• [^] # Re: Discrimination positive

    Posté par . En réponse au journal Journée de la femme : frustration et marketing. Évalué à 2.

    Bon, je recase un truc que j'ai dit 'achement plus haut, et sur lequel tu n'avais pas répondu :

    Je vais tenter une comparaison maladroite avec les systèmes distribués (et en particulier les algos distribués) : ils ne sont efficaces que si un certain taux de panne n'est pas atteint, c'est-à-dire que tant que le système n'est pas cassé, il s'équilibre de lui-même, grâce à un jeu de règles codifiées et immuables. Là où ma comparaison a des limites, bien entendu, c'est quand on parles de règles immuables, ce qui ne peut arriver dans la société des hommes (qui est par nature dynamique, changeante, etc.).

    On peut se passer de quotas quand le déséquilibre est faible. J'estime (j'ai peut-être tort) que c'est encore loin d'être le cas. L'égalité des chances n'est que la base sur laquelle construire une société égalitaire.

    Pour moi, je le répète, les quotas ne sont pas le seul mécanisme à mettre en œuvre : ils sont la pour faire des ajustements, pas pour définir une politique globale. Ce sont des mécanismes de court terme. Quand je proposais (pour les femmes en l'occurrence) de les mettre formellement en œuvre sur une durée déterminée (une génération), renouvelable une fois, tu m'as répondu que c'était pas possible à cause du phénomène d'appropriation et d'assimilation à des acquis sociaux. Je ne vois pas pourquoi. Le gouvernement Jospin avait mis en place les emplois jeunes, qui avaient une durée déterminée (cinq ans), pouvaient être terminés chaque année, et … il n'est plus possible de faire de contrat emploi-jeune désormais. Mais admettons. Disons qu'au lieu de faire deux fois 10 ans (pour les femmes), on fasse cinq ans, renouvelable quatre fois.

    Pour en revenir aux quotas IEP ou autres, je les vois (un peu) de la même manière : oui il faut modifier le système, mais comme je le disais ailleurs le temps qu'on mette en place ce qu'il faut pour modifier ou corriger les problèmes structurels du système éducatif, ben j'ai bien peur qu'on ait sacrifié une ou deux génération dans le même temps. Tu dis que c'est inégalitaire. Je dis que (pour modifier mon exemple de la balance) c'est pousser contre le courant des héritiers, histoire de ralentir le mouvement, pas le stopper — les quotas ne pourront jamais stopper un système, juste compenser pour certains manquements.