J’ai sélectionné des passages du blog que j’ai pointé, c’est un peu dans le désordre, mais rangé par thèmes. Sur la situation en Grèce, et pas que, d’aucun pourrait m’accuser de misérabilisme, mais il faut que tu prennes bien conscience de la situation. Sinon t’éduquer à un minimum de retenu, car tu verseras ta bile venimeuse dans le prochain journal de la même façon, j’espère apporter ma modeste contribution à des gens qui ont un peu moins de préjugés haineux que toi sur les grecs.
« Nous ne pouvons plus faire face au loyer, même si le propriétaire a accepté un rabais de 25%. Nos revenus sont en chute libre, -60% en un an, nous irons habiter un appartement appartenant à mon beau-père, inoccupé jusque là car sans chauffage »
Aux informations de ce midi, on apprend qu'au menu servi dans les hôpitaux, il n'y a plus de yaourt, ni de viande, car le système est à bout de souffle. Et qu'une soixantaine de boutiques mettent la clef sous la porte par jour, de la mort lente à la mort rapide de l'économie de terrain.
« Eh bien c'est fait, la direction de notre boite a convoqué le personnel. Au choix : accepter une diminution des salaires à hauteur de 30%, ou sinon il y aura des licenciements ; nous avons un mois pour réfléchir. Déjà que par l'imposition et par les taxes de toute sorte, j'ai déjà perdu 25% de mes revenus réels, c'est l'enfer qui s'avance ».
Et pas qu'en Grèce. Comme en Italie, une personne de plus (un homme de 51 ans), s'est suicidé dimanche dernier en Béotie, un petit entrepreneur en « difficultés », selon le reportage. Mais à présent, les reportages sur les suicides ne font plus les gros titres. En tout cas, voilà encore un, parmi nos électeurs… définitifs, plus de deux mille, recensés par les statistiques de notre guerre en cours.
Hier mardi, j'ai reçu de nouvelles de saison, en provenance de la région de Volos (en Grèce Centrale), étonnamment tristes aussi : « Tu sais, mon cousin ici, le fleuriste, a vécu un enterrement très douloureux la semaine dernière, il a l'habitude pourtant. Rien ne va plus, tout se détraque. Antigone, une jolie femme, âgée de trente cinq ans, avait retiré toutes ses économies, jusque là restées sur un compte. Elle avait déjà échappé aux mafias locales qui de l'intérieur, se tiennent… professionnellement informées, car dans notre ville récemment, un retraité qu'avait retiré 250.000 euros de la banque, s'est fait cambriolé le soir même, des inconnus ont fait irruption à leur domicile pour voler cet argent.
Ah oui, cette pauvre Antigone avait planqué ses économies dans un placard de sa cuisine ; elle avait dit à sa mère que cet argent représentait en quelque sorte sa dot, un capital de départ pour le dire en termes plus modernes, car Antigone pensait se marier. Elle travaillait encore, elle n'était pas chômeuse. L'explosion d'un petit chauffe-eau gaz, a provoqué un incendie et Antigone s'est précipitée aussitôt dans sa cuisine pour sauver son petit capitale, c'est sous le placard que son corps a été retrouvé par les pompiers. Quant à la douleur ressentie à son enterrement, sans commune mesure avec les enterrements du passé, il y avait une douleur politique, a précisé mon cousin. Il n'en revient toujours pas, il est sous le choc ; il y pense tout le temps ». Voilà comment Antigone de Volos a trouvé la mort entre deux élections législatives historiques, sa dot se mêlant… à notre « dette ».
« Je vous interpelle depuis l'île de Crète, je suis un agriculteur de la région de la Canée. J'ai toujours voté à droite et je me considère comme quelqu'un de droite. J'ai voté SYRIZA à ces élections et je revoterai SYRIZA, car Samaras, sa Nouvelle Démocratie et les autres, ont trahi. Je préfère immobiliser ma voiture et me déplacer désormais sur le dos de mon âne, plutôt que de céder devant chantage et l'esclavage imposés par l'Europe », (message d'un auditeur – radio Real-Fm ce jeudi matin).
Sur le chantage à l’argent.
« Nous ne sommes plus dupes. Cet argent n'ira pas à la Grèce, tout ira dans la poche des voleurs internationaux. Qui a audité la dette, pour autant que je sache ? Par quel mandat du peuple les partis de la coalition, PASOK en tête, ont-ils signé le Mémorandum ? Avez-vous vu ? C'était à la télé hier, on interviewait une représentante SYRIZA depuis Bruxelles, soudainement, quel respect ! Tsipras ne se laisse pas intimider, qu'ils aillent se faire…. Eh, tiens, sais-tu comment faire avancer nos voiture à l'hydrogène, un ami prétend que nous pouvons modifier sa carburation moyennant 500 euros. Je ne sais pas si cela est vrai finalement, en tout cas, nous nous attendons à une nouvelle vie, mon souci n'est pas écologique mais économique… Ah oui, les salopards vont tout faire pour éviter les élections de juin, car SYRIZA arrivera en tête, il représentera 25% des suffrages au moins. »
Hier encore, Carolos Papoulias la gentille marionnette du système par lequel il a accédé à son mandat (Président de la République), a tenté en vain, à tordre une fois de plus, l'esprit et la lettre de notre Constitution dans un seul but : former un ultime gouvernement pro-Mémorandum, d'où les intimidations, la propagande, et au bout du compte, ce torrent de boue, déversée par les médias sur SYRIZA. Sauf que dans cette guerre psychologique, le système a perdu une première bataille. Certes, un dernier petit milliard d'euros s'est volatilisé et les guichets des banques sont désormais vides. Provopoulos, le banquier en chef à Banque Nationale de Grèce tire la sonnette d'alarme : « le système bancaire est sur le point de succomber ». Mais la rue est désormais informée : « Provopoulos, homme de Goldman Sachs, dirigeant à la tête d'une Banque à 96% étrangère et courroie de l'occupation, a obligé les caisses de retraite et de santé, les hôpitaux et les universités à « placer » leurs économies sur des « titres » pourris, une semaine avant le Mémorandum II de février. Ensuite ces titres ont été dépréciés et nous voilà désormais sans hôpitaux et sans universités. Provopoulos paiera » (propos tenus devant un arrêt de bus mardi soir à Athènes). Ce qui n'empêche pas l'inquiétude générale, non sans stoïcisme. On reconstitue des stocks en produits alimentaires dans les placards et dans les caves, plus quelques bidons d'essence chez certains et on savoure le grand flottement sur les plages. Tragédie, soleil et catharsis. L'État grec vient de geler tout paiement, sauf salaires et retraites ce mercredi. Lundi soir, aux dispensaires de la Sécurité Sociale, au Nord d'Athènes, une dame âgée, venue pour une consultation en orthopédie a brusquement voulu se rendre aux toilettes : « Je ne trouve pas le papier hygiénique » ; « Il n'y aura plus Madame, nous n'avons pas les moyens d'en acheter, vous devez toujours garder dans votre sac à main, des mouchoirs en papier, ah oui ; il n'y a plus de kinésithérapeute conventionné non plus, c'est terminé, adressez-vous au secteur privé, mais il va falloir tout payer… »
Notre société est divisée en deux parties : Il y a parmi nous, ceux qui ont peur car ils ont encore un peu d'argent, en Grèce ou ailleurs, ou ils touchent le cas échéant un salaire de misère dans la fonction publique. Ils craignent la fin de l'euro, le chaos. Puis, il y a les chômeurs, les petits commerçants en faillite, ceux qui ont tout perdu ; eux, ils considèrent que la route de l'euro et peut-être bien celle de la construction européenne est déjà un couloir de la mort ou sinon au moins, ils s'en fichent.
Comme ces femmes, travaillant à l'accueil au sein d'une entreprise athénienne : « Il est temps de montrer nos dents à l'Europe ; il y a en a assez, mais nous n'irons tout de même pas sortir de l'euro, l'euro ce n'est pas mauvais en somme, non ? » La réponse, par une de ses collègues n'a pas tardé : « Qu'ils aillent se faire…. et leur euro avec, ce n'est pas le nôtre. Je travaille à temps plein pour 700 euros par mois déjà, et toi Dora, tu touches déjà moitié moins ». Et Dora le confirme : « Je viens d'être embauchée à temps complet pour 350 par mois, je le vois venir, tout le monde sera au même tarif… ». « Si c'est celui-là notre avenir, alors nous revoterons SYRIZA ».
Sauf que notre « budget primaire est quasiment à l’équilibre », en dehors des intérêts de la dette, surtout en dehors des intérêts de la dette. Mais ce « petit » détail est désormais connu de tous ici. C'est sans doute un des facteurs, une raison, contribuant à l'effondrement des partis du Mémorandum. Mais pour un avenir bien plus raisonnable, une seule raison ne suffit pas.
Sur la situation politique très tendue du pays.
Nous naviguons en eaux troubles, mais au moins nous naviguons. Nous nous attendons aussi à ce que les perroquets du système globalisant, affairistes, politiciens et autres journalistes des « grands médias », désignent comme un « accident », pouvant prétendument empêcher, la tenue des élections en juin. Kyriakos Mitsotakis, (fils d'ancien Premier ministre) et député de droite (Nouvelle Démocratie), a évoqué récemment dans un entretien radio cette « probabilité » avec insistance.
Les nouveaux cieux, s'ouvrent sous les coups de foudre. Les réunions de quartier chez SYRIZA (ouvertes à tous les habitants désirant participer), sont très intéressants en ce moment, car pleines de contradictions. « Alors la question de la souveraineté nationale n'existe pas pour SYRIZA, et qu'allons nous faire avec l'euro ? Sommes-nous pour, ou contre l'Europe ? », a demandé un participant aux orateurs, cadres SYRIZA, dont Georges Tsipras, portant le même nom qu'Alexis, le chef du parti. La réponse a été un peu confuse : « Nous comprenons que le cadre de la nation est une réalité indépassable et ainsi on ne peut plus laisser cette notion, y compris au niveau de l'argumentaire politique, aux seules mains de l'Aube dorée ; non, ils n'ont pas ce monopole. Pour ce qui est de l'euro et de l'orientation du paysan celle que nous souhaitons en tout cas, je rappelle que nous sommes un parti majoritairement pro-européen, cela veut d'abord dire que nous appartenons à la famille de la gauche européenne. Nous nous battons ensemble, avec Mélenchon en France ou Die Linke en Allemagne, nous espérons ainsi un changement en Europe, surtout après l'élection de François Hollande, même si nous ne sommes pas un parti de la social-démocratie. Ces questions sur l'Europe et l'euro seront posées à un autre moment je pense », réponse prudente mais visiblement sincère, de la part de Georges Tsipras.
Depuis dimanche dernier, nous revoilà plongés dans le flottement incessant du temps présent. Gouvernables ? Esclaves ? En dehors de la zone euro ? Sur le marché du vendredi on y vendait encore de tout, l'espoir et l'incertitude sifflaient à toutes les oreilles : « Nous en avons marre, fallait que ça s'arrête [le Mémorandum], ce n'est plus possible ». Des employés auprès des vendeurs de fruits et légumes parfois étrangers, « des Pakistanais » comme on dit souvent dans la rue pour « aller vite », servirent deux hommes âgés, visiblement inquiets de la situation, néanmoins stoïques : « Tiens, tu viendras chez moi en cas de guerre Yannis, j'ai un jardinet de ville et un sous-sol ». Car les rumeurs, les menaces, la désinformation et les intimidations courent les rues et les marchés. Déjà les médias officiels ou « alternatifs » (sur internet), les journaux qui s'autoproclament « pluralistes », tous s'adonnent au catastrophisme ces dernier jours, reproduisant inlassablement ce même message : « Attention nous sommes en danger, à ce point… ingouvernables », comme si la « gouvernance » de la Troïka demeure notre seule option. Pourtant, les Grecs sont de plus en plus nombreux à penser qu'une autre orientation, douloureuse aussi certes, reste envisageable.
Chez SYRIZA on demeure confiant mais inquiet. L'épreuve est rude. Des rumeurs ici ou là, font état de la « présence d'espions dans les partis et mouvements anti - Mémorandum et ceci depuis longtemps. On les préparait justement pour ainsi agir pour le jour le plus long… en vue de le raccourcir », et SYRIZA n'échappe pas à ces rumeurs. L'espionite, la Grosse Bertha (alias « la sortie de la zone euro »), les grandes manœuvres des forces aéronavales turques en mer Égée lors d'un exercice cette semaine, les « menaces de coup d'État », tout y est. C'est Août 1914, plus la République de Weimar. Sauf qu'on a toujours de l'électricité et internet, c'est peut-être là, la seule différence.
« Tiens – s'est exclamé un passant hier, sur une place d'Athènes – SYRIZA invite tout le monde à sa réunion publique demain soir lundi, c'est pour analyser et débattre. À l'odre du jour, les résultats des élections et la nouvelle situation, cela fait depuis mes lointaines années passées à l'Université que je n'ai pas assisté à une réunion politique, j'irai ».
Dimanche soir : Alexis Tsipras vient de déclarer à l'issue des rencontres entre les chefs des partis et le Président de la République : « Ce qu'on demande à SYRIZA n'est pas un accord, mais la complicité dans un crime. Et cette complicité, nous ne pouvons pas l'accorder. Je demande la publication des comptes rendus des débats d'aujourd'hui lors des réunions au Palais présidentiel, ainsi, les citoyens pourront tirer leurs propres conclusions », prévient-il
Samaras de la vieille droite, n'a pas pu former un gouvernement Lundi, ainsi, il s'est souvenu qu'il était « parmi les premiers à critiquer le Mémorandum ». Les médias affolés suggèrent des « solutions car le pays a besoin d'être gouverné », ainsi, ces journalistes – perroquets de leurs patrons, insistent sur le « drame dans lequel nous sommes plongés » depuis dimanche. Sauf qu'ils omettent de dire que nous sommes toujours gouvernés, mais par les agents des Troïkans. Car il y a le feu : lundi déjà, on a noté « l'arrivée à Athènes, de la « Task Force » de la Commission Européenne pour coordonner la réalisation des reformes et pour auditer le ministères. Elle est composée par 30 à 40 personnes, lesquels, vont contrôler les finances publiques, et surtout l'exécution du budget. Ces agents, se sont installés dans les ministères, d'où ils contrôleront les recettes et les dépenses de l'État, une par une. Au même moment, on est en train de former le nouveau Observatoire Permanent du Mémorandum (Permanent Monitoring) dans l'urgence. Le chef de cette structure séjournera de façon permanente à Athènes et ses membres, seront en contact direct avec les équipes installées au sein des ministères, en temps réel. C'est une équipe parallèle à celle du FMI; cette dernière est d'ailleurs hébergée dans un bâtiment appartenant à la Banque de Grèce » (quotidien TA NEA – 8 mai 2012).
Seulement, les Grecs savent désormais que cette fameuse “banque centrale” n'a appartient pas à l'État et ne sert pas l'intérêt commun (évidemment). Alexis Tsipras et son parti SYRIZA le savent également. Sa lettre adressée aux bancocrates, c'est à dire aux dirigeants de l'U.E., nous a fait sourire encore davantage : « Nous ne reconnaissons pas les signatures des dirigeants PASOK et Nouvelle Démocratie, nous ne reconnaissons plus le Mémorandum et les Traités entre la Troïka et la Grèce, car non seulement ces actes sont illégaux, mais désormais, le peuple dans son immense majorité les désavoue ». Panagiotis Lafazanis, député SYRIZA, prévient même, que la présence de la Troika en Grèce est illégale, ses agents doivent quitter le pays rapidement.
[^] # Re: Déprimant
Posté par Faussoyeur . En réponse au journal Le PS a t'il ressorti la machine à perdre ?. Évalué à -4.
Répondons à la fange par l’esprit.
J’ai sélectionné des passages du blog que j’ai pointé, c’est un peu dans le désordre, mais rangé par thèmes. Sur la situation en Grèce, et pas que, d’aucun pourrait m’accuser de misérabilisme, mais il faut que tu prennes bien conscience de la situation. Sinon t’éduquer à un minimum de retenu, car tu verseras ta bile venimeuse dans le prochain journal de la même façon, j’espère apporter ma modeste contribution à des gens qui ont un peu moins de préjugés haineux que toi sur les grecs.
Sur le chantage à l’argent.
Sur la situation politique très tendue du pays.