Clarifions un point avant de poursuivre cette discussion théologique : je suis athée - dans le sens étymologique du terme, à savoir sans dieu - et je n'ai qu'un goût modéré pour la théologie.
Parce qu'il faut le reconnaître, il s'agit bien de théologie : tu ne demandes rien moins que faire la science de Dieu. Cela me semble aussi absurde que de s'interroger sur le début et la fin de l'éternité, ou la forme et la couleur de l'absolu. Mais admettons.
Je ne reprendrai qu'un point de ton argumentaire théologique : tu sembles lier logiquement l'omnipotence et l'action, et en conclut que cette action doit nécessairement obéir à des lois. Ce lien logique, je t'avoue que je ne le vois pas, pas plus que je ne vois comment tu peux en conclure à la nécessité des lois (étant omnipotent, ne peut-il faire ce qu'il veut, et le faire n'importe comment ?).
Toutes ces questions ne montrent à mon sens qu'une chose : l'esprit humain est capable de forger des concepts et des propositions qui se mordent la queue (l'ensemble de tous les ensembles qui ne se contiennent pas se contient-il ?), et particulièrement lorsqu'il s'occupe de métaphysique, sans plus.
Pour l'astérisque, il me semble qu'il est aussi absurde, logiquement parlant, de se demander qu'elle était la cause de l'être sans cause, qu'il l'est, physiquement parlant, de se demander ce qu'il y avait avant le Big Bang (les quelques articles de vulgarisation que j'ai pu lire sur le sujet semblait dire qu'il n'y avait pas de temps ni d'espace avant le Big Bang - ce que j'ai bien du mal à me représenter, et que je ne cherche plus à me représenter, d'ailleurs).
Enfin, petite parenthèse, je ne pense pas que la généalogie de la création du monde dans les mythologies antiques ait été construite pour palier à un problème de cohérence des représentations mythiques.
On pourrait dire que c'est le propre de l'esprit que d'unifier l'expérience en unifiant ses représentations. De plus, l'esprit archaïque n'établit pas une distinction nette entre le réel et l'imaginaire, ou entre le connu et le connaissable, et l'inconnu. Il explique l'inconnu, la mort, le ciel, la foudre, etc., à partir de l'expérience vécue, dont il reproduit l'ordre et la logique. La structure généalogique que l'on retrouve dans de nombreux mythes peut ainsi être vue comme le simple reflet de la généalogie humaine.
« On peut définir le mythe comme un discours complexe à propos d'une réalité complexe où s'enchevêtrent le visible et l'invisible, et qui se déploie en fonction d'une logique qui lui est propre et en fonction d'un schème transcendantal qui unifie et régularise l'expérience.
L'expression schème, que j'associe au concept de transcendantal précise ce dernier dans le sens d'une activité qui non seulement est condition de possibilité de l'expérience, mais en plus l'unifie et la régularise. En l'occurrence, à propos de la pratique généalogique du mythe, le schème transcendantal, c'est la parenté, qui unifie et régularise l'expérience en général. »
Lambros Couloubaritsis, Aux origines de la philosophie européenne.
C'est une explication parmi d'autres, mais elle a le mérite de montrer un autre point de vue sur le sujet.
[^] # Re: Zen, je dois rester zen....
Posté par Passant . En réponse au journal Plaisir de lire, réjouissance du malheur d'autrui.. Évalué à 1.
Clarifions un point avant de poursuivre cette discussion théologique : je suis athée - dans le sens étymologique du terme, à savoir sans dieu - et je n'ai qu'un goût modéré pour la théologie.
Parce qu'il faut le reconnaître, il s'agit bien de théologie : tu ne demandes rien moins que faire la science de Dieu. Cela me semble aussi absurde que de s'interroger sur le début et la fin de l'éternité, ou la forme et la couleur de l'absolu. Mais admettons.
Je ne reprendrai qu'un point de ton argumentaire théologique : tu sembles lier logiquement l'omnipotence et l'action, et en conclut que cette action doit nécessairement obéir à des lois. Ce lien logique, je t'avoue que je ne le vois pas, pas plus que je ne vois comment tu peux en conclure à la nécessité des lois (étant omnipotent, ne peut-il faire ce qu'il veut, et le faire n'importe comment ?).
Toutes ces questions ne montrent à mon sens qu'une chose : l'esprit humain est capable de forger des concepts et des propositions qui se mordent la queue (l'ensemble de tous les ensembles qui ne se contiennent pas se contient-il ?), et particulièrement lorsqu'il s'occupe de métaphysique, sans plus.
Pour l'astérisque, il me semble qu'il est aussi absurde, logiquement parlant, de se demander qu'elle était la cause de l'être sans cause, qu'il l'est, physiquement parlant, de se demander ce qu'il y avait avant le Big Bang (les quelques articles de vulgarisation que j'ai pu lire sur le sujet semblait dire qu'il n'y avait pas de temps ni d'espace avant le Big Bang - ce que j'ai bien du mal à me représenter, et que je ne cherche plus à me représenter, d'ailleurs).
Enfin, petite parenthèse, je ne pense pas que la généalogie de la création du monde dans les mythologies antiques ait été construite pour palier à un problème de cohérence des représentations mythiques.
On pourrait dire que c'est le propre de l'esprit que d'unifier l'expérience en unifiant ses représentations. De plus, l'esprit archaïque n'établit pas une distinction nette entre le réel et l'imaginaire, ou entre le connu et le connaissable, et l'inconnu. Il explique l'inconnu, la mort, le ciel, la foudre, etc., à partir de l'expérience vécue, dont il reproduit l'ordre et la logique. La structure généalogique que l'on retrouve dans de nombreux mythes peut ainsi être vue comme le simple reflet de la généalogie humaine.
« On peut définir le mythe comme un discours complexe à propos d'une réalité complexe où s'enchevêtrent le visible et l'invisible, et qui se déploie en fonction d'une logique qui lui est propre et en fonction d'un schème transcendantal qui unifie et régularise l'expérience.
L'expression schème, que j'associe au concept de transcendantal précise ce dernier dans le sens d'une activité qui non seulement est condition de possibilité de l'expérience, mais en plus l'unifie et la régularise. En l'occurrence, à propos de la pratique généalogique du mythe, le schème transcendantal, c'est la parenté, qui unifie et régularise l'expérience en général. »
Lambros Couloubaritsis, Aux origines de la philosophie européenne.
C'est une explication parmi d'autres, mais elle a le mérite de montrer un autre point de vue sur le sujet.