Tout à fait d'accord : la culture, c'est d'abord une œuvre collective qui naît de la contribution de chacun par l'appropriation/perception qu'il a/se fait du reste de la société. Un droit patrimoniale d'auteur qui dure au-delà de la vie de l'auteur et s'étend même aux simples ressemblances paraît un sûr moyen de tuer — ou à tout le moins de faire stagner — la culture.
Du coup, à quoi bon financer l'élagage d'un arbre supportant un si accablant effort en vue d'en arracher jusqu'à la dernière racine. N'est-ce pas de l'argent jeté par les fenêtres ? Ne faudrait-il pas commencer par arrêter le bulldozer des législations disney et compagnie ?
Et même si les lois sur le droit d'auteur redevenaient subitement favorable à la culture, y attribuer un budget serait-il pertinent ? L'air du temps semble être à la confusion la plus aveugle entre art, culture et spectacle. Un exemple : est-ce seulement une impression ou bien le terme poésie désigne, dans l'inconscient collectif, des textes sirupeux de niaiseries, arrangés en vers ; en tout cas, bien plus qu'il n'évoque le travail (ποίησις selon l'étymologie) sur les mots pour réaliser une œuvre qui transcende la prose. Autre exemple : pour les médias, l'artiste semble être tel interprète fulgurant ou tel performeur indécent, et la définition de l'art associée serait la capacité à attirer l'attention. Ou encore, l'art tient-il au fait de jeter des couleurs farfelues ou monotone sur une toile ; ou bien aux capacités de faire la toile, de créer les couleurs, ou encore d'analyser les arrangements potentiels et d'en théoriser les effets sur la perception humaine ? Et voici posée la dichotomie ; pour la société les « artistes » sont ceux qui pratiquent attirent le regard ; alors que le dictionnaire est formel : l’artisan ou l'ingénieur sont les artistes au sens noble de ce mot. Ce sont eux qui emploient et élaborent cet « ensemble de moyens, de procédés conscients par lesquels l'homme tend à une certaine fin, cherche à atteindre un certain résultat » (atilf).
En résumé, il me semble que même si le budget culture de l'état arrivait réellement aux mains des artistes actuels, il ne contribuerait probablement guère à la culture. L'art, au sens premier, partagé entre tous permet l’élévation de la culture. Les finances réellement employées pour la culture, à mon avis, sont donc essentiellement celles de l'éducation nationale et des diverses institutions qui visent à diffuser ou créer le savoir (utile). Le budget de la « culture » lui jouerait plutôt les circenses d'une locution romaine bien connue.
[^] # Re: Budget global
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au journal Vous avez internet, vous financez la musique française. Évalué à 4.
Tout à fait d'accord : la culture, c'est d'abord une œuvre collective qui naît de la contribution de chacun par l'appropriation/perception qu'il a/se fait du reste de la société. Un droit patrimoniale d'auteur qui dure au-delà de la vie de l'auteur et s'étend même aux simples ressemblances paraît un sûr moyen de tuer — ou à tout le moins de faire stagner — la culture.
Du coup, à quoi bon financer l'élagage d'un arbre supportant un si accablant effort en vue d'en arracher jusqu'à la dernière racine. N'est-ce pas de l'argent jeté par les fenêtres ? Ne faudrait-il pas commencer par arrêter le bulldozer des législations disney et compagnie ?
Et même si les lois sur le droit d'auteur redevenaient subitement favorable à la culture, y attribuer un budget serait-il pertinent ? L'air du temps semble être à la confusion la plus aveugle entre art, culture et spectacle. Un exemple : est-ce seulement une impression ou bien le terme poésie désigne, dans l'inconscient collectif, des textes sirupeux de niaiseries, arrangés en vers ; en tout cas, bien plus qu'il n'évoque le travail (ποίησις selon l'étymologie) sur les mots pour réaliser une œuvre qui transcende la prose. Autre exemple : pour les médias, l'artiste semble être tel interprète fulgurant ou tel performeur indécent, et la définition de l'art associée serait la capacité à attirer l'attention. Ou encore, l'art tient-il au fait de jeter des couleurs farfelues ou monotone sur une toile ; ou bien aux capacités de faire la toile, de créer les couleurs, ou encore d'analyser les arrangements potentiels et d'en théoriser les effets sur la perception humaine ? Et voici posée la dichotomie ; pour la société les « artistes » sont ceux qui pratiquent attirent le regard ; alors que le dictionnaire est formel : l’artisan ou l'ingénieur sont les artistes au sens noble de ce mot. Ce sont eux qui emploient et élaborent cet « ensemble de moyens, de procédés conscients par lesquels l'homme tend à une certaine fin, cherche à atteindre un certain résultat » (atilf).
En résumé, il me semble que même si le budget culture de l'état arrivait réellement aux mains des artistes actuels, il ne contribuerait probablement guère à la culture. L'art, au sens premier, partagé entre tous permet l’élévation de la culture. Les finances réellement employées pour la culture, à mon avis, sont donc essentiellement celles de l'éducation nationale et des diverses institutions qui visent à diffuser ou créer le savoir (utile). Le budget de la « culture » lui jouerait plutôt les circenses d'une locution romaine bien connue.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace