• [^] # Re: boycotter ... jusqu'où ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Le libre accès et l'appel au boycott contre Elsevier. Évalué à 2.

    1 oui
    2 précisément
    3

    « on [...] évalue [...] quelles pertinence, nouveauté et rigueur apportent l'étude soumise pour évaluation »

    Et l'un des éléments permettant de l'évaluer (l'étude) c'est de la comprendre dans son entièreté sans imaginer pouvoir disjoindre la bibliographie du reste. Dans le cas général il paraît donc indispensable (a priori, même si des exceptions peuvent apparaître) d'avoir la possibilité d'accéder à l'ensemble de la bibliographie citées par l'auteur. Cela implique donc un bon recouvrement entre les abonnement de votre bibliothèque et de celle de l'auteur.

    « Si vous pensez qu'à chaque fois qu'un reviewer reçoit un papier, il lit les (souvent) dizaines et dizaines de références, vous vous trompez. »

    OK, je tient mon explication. Vous êtes le coupable de toutes ces citations à contre ou faux sens qu'il m'arrive de relever lorsque j'étudie sérieusement la bibliographie d'un article. À moins que votre attitude vis-à-vis du travail de referee ne soit celle la plus généralement adoptée :-). Et votre propos me semble appuyer sensiblement (par l'exemple) mon point de vue — fondé sur une « très mauvaise connaissance de la façon dont le processus de review fonctionne » — sur la problématique en matière de rigueur des publications scientifique qui naît de la difficulté d'accès aux articles.

    4.

    « D'une, ce n'est pas parce qu'un reviewer lira toutes les réfs citées par une étude soumise à l'évaluation »

    En effet. Néanmoins, s'il était possible d'évaluer sans connaître les articles cités en référence cela signifierait que les références ne sont données qu'à titre d'enrichissement du contenu de l'article. Bien souvent (en physique au moins) les auteurs utilisent les références pour fournir des éléments indispensable au raisonnement ; soit par des démonstrations, soit par des résultats expérimentaux. Pour faire un travail d'évaluation sérieux, le minimum serait d'évaluer l'à propos de ces citations.

    Personnellement j'ai souvent eu à travailler avec des articles de mauvaise qualité qui n'auraient pas dû passer le stade de la relecture ; ou rencontré des erreurs grossières dont le fil pouvait être suivi durant des décennies de bibliographie. À mon avis, des évaluateurs faisant correctement leur travail auraient dû couper court à cela.

    ... Et pour que ces derniers fassent correctement leur travail une condition nécessaire mais pas suffisante (comme vous le soulignez en 4) aurait été qu'ils aient accès à la bibliographie citée.

    Par ailleurs si parfois les problématiques d'accès aux articles et de multiplications des éditeurs se confondent pour des raisons bien naturelles mais un peu longue à discuter. Mon propos n'est pas d'entrer dans une polémique stérile sur ce sujet.


    J'essayais juste de faire valoir très brièvement le point de vue suivant : si l'on admet qu'il faille accéder à la bibliographie d'une article pour bien en saisir la portée, la multiplication des revues payantes et des coûts d'abonnements pose nécessairement un problème pour l'évaluation rigoureuse. Cela me semblait être le point mal saisi par arnaudus dans sa réponse à N. Dumoulin.

    Dans votre riposte à mon commentaire, vous soulignez à de multiples reprises à quel point il vous paraît inopportun de relire la bibliographie. Probablement travaillons dans des domaines scientifiques très disjoints ? Serait-ce l'explication du fait que le propos de N. Dumoulin me semble clair et pertinent alors qu'à vous et Arnaudus il semble paraître quasiment absurde ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace