• # Et s’il n’en reste qu’un

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Notre petit univers de geek privilégié. Évalué à 5.

    Je ne vois pas en quoi être une poignée devrait faire penser qu’on est ridicule. Si nous ne nous fourvoyons pas, alors notre travail est d’autant plus remarquable qu’il est achevé avec peu de moyens.

    Je dis, si nous ne nous fourvoyons pas, car il est impératif – il me semble – de garder un esprit critique, de rester ouverts aux critiques constructives que peuvent apporter d’autres points de vues.

    Peut-on s'attendre à ce que ce genre de critiques constructives émanent de « la voix du peuple » ? Pas nécessairement en tout cas : si une majorité sont certains que la Terre est plate, il ne faut pas taire les incohérences avec ce qui est observable.

    Si on enseigne le mépris de la critique que peut-on attendre de constructif en résultat ?

    Si en plus on exacerbe la tendance à chercher des boucs émissaires, peut-on sincèrement espérer une réflexion civique constructive par et pour tous les citoyens ?

    Dénigrer est facile, critiquer – y compris soi – l’est bien moins. Et c’est bien notre malheur qu’on nous enseigne jamais cet art difficile dans toute notre scolarité.

    Et pour terminer, le jolie nextrait pour adoucir les mœurs (ou pas) :

    Si l’on est plus de mille, eh bien, j’en suis ! Si même
    Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ;
    S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
    Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !

    Victor Hugo, Les Châtiments