• [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

    Posté par . En réponse au journal Plaidoyer pour la réforme du droit d'auteur. Évalué à 1.

    Je suis d'accord, et j'aimerais même ajouter…

    qui pourrait concerner, outre les produits culturels, le logiciel, la production des pouvoirs publics (recherche, enseignement, données…), et les brevets industriels;

    Il ne faut pas que nous oubliions (et surtout que les pirates oublient) que le gros événement auquel nous faisons face c'est la prise de conscience progressive d'un passage d'une économie de la rareté à une économie de l'abondance, sur les bien immatériels. Aujourd'hui on parle des flims et des chansons, un peu des logiciels, et un petit peu des livres numériques. Mais demain ? Il ne faut pas oublier que les imprimantes 3D sont à portée de main… Que diront Philippe Stark et les magasins IKEA quand ils verront que les Average Joe de tous bords copient leurs œuvres, à la maison, au nez et à la barbe des Hautes Autorités du monde entier ?
    Et la nourriture ? Les industriels de l'agroalimentaire commencent déjà à gueuler que Monsieur Michu se permettrait de cultiver des tomates brevetées (ou pas) dans son potager, que se passera-t-il quand des imprimantes de cuisine fabriqueront des fraises tagada, une fois les recettes secrètes de Haribo mises en fuite sur Wikileaks ?
    Et la monnaie ? Le jour où un système à la Bitcoin sera vraiment populaire, comment réagiront les banques ?

    Tout le monde se rendra compte que la concurrence des choses immatérielles duplicables à coût infinitésimal exercée par la population sur des entreprises trop puissantes est une question globale, regroupant bien d'autres choses que les simples biens culturels, mais espérons qu'on s'en rende compte assez tôt.

    qui pourrait être le moteur d'une politique de croissance économique et de rayonnement international;

    L'impératif, IMHO, est de redéfinir totalement la notion d'économie.
    À la base, le terme d'économie sert à désigner l'ensemble des pratiques permettant de combattre la rareté. Une fois la rareté éliminée, on atteint un état d'abondance, et l'économie a atteint son objectif. Le problème, c'est qu'on ne sait alors plus quoi faire des pratiques qui faisaient l'économie. Et c'est d'autant plus problématique que le moteur de ces pratiques est l'argent, qui est étroitement lié à la survie de l'individu.
    Du coup, pour permettre de continuer à obtenir de l'argent, et ainsi permettre à des individus de survivre, on va restaurer une rareté artificielle, via le copyright, via les brevets…via divers freins au progrès en général, en prétendant que cela fait marcher l'économie. Mais c'est faux, cela ne fait que perpétuer un modèle qui fait du surplace pour ne jamais atteindre cet état d'abondance : ce n'est pas de l'économie, c'est de l'anti-économie.

    La solution, c'est d'oublier l'idée de "vivre d'un emploi" et de décorréler le revenu du travail. Et c'est en repensant le fonctionnement de la monnaie que nous y arriverons.
    Tous ces débats entre pirates, corsaires, juristes, libristes, sont très intéressantes d'un point de vue philosophique, mais il ne faut pas oublier que le cœur du problème, la flamme qui anime tous ces débats passionnés, c'est l'argent. Le meilleur moyen de faire avancer les choses, c'est de prendre le problème à la source, et de faire émerger des modèles d'abondance permettant à chacun de vivre sans dépendre d'activités anti-économiques.