Le faussoyeur voudrait prêter l'argent… Des autres.
Non, celui de la BCE, très précisément. Et très précisément avant qu’il appartienne aux autres, c’est-à-dire aux banques, directement de la BCE vers la Grèce. Et oui, je veux payer, là tout de suite, la dette grecque c’est quelques centaines de milliards, je la prête à, allez soyons fous, 2 % (+inflation à disons 3 points, ça fait du 5 %), avec l’assurance que je serai sauvé par l’état si je fais faillite, avec de l’argent que la BCE me prête à 1 %. Aucun problème, je signe où ? Parce que c’est ça la réalité, les banques prêtent déjà avec l’argent des autres (elles n’ont qu’une fraction de la somme prêtée dans les coffres) et avec l’assurance que les états les renfloueront en cas de pépin.
C'est toujours plus simple
Mais la vie n’est pas très compliquée… on t’explique le contraire pour mieux t’écarter des décisions politiques, mais maintenant, la dette grecque, ce n’est pas 3 % du PIB européen. pof, en 3 ans, en donnant 1 % de notre salaire à la Grèce on rembourse tout. C’est ridicule. On aurait décidé ça quand les taux d’intérêts ont grimpé, ça aurait refroidi les spéculateurs et la note aurait été encore moins salée (pour peu que tu considères 1 % comme salée). Et ben désolé de te décevoir, mais non je ne suis pas égoïste, j’étais prêt à donner 0,1 % de mon salaire, si tant est qu’on peut appeler ça de la solidarité, quand la crise a commencé et on n’en serait pas là. Maintenant je suis prêt à donner plus au prix d’un audit citoyen grec de leur dette, pour ne pas me retrouver à payer par ricochet des spéculateurs qui se sont gavés.
De tout façon le taux d’intérêt n’est pas une évaluation des risques. C’est du bullshit. Le taux d’intérêt est un « prix », prix payé pour le service rendu : le prêt. Comme tout prix il est fixé par l’état du marché. Comme la demande d’un état est plus ou moins constante, on peut s’amuser à faire varier l’offre comme on l’entend pour engranger un max. Comme les investisseurs institutionnel capables de financer à hauteur de ce que demandent des états sont peu nombreux (je veux bien prêter à la Grèce, mais avec 10 000 € en banque, j’ai bien peur qu’elle ira pas loin), ces investisseurs peuvent absolument faire ce qu’ils veulent et fixer des taux d’intérêts exorbitants, non pas sur le risque de défauts d’un pays, que personne, aussi expert soit-il est capable d’évaluer (on a fait un grand cas du rabaissement de la note de la France… puis… rien !), ils jouent aussi avec les assurances sur les dettes, qui permettent un mécanisme spéculatif, et vas-y mimille… tu verras que le jour où il sera sérieusement question que la BCE prête direct aux états, alors les taux d’intérêts vont redescendre (ça s’appelle la concurrence), et ça sonnera la fin de la récré.
Bon, alors, trois solutions pour sortir la Grèce de sa crise, ça te convient pas ? Dont l’une impliquant que je débourse, et qui ne me rebute pas.
[^] # Re: Pour ceux qui ne comprennent pas le grec
Posté par Le faussoyeur . En réponse au journal Résultat des élections. Évalué à 4.
Non, celui de la BCE, très précisément. Et très précisément avant qu’il appartienne aux autres, c’est-à-dire aux banques, directement de la BCE vers la Grèce. Et oui, je veux payer, là tout de suite, la dette grecque c’est quelques centaines de milliards, je la prête à, allez soyons fous, 2 % (+inflation à disons 3 points, ça fait du 5 %), avec l’assurance que je serai sauvé par l’état si je fais faillite, avec de l’argent que la BCE me prête à 1 %. Aucun problème, je signe où ? Parce que c’est ça la réalité, les banques prêtent déjà avec l’argent des autres (elles n’ont qu’une fraction de la somme prêtée dans les coffres) et avec l’assurance que les états les renfloueront en cas de pépin.
Mais la vie n’est pas très compliquée… on t’explique le contraire pour mieux t’écarter des décisions politiques, mais maintenant, la dette grecque, ce n’est pas 3 % du PIB européen. pof, en 3 ans, en donnant 1 % de notre salaire à la Grèce on rembourse tout. C’est ridicule. On aurait décidé ça quand les taux d’intérêts ont grimpé, ça aurait refroidi les spéculateurs et la note aurait été encore moins salée (pour peu que tu considères 1 % comme salée). Et ben désolé de te décevoir, mais non je ne suis pas égoïste, j’étais prêt à donner 0,1 % de mon salaire, si tant est qu’on peut appeler ça de la solidarité, quand la crise a commencé et on n’en serait pas là. Maintenant je suis prêt à donner plus au prix d’un audit citoyen grec de leur dette, pour ne pas me retrouver à payer par ricochet des spéculateurs qui se sont gavés.
De tout façon le taux d’intérêt n’est pas une évaluation des risques. C’est du bullshit. Le taux d’intérêt est un « prix », prix payé pour le service rendu : le prêt. Comme tout prix il est fixé par l’état du marché. Comme la demande d’un état est plus ou moins constante, on peut s’amuser à faire varier l’offre comme on l’entend pour engranger un max. Comme les investisseurs institutionnel capables de financer à hauteur de ce que demandent des états sont peu nombreux (je veux bien prêter à la Grèce, mais avec 10 000 € en banque, j’ai bien peur qu’elle ira pas loin), ces investisseurs peuvent absolument faire ce qu’ils veulent et fixer des taux d’intérêts exorbitants, non pas sur le risque de défauts d’un pays, que personne, aussi expert soit-il est capable d’évaluer (on a fait un grand cas du rabaissement de la note de la France… puis… rien !), ils jouent aussi avec les assurances sur les dettes, qui permettent un mécanisme spéculatif, et vas-y mimille… tu verras que le jour où il sera sérieusement question que la BCE prête direct aux états, alors les taux d’intérêts vont redescendre (ça s’appelle la concurrence), et ça sonnera la fin de la récré.
Bon, alors, trois solutions pour sortir la Grèce de sa crise, ça te convient pas ? Dont l’une impliquant que je débourse, et qui ne me rebute pas.