• # Neutralité du Net: politique vs technologies de contournement

    Posté par . En réponse au journal Twitter et les politiques de censure.. Évalué à 8.

    Les attaques contre la neutralité du réseau se multiplient. Timides au début, elles gagnent en force et en arrogance au fur et à mesure de leur succès.

    Avant hier DAVDSI, maintenant LSQ/EUCD/DMCA/LOPSSI/HADOPI/ACTA/SOPA/PIPA/ARJEL/IPRED/... en passant par les DNS menteurs et les promesses de Big Google de ne pas être méchant alors même qu'il scrute et analyse tous nos cybers faits et gestes.

    Pour amuser la galerie nous avons droit, quand c'est nécessaire (c'est peut-être le hasard, mais ça tombe bien faut avouer), à un épisode amusant et très médiatique comme la récente affaire Mégaupload ou bien encore ces braves Anonymes qui partent en croisade avec leur terrible LOIC.
    Panem et circenses...

    Quant à la confidentialité active (chiffrement volontaire de ses échanges), je ne doute pas que s'il n'était nécessaire au commerce électronique, le chiffrement serait purement et simplement interdit. (comme cela l'était d'ailleurs jusqu'en 1998)

    Au final un véritable arsenal aux effets mal connus du public(qui se rappelle de LSQ ou du plus récent ARJEL?) qui prolifère allègrement comme le montre le nombre d'acronymes cités plus haut (et il en manque!).
    Ajoutez à cela le fait que des lois écrites dans un pays puissent avoir des effets de bord à l'extérieur de ses propres frontières (comme la saisie de noms de domaine par exemple) et vous obtenez un ennemi diffus, mal connu, voire invisible (à contrario de la censure par "caviardage" qui se pratiquait encore dans les journaux au début des années 60 et qui, elle, avait le mérite de se montrer au grand jour.)

    Alors bien sûr on peut, dans une certaine mesure, inventer des technologies de contournement. Mais ce n'est pas la solution, ne serait ce que parce que ces technologies ne touchent qu'un minorité d'utilisateurs et que cette minorité est très loin d'atteindre la masse critique.

    Je pense que la liberté d'expression et le droit au respect de la vie privée tel que défini dans notre constitution, n'est pas négociable et qu'en la matière le rôle de l'état et de veiller à ce que chaque citoyen puisse jouir pleinement de ses droits.

    Malheureusement on observe trop souvent des dérives dues outre à de l'incompétence notoire, à de la complaisance et des collusions avec des intérêts privés ou idéologiques voire électoralistes (pas d'exemple ici, merci, afin de ne pas donner à manger au Troll).

    IMHO, la solution est purement politique et la technologie ne peut en aucun cas se substituer à un problème politique.
    D'ailleurs si Twitter se met soudainement (opportunément?) à "retenir" certaines informations c'est sans doute sous l'effet d'une pression politique (ou, ce qui revient au même, par peur de déplaire à certains).

    Et, désolé mais non, je ne peux pas, en guise de justification, comparer Twitter à un courrier des lecteurs dont l'éditorialiste contôlerait le contenu.

    Mais finalement, tout cela dans quel but? Bonne question. Faire d'internet une arme de manipulation des masses (comme l'est déjà la télévision)? C'est bien possible.

    Oh, bien entendu il restera à tous les gus dans leurs garages (dont je fais partie) la possibilité de s'auto-héberger pour échanger en toute confidentialité leur acrimonies et quelques photos de vacances via UUCP. Comme ça l'honneur est sauf.

    Bienvenue dans le meilleur des mondes.