• [^] # Re: Parasitisme

    Posté par . En réponse au journal Vous avez internet, vous financez la musique française. Évalué à 8.

    Je suis assez d'accord. Ça pose un sacré problème de subventionner la culture, par rapport à d'autres secteurs économiques : on peut décider objectivement qu'un produit est biologique, par exemple, ou qu'il consomme peu d'énergie. Mais décider qu'une oeuvre est "culturelle", faire la différence entre quelque chose qui n'intéresse pas le public parce que c'est mauvais tout naze, ou qui n'intéresse pas le public parce que c'est assez compliqué mais intéressant (donc, mériterait un soutien de la puissance publique pour élever le niveau des citoyens), c'est forcément une affaire de goûts personnels.

    En plus, l'approche actuelle de la culture présente deux autres défauts :

    • Une définition de la culture par type d'activité. Le cinéma, c'est de la culture. Les mèmes, non. La BD c'est enfin accepté comme de la culture. Les manga, pas vraiment. La musique c'est de la culture. Les jeux vidéos, non. Vu que ce sont (encore et toujours) des "vieux" qui gèrent ce genre de choses, qui attribuent les subventions, qui mettent en place des institutions, on se retrouve avec une approche conservatrice de la culture, qui vise surtout à faire connaître la culture d'avant aux gens de maintenant (ce qui est positif et nécessaire), mais pas forcément dénicher et soutenir la culture de maintenant faite par les gens de maintenant. Au contraire. Par exemple, la vague de détournements parodiques d'une scène de "La Chute", avec Hitler auquel on fait soutenir une cause, c'est un élément culturel. Pas forcément transcendant (mais la culture officiellement soutenue n'est pas toujours mirobolotante non plus), et tout ce que fait le système actuel c'est permettre aux ayants-droits du film de faire supprimer ce type de vidéos.

    • Une différenciation entre consommateurs et producteurs. Au lieu d'essayer de faire participer chacun, de le pousser à s'impliquer, on reste dans un schéma de "créateurs de culture professionnels" qui sont financés (y compris par l'état) par les "consommateurs" ou supposés tels - acheteur de CD vierge par exemple. Avec Internet, cette distinction tend à s'abolir. Là, ce que j'écris, c'est de la culture (certainement oubliée dans 6 mois, mais c'est un morceau d'information produit par un humain DONC un élément culturel). Je demande pas à être payé pour, j'aimerais juste qu'on taxe pas l'accès à Internet avec lequel j'upload ce post parce qu'on suppose qu'il est destiné à télécharger du jazz.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.