Les féministes sont pour l'égalité. J'en voit pas beaucoup qui sont pour l'égalité, mais plutôt "pour la femme (tant pis si après c'est pas égalitaire)". Suffit de regarder les "propositions" (genre quota).
Je vais me permettre de recaser un exemple que j'ai déjà du citer ici auparavant (et comme avant, je ne me souviens toujours pas de quelle étude il est tiré, désolé). On a envoyé des psychologues/sociologues/ethnologues/blah dans des écoles primaires. Que les enseignants soient hommes ou femmes, le constat a été globalement le même : l'instituteur1 favorisait les garçons dans sa classe au niveau attention (de tête, c'était de l'ordre de 65-70%). Lorsqu'on lui fait remarquer, il s'offusque, il proteste, et dit que ce n'est pas vrai. On lui demande alors de rééquilibrer la donne. Ce que l'instituteur fait. Il maugrée au final, disant qu'il n'aime pas ça, que du coup il donne la préférence aux filles. Sauf que l'étude en question montre que l'instituteur « qui privilégie les filles quand on lui demande » faisait en fait du 50-50.
Je raconte l'histoire de cette étude pour une raison simple. Si dans l'absolu je suis parfaitement d'accord avec toi, que l'objectif devrait être l'égalité, etc., tout comme beaucoup l'ont déjà fait remarquer, ce qui est important, c'est d'employer des outils permettant d'y arriver. L'utilisation de quotas n'est pas idéale, mais bien utilisée, je pense sincèrement qu'elle peut marcher. Par exemple, si l'objectif est l'égalité, je ne vois pas pourquoi on mettrait des quotas à vie. Pourquoi ne pas donner une échéance ? Par exemple : on introduit des quotas, qui seront en place dix ans, renouvelables une fois. Ainsi, si la première tranche a montré qu'il y avait une amélioration mais qu'elle n'était pas suffisante pour s'approcher des objectifs visés, on peut reconduire l'expérience une fois — potentiellement avec une modification de la proportion voulue (i.e. on modifie les quotas). Au bout de vingt ans (après la potentielle reconduction donc), on peut considérer que, quel que soit le résultat de cette approche, cela doit avoir porté ses fruits ou bien avoir échoué (ou bien être considéré comme non-concluant).
Il y aura toujours la bonne vieille excuse du « oui mais avec des quotas je suis obligé de prendre quelqu'un qui a moins de compétences qu'un autre candidat, plus qualifié. ». C'est vrai. Mais ça permet de commencer à introduire une population différente dans un champ professionnel sous-représenté (on parlait de métier pour le moment à forte composante masculine, comme le monde des ingénieurs). Ça permet aussi de rappeler que ce genre de poste n'est pas simplement atteignable (je pense que peu de personnes en doutent par ici), mais aussi que ce n'est pas « honteux » ou « bizarre ». Au final, on élargit le champ des possibilités dans les mentalités en général (hommes et femmes). L'idée étant que ces femmes-moins-qualifiées-mais-acceptées verront leur succéder des employés (hommes ou femmes) qui eux, n'auront pas eu besoin de quota pour arriver, mais seront en nombre suffisant pour pouvoir avoir une vraie sélection sur compétence.
Pour finir sur une note plus personnelle : j'ai effectué mes études d'ingénieur dans une école qui propose six départements différents : mécanique, systèmes mécaniques, biologie, chimie, informatique, et « systèmes urbains ». Au pifomètre, je dirais que la répartition homme/femme était la suivante:
Mécanique : 10:1
Systèmes mécaniques: 8:1
Informatique : 8:1
Biologie : 1:8
Chimie : ~1:1
Systèmes urbains : ~1:1
Je répète, il s'agit ici plus de « ressenti » que de vrais nombres (je ne sais pas s'ils sont disponibles quelque part d'ailleurs). Je trouve intéressant que les départements où les « maths classiques » sont les plus présentes (mécanique, avec l'analyse, etc., et informatique avec l'algèbre linéaire, la logique, etc.) soient ceux où les « garçons sont naturellement bons » (c'est évidemment faux), alors que ceux (je devrais dire « celui ») où la population est majoritairement féminine correspond au cliché que les femmes sont naturellement plus enclines à aller vers les sciences du vivant (biologie3).
Ce que je trouve intéressant, c'est que les départements qui ne dépendent que relativement des sciences « classiques », mais sont plutôt interdisciplinaires au niveau des prérequis (chimie, systèmes urbains), ont tendance à avoir un équilibre homme-femme bien plus marqué.
[1] Histoire de tordre le cou aux idées reçues concernant qui enseigne dans le primaire, qui en fac, etc., ici mon enseignant sera masculin2.
[2] Dieu que c'est chiant de devoir faire plaisir à ceux (et celles2) qui veulent absolument « genrifier » la langue française quant au traitement masculin/féminin, quand il existe une règle de grammaire qui stipule que le pluriel mélangeant masculin et féminin sera accordé au masculin, ainsi que pour les formes neutres. Bref bref bref.
[3] Soyons bien clairs : le génie biologique nécessite une forte capacité à résoudre des problèmes de statistiques et de probabilités, ce qui nous ramène à l'analyse, etc., mais il ne s'agit pas de maths « classiques » au sens de ce qu'on apprend (par exemple) au lycée, en particulier en filière scientifique. Lorsque j'y étais, la proba était un peu une tarte à la crème, car seulement enseignée en Terminale. Forcément, lorsqu'on n'a que quelques semaines pour traiter du sujet, on ne peut pas approfondir beaucoup.
[^] # Re: Merci
Posté par lasher . En réponse au journal Journée de la femme : frustration et marketing. Évalué à 4.
Je vais me permettre de recaser un exemple que j'ai déjà du citer ici auparavant (et comme avant, je ne me souviens toujours pas de quelle étude il est tiré, désolé). On a envoyé des psychologues/sociologues/ethnologues/blah dans des écoles primaires. Que les enseignants soient hommes ou femmes, le constat a été globalement le même : l'instituteur1 favorisait les garçons dans sa classe au niveau attention (de tête, c'était de l'ordre de 65-70%). Lorsqu'on lui fait remarquer, il s'offusque, il proteste, et dit que ce n'est pas vrai. On lui demande alors de rééquilibrer la donne. Ce que l'instituteur fait. Il maugrée au final, disant qu'il n'aime pas ça, que du coup il donne la préférence aux filles. Sauf que l'étude en question montre que l'instituteur « qui privilégie les filles quand on lui demande » faisait en fait du 50-50.
Je raconte l'histoire de cette étude pour une raison simple. Si dans l'absolu je suis parfaitement d'accord avec toi, que l'objectif devrait être l'égalité, etc., tout comme beaucoup l'ont déjà fait remarquer, ce qui est important, c'est d'employer des outils permettant d'y arriver. L'utilisation de quotas n'est pas idéale, mais bien utilisée, je pense sincèrement qu'elle peut marcher. Par exemple, si l'objectif est l'égalité, je ne vois pas pourquoi on mettrait des quotas à vie. Pourquoi ne pas donner une échéance ? Par exemple : on introduit des quotas, qui seront en place dix ans, renouvelables une fois. Ainsi, si la première tranche a montré qu'il y avait une amélioration mais qu'elle n'était pas suffisante pour s'approcher des objectifs visés, on peut reconduire l'expérience une fois — potentiellement avec une modification de la proportion voulue (i.e. on modifie les quotas). Au bout de vingt ans (après la potentielle reconduction donc), on peut considérer que, quel que soit le résultat de cette approche, cela doit avoir porté ses fruits ou bien avoir échoué (ou bien être considéré comme non-concluant).
Il y aura toujours la bonne vieille excuse du « oui mais avec des quotas je suis obligé de prendre quelqu'un qui a moins de compétences qu'un autre candidat, plus qualifié. ». C'est vrai. Mais ça permet de commencer à introduire une population différente dans un champ professionnel sous-représenté (on parlait de métier pour le moment à forte composante masculine, comme le monde des ingénieurs). Ça permet aussi de rappeler que ce genre de poste n'est pas simplement atteignable (je pense que peu de personnes en doutent par ici), mais aussi que ce n'est pas « honteux » ou « bizarre ». Au final, on élargit le champ des possibilités dans les mentalités en général (hommes et femmes). L'idée étant que ces femmes-moins-qualifiées-mais-acceptées verront leur succéder des employés (hommes ou femmes) qui eux, n'auront pas eu besoin de quota pour arriver, mais seront en nombre suffisant pour pouvoir avoir une vraie sélection sur compétence.
Pour finir sur une note plus personnelle : j'ai effectué mes études d'ingénieur dans une école qui propose six départements différents : mécanique, systèmes mécaniques, biologie, chimie, informatique, et « systèmes urbains ». Au pifomètre, je dirais que la répartition homme/femme était la suivante:
Je répète, il s'agit ici plus de « ressenti » que de vrais nombres (je ne sais pas s'ils sont disponibles quelque part d'ailleurs). Je trouve intéressant que les départements où les « maths classiques » sont les plus présentes (mécanique, avec l'analyse, etc., et informatique avec l'algèbre linéaire, la logique, etc.) soient ceux où les « garçons sont naturellement bons » (c'est évidemment faux), alors que ceux (je devrais dire « celui ») où la population est majoritairement féminine correspond au cliché que les femmes sont naturellement plus enclines à aller vers les sciences du vivant (biologie3).
Ce que je trouve intéressant, c'est que les départements qui ne dépendent que relativement des sciences « classiques », mais sont plutôt interdisciplinaires au niveau des prérequis (chimie, systèmes urbains), ont tendance à avoir un équilibre homme-femme bien plus marqué.
[1] Histoire de tordre le cou aux idées reçues concernant qui enseigne dans le primaire, qui en fac, etc., ici mon enseignant sera masculin2.
[2] Dieu que c'est chiant de devoir faire plaisir à ceux (et celles2) qui veulent absolument « genrifier » la langue française quant au traitement masculin/féminin, quand il existe une règle de grammaire qui stipule que le pluriel mélangeant masculin et féminin sera accordé au masculin, ainsi que pour les formes neutres. Bref bref bref.
[3] Soyons bien clairs : le génie biologique nécessite une forte capacité à résoudre des problèmes de statistiques et de probabilités, ce qui nous ramène à l'analyse, etc., mais il ne s'agit pas de maths « classiques » au sens de ce qu'on apprend (par exemple) au lycée, en particulier en filière scientifique. Lorsque j'y étais, la proba était un peu une tarte à la crème, car seulement enseignée en Terminale. Forcément, lorsqu'on n'a que quelques semaines pour traiter du sujet, on ne peut pas approfondir beaucoup.