Si, justement. Enfin, disons que c'est discutable, mais si une loi est très largement enfreinte, c'est qu'elle n'est pas cohérente avec la société à laquelle elle s'applique.
Les lois ne sont pas là pour changer une société, simplement pour essayer d'empêcher les comportements nuisant au plus grand nombre.
Par exemple : on ne peut pas légaliser le meurtre : la peur de se faire tuer pour un oui ou pour un non influencerait trop de gens, et globalement tout le monde est contre : personne n'a envie de se faire poignarder dans la rue.
Par contre on peut légaliser le cannabis : globalement tout le monde s'en fout (z'allez pas me dire que le fait que des types fument des joint loin de chez vous ça vous perturbe ?). Mais par exemple on doit l'interdire au volant - comme l'alcool en fait : pas au volant, pas drogué en public, etc. -, parce que ça devient dangereux pour les autres, pour n'importe qui de façon arbitraire, donc ça peut affecter n'importe qui.
On a encore me semble-t-il une loi interdisant aux femmes de porter des pantalons (référence nécessaire, mais si celle là n'existe pas, il y en a pléthores d'autres toutes aussi absurdes). La société a changé, cette loi est devenue caduque, il est normal de l'ignorer.
Maintenant certaines lois interdisent de copier des œuvres sous droits d'auteur ne l'autorisant pas. Mais si tout le monde le fait (ou en tout cas une majorité suffisamment grande), alors c'est que c'est comme ça que la société souhaite vivre. Il est donc normal de les ignorer - ça serait même bien de les abroger, mais une loi en France ça ne s'abroge pas, on en crée une nouvelle qui dit qu'il faut ignorer la précédentes, et voilà comment on crée un nouveau corps de métier ultra-spécialisé en cinquante ans : les avocats.
Il est normal de les ignorer parce que c'est ce que la société veut, et si une poignée de gens y sont opposés, la démocratie fait qu'ils ont simplement le droit d'exprimer leur désaccord.
Et si ça signifie la mort de toute création artistique, alors c'est que c'est ce que la société souhaite, mais on sait bien tous ici que le partage libre ne détruira en rien la création.
Bref, si, le fait qu'un délit soit commis massivement, et qu'il soit difficile de lutter contre, signifie que la loi doit être remise en cause.
Et le cas des excès de vitesse ne fait pas réellement exception : les gens ne roulaient pas massivement au delà de 150km/h sur l'autoroute avant, mais il y en avait suffisamment pour que ça soit dangereux pour beaucoup de monde. Mais même avant les radars et tout, la majorité des gens roulaient en gros tous à la même vitesse, quelque part entre 130 et 140, comme aujourd'hui, un poil plus vite peut-être mais pas significativement.
Il n'y a qu'à voir les autoroutes allemandes dans les sections sans limitations de vitesse : à 150km/h tu doubles quasiment tout le monde, sauf quelques psychopathes avec leurs bagnoles de fous qui roulent à 180 voire plus !
Les radars ont réduit les comportements aberrants et dangereux, de peut-être des centaines de milliers de gens, mais qui restent une très petite minorité par rapport au 30 millions d'automobilistes (ordre de grandeur, je n'ai aucune idée du chiffre exact) qui n'avaient pas ce comportement.
Aujourd'hui, les gens qui téléchargent sans se préoccuper de savoir s'ils ont le droit, si ça ne représente pas encore la majorité (et j'en doute), ça ne doit pas être loin. Ce comportement est donc admis par la société - au sens de l'ensemble des gens - et ne peut pas être pénalisé : ça n'a plus de sens aujourd'hui.
Les institutions doivent s'adapter, ce qui ne signifie pas faire sauter directement le droit d'auteur et ce qui tourne autour, tel que ça existe maintenant, mais l'adapter pour ne garder que la partie qui protège le maximum de gens des comportements abusifs. Par exemple on ne va pas légaliser le plagiat, globalement tout le monde est contre, or ça fait partie de la sphère légale du droit d'auteur et de ce qui va avec.
Yth, je peux me tromper, je n'ai que le sentiment d'être dans le juste.
[^] # Re: Pas convaincu
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal Plaidoyer pour la réforme du droit d'auteur. Évalué à 5.
Si, justement. Enfin, disons que c'est discutable, mais si une loi est très largement enfreinte, c'est qu'elle n'est pas cohérente avec la société à laquelle elle s'applique.
Les lois ne sont pas là pour changer une société, simplement pour essayer d'empêcher les comportements nuisant au plus grand nombre.
Par exemple : on ne peut pas légaliser le meurtre : la peur de se faire tuer pour un oui ou pour un non influencerait trop de gens, et globalement tout le monde est contre : personne n'a envie de se faire poignarder dans la rue.
Par contre on peut légaliser le cannabis : globalement tout le monde s'en fout (z'allez pas me dire que le fait que des types fument des joint loin de chez vous ça vous perturbe ?). Mais par exemple on doit l'interdire au volant - comme l'alcool en fait : pas au volant, pas drogué en public, etc. -, parce que ça devient dangereux pour les autres, pour n'importe qui de façon arbitraire, donc ça peut affecter n'importe qui.
On a encore me semble-t-il une loi interdisant aux femmes de porter des pantalons (référence nécessaire, mais si celle là n'existe pas, il y en a pléthores d'autres toutes aussi absurdes). La société a changé, cette loi est devenue caduque, il est normal de l'ignorer.
Maintenant certaines lois interdisent de copier des œuvres sous droits d'auteur ne l'autorisant pas. Mais si tout le monde le fait (ou en tout cas une majorité suffisamment grande), alors c'est que c'est comme ça que la société souhaite vivre. Il est donc normal de les ignorer - ça serait même bien de les abroger, mais une loi en France ça ne s'abroge pas, on en crée une nouvelle qui dit qu'il faut ignorer la précédentes, et voilà comment on crée un nouveau corps de métier ultra-spécialisé en cinquante ans : les avocats.
Il est normal de les ignorer parce que c'est ce que la société veut, et si une poignée de gens y sont opposés, la démocratie fait qu'ils ont simplement le droit d'exprimer leur désaccord.
Et si ça signifie la mort de toute création artistique, alors c'est que c'est ce que la société souhaite, mais on sait bien tous ici que le partage libre ne détruira en rien la création.
Bref, si, le fait qu'un délit soit commis massivement, et qu'il soit difficile de lutter contre, signifie que la loi doit être remise en cause.
Et le cas des excès de vitesse ne fait pas réellement exception : les gens ne roulaient pas massivement au delà de 150km/h sur l'autoroute avant, mais il y en avait suffisamment pour que ça soit dangereux pour beaucoup de monde. Mais même avant les radars et tout, la majorité des gens roulaient en gros tous à la même vitesse, quelque part entre 130 et 140, comme aujourd'hui, un poil plus vite peut-être mais pas significativement.
Il n'y a qu'à voir les autoroutes allemandes dans les sections sans limitations de vitesse : à 150km/h tu doubles quasiment tout le monde, sauf quelques psychopathes avec leurs bagnoles de fous qui roulent à 180 voire plus !
Les radars ont réduit les comportements aberrants et dangereux, de peut-être des centaines de milliers de gens, mais qui restent une très petite minorité par rapport au 30 millions d'automobilistes (ordre de grandeur, je n'ai aucune idée du chiffre exact) qui n'avaient pas ce comportement.
Aujourd'hui, les gens qui téléchargent sans se préoccuper de savoir s'ils ont le droit, si ça ne représente pas encore la majorité (et j'en doute), ça ne doit pas être loin. Ce comportement est donc admis par la société - au sens de l'ensemble des gens - et ne peut pas être pénalisé : ça n'a plus de sens aujourd'hui.
Les institutions doivent s'adapter, ce qui ne signifie pas faire sauter directement le droit d'auteur et ce qui tourne autour, tel que ça existe maintenant, mais l'adapter pour ne garder que la partie qui protège le maximum de gens des comportements abusifs. Par exemple on ne va pas légaliser le plagiat, globalement tout le monde est contre, or ça fait partie de la sphère légale du droit d'auteur et de ce qui va avec.
Yth, je peux me tromper, je n'ai que le sentiment d'être dans le juste.