• [^] # Re: Rienàvoir

    Posté par . En réponse au journal Notre petit univers de geek privilégié. Évalué à 3.

    Mais puisque tu me lances sur le sujet.

    Absolument pas, je n’ai pas voulu lancer le débat sur cette tranche d’imposition supplémentaire (et je ne le veux pas, je n’ai pas que ça à faire). Je fais juste remarquer que l’acceptation d’une tranche « modeste » à 10% (vers ~1920 il me semble) induit aujourd’hui des propositions pour 75% voire 100%, ce qui confirme tout à fait la « théorie » (plus une observation) de la pente glissante. Ce n’était qu’une illustration. Et je n’ai jamais prétendu que la pente glissante ne marchait que pour les trucs que j’aimais pas, hein (Jospin a commencé à privatisé un ou deux trucs tout à fait secondaires, aujourd’hui la gauche se refuse à parler de nationalisation, autre pente glissante qui cette fois m’arrange bien).

    Y’à même un roi qui a accepté le principe d’une (petite) liberté religieuse pour les huguenots avec des édits en leur sens, ça s’est poursuivi avec une révolution et enfin la loi 1905 sur la laïcité.

    Voici un exemple de pente glissante positive, merci, c’est ce qui manquait à mon argumentaire.

    (le massacre des religieux ne s’est faite de pair qu’avec le massacre des nobles ; ce n’est pas la laïcité qui a amené à ça, mais la logique révolutionnaire, que effectivement je considère comme extrêmement dangereuse)

    Sous prétexte qu’on sait jamais, que ça pourrait amener des idées bien pires, alors il ne faut jamais accepter le moindre principe.

    Ce n’est pas ce que j’ai dit.

    Ce que j’ai dit, c’est que si tu refuses un taux progressif avec une dernière tranche à 100%, tu dois refuser le principe de l’impôt progressif, parce que tant que la légitimité de la progressivité de l’impôt est acceptée universellement, la dynamique politique fera qu’on s’y dirigera plus ou moins vite. À l’inverse, si comme toi on accepte un taux progressif avec une dernière tranche à 100%, il n’y a absolument aucune raison de refuser le principe de l’impôt progressif même modéré.

    Ce que je dit, c’est qu’en politique le principe (légitimité de la progressivité de l’impôt) était toujours infiniment plus important que les chiffres (10% ? 50% ? 75% ? 100% ?), parce qu’au final le principe amène avec lui une dynamique qui déterminera le chiffre dans 100 ans (sauf changement de principe, bien sûr).

    Et ça marche dans les deux sens : un libéral qui accepte la progressivité de l’impôt commet un suicide politique, un socialiste qui accepte le principe d’une privatisation de même.

    P.S.: et je n’appelle pas à un début sur la laïcité, l’histoire de la révolution française, de la progressivité de l’impôt ou des nationalisations/privatisations hein, ce ne sont que des illustrations.