Pour représenter tout ça, il faudrait une capacité de stockage d'au moins 10 Pio. Il serait alors possible d'émuler le cerveau un peu comme une machine virtuelle.
Supposons qu'on veuille juste couvrir tous les états possible d'un cerveau simplifié.
Par exemple un cerveau 15x15 (15 neurones tous interconnectés)
On prend trois états naturels pour les neurones (en forme, normal, fatigué)
On prend cinq neurotransmetteurs au niveau du neurone (symboliquement : angoisse, panique, plaisir, concentration, calme)
On met trois récepteurs à la surface de chaque neurone
On prend quatre états pour chaque axone (normal 100%, inhibé 50%, bloqué 0%, favorisé 150%)
On a donc un total de 3x53x4x15 états différent possible pour chaque neurone. Soit 22500.
Donc au final pour un réseau de 15 neurones simplistes : 2250015 possibilités. Soit au final 1,9175x1065 possibilités.
Il faut 2+7+2x15 = 39 bits minimum pour stocker de façon un peu utilisable l'état d'un neurone. Donc 39x15 bits pour stocker l'état de tous les neurones soit au final 1,9175x1065 x3915 octets pour stocker tous les différents états possibles.
Je vous laisse le soin de faire le calcul vous même pour 1013 neurones avec plus de 25 neurotransmetteurs et pas loin de 200 niveaux de transmissions analogiques possibles par axone. Ensuite il faudra prendre en compte le fait que la glia (qui a longtemps été considérée comme juste une gelée de soutien des neurones qui de temps en temps fait le ménage) joue un rôle dans la transmission et la stimulation des neurones (notamment des neurones miroirs) et un taux d'interconnexion pouvant dépasser 250 000 sur certains neurones du cortex préfrontal.
En plus s'ajoute à cela une différence fondamentale majeure : l'ordinateur est une machine à calculer, le cerveau est une machine à reconnaitre.
Bref la simulation de cerveau humain est quasiment impossible avec les techniques actuelles (j'entends par techniques actuelles puces électroniques avec des transistors dedans).
Attention cela ne veut en aucun cas dire que l'on ne pourra pas créer des formes de vie auto-conscientes avec des systèmes basés sur transistor, ni même que ces formes de vie ne pourrons pas se faire passer pour humaine. Mais fondamentalement elles n'auront jamais un comportement intrinsèque comparable au cerveau humain.
Ça me rappelle une scène du neuromancien de Gibson. Grosso-modo un des hackers essaye d'expliquer la différence entre une super IA et un humain et qui expliquait que lui était humain mais par exemple qu'il n'écrivait pas de poêmes, alors que si ca se trouve l'IA elle écrivait des poêmes mais pour autant n'était pas humaine.
Après la notion d'horizon informatique (que les anglais appellent "the singularity"), à savoir le moment ou un ordinateur devient capable de concevoir tout seul un ordinateur plus performant que lui même dans au moins un domaine, se rapproche clairement à grande vitesse. On devrait pouvoir l'atteindre d'ici 10 à 25 ans. Cependant il y a deux blocages majeurs :
a) Le prix des matières premières et la crise font que les budgets R&D se réduisent comme peau de chagrin sur les projets théoriques, ce qui risque de retarder pas mal les évolutions des processeurs (le rythme a déjà bien baissé récemment avec la démocratisation du multi-coeur)
b) On arrive aux limites de l'architecture transistor, à savoir que bientôt on ne pourra plus miniaturiser plus ce produit. En effet si on commence à rentrer dans des situations ou le nombre d'atomes en regard est trop petit pour que la loi des grands nombres s'applique, on est pas beau. (Explication : si on a 2 000 000 d'électron qui ont chacun 99 999 chances sur 100 000 de bouger si on les soumets à une tension électrique tout va bien, par contre si on en a 500 et sur une machine qui commute à 3Ghz…)
# Légère erreur de calcul
Posté par Kaane . En réponse au journal See the World in True Colors.. Évalué à 5. Dernière modification le 04 mars 2012 à 20:35.
Pour représenter tout ça, il faudrait une capacité de stockage d'au moins 10 Pio. Il serait alors possible d'émuler le cerveau un peu comme une machine virtuelle.
Supposons qu'on veuille juste couvrir tous les états possible d'un cerveau simplifié.
Par exemple un cerveau 15x15 (15 neurones tous interconnectés)
On prend trois états naturels pour les neurones (en forme, normal, fatigué)
On prend cinq neurotransmetteurs au niveau du neurone (symboliquement : angoisse, panique, plaisir, concentration, calme)
On met trois récepteurs à la surface de chaque neurone
On prend quatre états pour chaque axone (normal 100%, inhibé 50%, bloqué 0%, favorisé 150%)
On a donc un total de 3x53x4x15 états différent possible pour chaque neurone. Soit 22500.
Donc au final pour un réseau de 15 neurones simplistes : 2250015 possibilités. Soit au final 1,9175x1065 possibilités.
Il faut 2+7+2x15 = 39 bits minimum pour stocker de façon un peu utilisable l'état d'un neurone. Donc 39x15 bits pour stocker l'état de tous les neurones soit au final 1,9175x1065 x3915 octets pour stocker tous les différents états possibles.
Je vous laisse le soin de faire le calcul vous même pour 1013 neurones avec plus de 25 neurotransmetteurs et pas loin de 200 niveaux de transmissions analogiques possibles par axone. Ensuite il faudra prendre en compte le fait que la glia (qui a longtemps été considérée comme juste une gelée de soutien des neurones qui de temps en temps fait le ménage) joue un rôle dans la transmission et la stimulation des neurones (notamment des neurones miroirs) et un taux d'interconnexion pouvant dépasser 250 000 sur certains neurones du cortex préfrontal.
En plus s'ajoute à cela une différence fondamentale majeure : l'ordinateur est une machine à calculer, le cerveau est une machine à reconnaitre.
Bref la simulation de cerveau humain est quasiment impossible avec les techniques actuelles (j'entends par techniques actuelles puces électroniques avec des transistors dedans).
Attention cela ne veut en aucun cas dire que l'on ne pourra pas créer des formes de vie auto-conscientes avec des systèmes basés sur transistor, ni même que ces formes de vie ne pourrons pas se faire passer pour humaine. Mais fondamentalement elles n'auront jamais un comportement intrinsèque comparable au cerveau humain.
Ça me rappelle une scène du neuromancien de Gibson. Grosso-modo un des hackers essaye d'expliquer la différence entre une super IA et un humain et qui expliquait que lui était humain mais par exemple qu'il n'écrivait pas de poêmes, alors que si ca se trouve l'IA elle écrivait des poêmes mais pour autant n'était pas humaine.
Après la notion d'horizon informatique (que les anglais appellent "the singularity"), à savoir le moment ou un ordinateur devient capable de concevoir tout seul un ordinateur plus performant que lui même dans au moins un domaine, se rapproche clairement à grande vitesse. On devrait pouvoir l'atteindre d'ici 10 à 25 ans. Cependant il y a deux blocages majeurs :
a) Le prix des matières premières et la crise font que les budgets R&D se réduisent comme peau de chagrin sur les projets théoriques, ce qui risque de retarder pas mal les évolutions des processeurs (le rythme a déjà bien baissé récemment avec la démocratisation du multi-coeur)
b) On arrive aux limites de l'architecture transistor, à savoir que bientôt on ne pourra plus miniaturiser plus ce produit. En effet si on commence à rentrer dans des situations ou le nombre d'atomes en regard est trop petit pour que la loi des grands nombres s'applique, on est pas beau. (Explication : si on a 2 000 000 d'électron qui ont chacun 99 999 chances sur 100 000 de bouger si on les soumets à une tension électrique tout va bien, par contre si on en a 500 et sur une machine qui commute à 3Ghz…)