70 manifestants à Grenoble, ce qui est beaucoup plus faible que la précédente (130 personnes je crois).
Les manifestants étaient vraiment très jeunes, l'essentiel des troupes avait moins de 20 ans. On comptait aussi quelques Anonymous qui prétendaient être légions mais ça ne s'est pas vu dans la rue.
Les personnes à qui j'ai tenté d'expliquer de quoi il s'agissait avaient tendance à réduire ACTA à « lutte contre le piratage » :
- « jamais entendu parler »
- « c'est contre la fermeture de MegaUpload ? »
- « je m'en fouts je pirate pas »
- « j'ai rien compris »
- « c'est quoi le rapport entre les médicaments et internet ? »
- « comment ça se fait qu'on en ai jamais entendu parler ? »
- « et on bloque les trams pour 70 personnes ! »
Cette confusion découlait certes d'un manque d'information des citoyens, rares sont ceux ayant ne serait-ce qu'entendu parler du traité. Mais elle était aussi encouragée de par les slogans scandés : « oui à la culture, non à la censure » et l'identification de la manifestation aux Anonymous certifiés « vu à la tv ». La gazette locale, surnommée affectueusement « le Daubé », nous prouve une nouvelle fois son aptitude aux investigations en nous livrant une brillantes analyse des raisons de cette manifestation : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/02/25/les-anonymous-manifestent-a-grenoble
Je pense que pour la plupart des gens, lorsque l'on parle de censure de l'internet :
- on s'en fout, on va pas sur internet
- tant mieux, le piratage c'est du vol
- on va sur internet tous les jours et on a jamais rien remarqué
Sans vouloir paraître hautain, il me paraît difficile de faire comprendre à la majorité des gens la gravité de la situation. Outre la pédagogie que cela nécessite pour transmettre le message et outre le fait qu'on dispose à la fois de moins de temps et de crédibilité que les grands média, j'entends. La majorité des gens, donc, ne se sent pas concernée parce qu'internet c'est ses gosses qui l'utilisent, ou bien elle fait confiance aux entreprises et est de fait déjà soumise à certaines formes de censure (en utilisant facebook par exemple), ou bien encore elle ne se considère pas comme une menace pour aucune forme de pouvoir (majors, états) et se croit bien à l'abri derrière son conformisme.
Si on ajoute à cela l'habitude de voir des manifestations pour tout et n'importe quoi, on comprends que les écoutilles sont très fermées.
# Grenoble
Posté par thamieu . En réponse à la dépêche Manifestations contre ACTA du 25 février. Évalué à 10.
70 manifestants à Grenoble, ce qui est beaucoup plus faible que la précédente (130 personnes je crois).
Les manifestants étaient vraiment très jeunes, l'essentiel des troupes avait moins de 20 ans. On comptait aussi quelques Anonymous qui prétendaient être légions mais ça ne s'est pas vu dans la rue.
Les personnes à qui j'ai tenté d'expliquer de quoi il s'agissait avaient tendance à réduire ACTA à « lutte contre le piratage » :
- « jamais entendu parler »
- « c'est contre la fermeture de MegaUpload ? »
- « je m'en fouts je pirate pas »
- « j'ai rien compris »
- « c'est quoi le rapport entre les médicaments et internet ? »
- « comment ça se fait qu'on en ai jamais entendu parler ? »
- « et on bloque les trams pour 70 personnes ! »
Cette confusion découlait certes d'un manque d'information des citoyens, rares sont ceux ayant ne serait-ce qu'entendu parler du traité. Mais elle était aussi encouragée de par les slogans scandés : « oui à la culture, non à la censure » et l'identification de la manifestation aux Anonymous certifiés « vu à la tv ». La gazette locale, surnommée affectueusement « le Daubé », nous prouve une nouvelle fois son aptitude aux investigations en nous livrant une brillantes analyse des raisons de cette manifestation :
http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/02/25/les-anonymous-manifestent-a-grenoble
Je pense que pour la plupart des gens, lorsque l'on parle de censure de l'internet :
- on s'en fout, on va pas sur internet
- tant mieux, le piratage c'est du vol
- on va sur internet tous les jours et on a jamais rien remarqué
Sans vouloir paraître hautain, il me paraît difficile de faire comprendre à la majorité des gens la gravité de la situation. Outre la pédagogie que cela nécessite pour transmettre le message et outre le fait qu'on dispose à la fois de moins de temps et de crédibilité que les grands média, j'entends. La majorité des gens, donc, ne se sent pas concernée parce qu'internet c'est ses gosses qui l'utilisent, ou bien elle fait confiance aux entreprises et est de fait déjà soumise à certaines formes de censure (en utilisant facebook par exemple), ou bien encore elle ne se considère pas comme une menace pour aucune forme de pouvoir (majors, états) et se croit bien à l'abri derrière son conformisme.
Si on ajoute à cela l'habitude de voir des manifestations pour tout et n'importe quoi, on comprends que les écoutilles sont très fermées.