• # mauvaise réponse à un faux problème

    Posté par . En réponse au journal Plaidoyer pour la réforme du droit d'auteur. Évalué à 2. Dernière modification le 01 mai 2012 à 21:56.

    La réforme du droit d'auteur est une mauvaise réponse à un faux problème. Un faux problème, après toutes ces années, et toutes ces pistes explorées, il se dégage une évidence : c'est une période transitoire. Peut être n'aurait elle jamais dû exister. Peut être. Peut être a t elle été instrumentalisé. Certainement. Dans tout les cas, ce n'est plus le sujet. Peut on aujourd'hui regarder les choses avec humilité et se dire que d'autres avaient compris il y a bien longtemps ? Nos libertés, et nos droits à la vie privé, ne doivent pas souffrir du fait qu'une partie de l'industrie du divertissement n'a pas sû s'adapter. Peut être a t elle été trop gourmande. Peut être. Peut être ses adversaires ont été sans concession. Probablement. Dans tout les cas, ce n'est pas au citoyen de payer, par des restrictions, une re-distribution des cartes du secteur.

    L'industrie du divertissement ? Un joli mot pour désigner un aggrégat de divers intérêts et professions, mais pas une réalité économique. Cette «industrie» est principalement composé de créateurs et artistes à la base, puis de producteurs et financeurs, et enfin de distributeurs. C'est bien cet aggrégat qui s'est déroulé trop tard, et plus avec les bonnes personnes. Il est temps que artistes et les producteurs regardent ailleurs que vers leurs distributeurs d'hier. Peut être ces distributeurs, en s'attribuant souvent également le rôle de gestionnaire de droits, ont ils enfermés ces partenaires. Peut être. Mais pourtant, il y a déjà eu des tentatives. A l'époque avortées, peut être que les adversaires d'alors, au lieu de devenir les nouveaux partenaires, ont laisser pourrir la situation. Peut être. Dans tout les cas, la réalité du jour est là.

    Un faux problème, donc. Nous assistons à une redistribution des cartes de la … distribution. Et c'est tout. Rien de plus, rien de moins. Apple a sû tirer son épingle du jeu. D'une mauvaise manière. Peut être. en tout cas il a réussi, et prouve que c'est possible : un nouvel acteur peut émerger (et dans son cas, ne rien bousculer, en plus). C'est possible. D'autres offres le prouvent aussi, de manière plus anectodique économiquement, mais finalement à l'instar de ce qui existait auparavant. Ensuite, on pourrait faire un plan sur la comète entre Sony et Google, le premier étant à la fois producteur, gestionnaire de biens et fabricants de matériels. Le second pouvant être le distributeur. Mais des plans sur la comète, on s'en fout un peu …

    Un faux problème, ok. Mais aussi une mauvaise réponse. Une mauvaise réponse parceque si ce n'est pas aux citoyens de payer les erreurs stratégiques d'une partie, d'un rôle, de quelques groupes de cette industrie, ce n'est pas non plus aux artistes de le payer. Le droit d'auteur est bon tel qu'il est, et par défaut. Demander une réforme du droit d'auteur est la symétrie de demander une restriction des droits d'usages des ntic. Stupide.

    Bref, je suis pour ma part assez surpris, et déçu, de lire cela par les «têtes pensantes» du PP. J'ironise sur les «têtes pensantes» pour insister sur la déception, et non pour leur jeter une quelconque opprobe. Cela me laisse un goût amer d'impression de vouloir aller trop vite, et de déjà être à la chasse aux voix en donnant du simple, alors qu'il semblerait plus opportun de chasser de l'élite, sans avoir peur de faire du dense, pour le moment. Déçu, enfin, parcequ'à l'heure où la notion même de domaine public est attaqué, il me semble plus important de défendre l'acquis plutôt que de courrir après la comète. Ceci vaut également pour les diverses extensions du «droit d'auteur», qui ne en fait que des extensions des droits des gestionnaires de droits d'auteurs, et pas de défense des droits des artistes, ni des producteurs. Il y a matière.

    mes deux cents, vous pouvez moinsser.