• # Steven Soderbergh

    Posté par . En réponse à la dépêche Full Frontal. Évalué à 8.

    Je n'ai pas encore vu le film mais je sens aussi une déception se pointer à l'horizon. Soderbergh (tu oublies à chaque fois le h) a pourtant réalisé des merveilles mais a commencé depuis un certain temps une période commerciale qui décroît de plus en plus en qualité.

    Il faut quand même reconnaître un début de carrière intéressant pour cet auteur (est-il encore un auteur ?) avec le superbe "Sex, Lies, and Videotape" (1989) et d'autres films comme "The Limey" (1999) ou "Underneath" (1995). Pris dans la machine hollywoodienne, il réussit à s'en tirer avec les honneurs avec "Out of Sight" ou "Erin Brockovich". Mais on voyait une partie de son talent filer à l'horizon, intuition confirmée dans "Ocean's Eleven", où il n'est plus qu'un simple réalisateur doué, arrivant à faire coulisser les pièces de son film de façon très fluide mais avec un mangue singulier de vie.

    En 1996, il réalise un de ses films les plus étranges: "Schizopolis". Proche du délirium tremens, ce film est une suite de sketches disjonctés plus ou moins bancals. Ce film est surtout marquant car il est le passage entre sa carrière d'indépendant et celle d'employé de studio, l'un de ses derniers coups d'éclats avant de se faire passer "la corde au cou". Peut-être qu'avec "Full Frontal" il a voulu se refaire une virginité, un délire pour se remettre d'aplomb. C'est tout le mal qu'on peut le souhaiter, surtout au vu de ce qu'il l'attend dans son prochain film. Soderbergh a en effet réalisé une adaptation d'un des plus beaux films existant sur terre: Solaris, sorte de 2001 russe incroyablement hypnotique, à la beauté lente et subjugante. Si Soderbergh ne veut pas qu'Andrei Tarkovsky se retourne dans sa tombe, il va devoir faire beaucoup d'efforts.