir une pompe à chaleur atteignant un vrai rendement de 4 (NB: je passe volontairement sur beaucoup de détails qui expliquent pourquoi on ne peut pas viser des rendements de 10, 20, ou même plus ; je craint d'être déjà par trop prolixe).

    À ma connaissance ce mécanisme est largement employé pour des réfrigérateurs de camping (dit à absorption, qui fonctionnent grâce à la combustion de butane ou propane). Mais étrangement personne ne l'emploi pour le chauffage des maisons individuels. Pourtant, pour la même quantité de matériaux qu'une voiture moyenne, on arriverait à produire des chaudières divisant par 4 et plus la consommation d'une maison. Et puis cela permettrait de reconvertir l'industrie automobile. Avis au ministère du redressement productif :-).

    Pour les liens, désolé je n'en ai pas. Mais un bon bouquin de thermodynamique (basique) devrait suffire pour vérifier tout ça.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace