• # Asimov, les goûts et les couleurs

    Posté par . En réponse à la dépêche Joyeux anniversaire, Isaac Asimov !. Évalué à 5.

    Je ne résiste pas à la tentation d'apporter ma pierre à cet édifice mémoriel, même si j'ai plus l'impression de construire la tour de Babel que le mausolée d'Halicarnasse.

    Bref, j'ai découvert la science-fiction par Asimov et ses robots, et je l'en remercie. Plus précisément, la science-fiction moderne, très différente des précurseurs comme H. G. Wells ou ce cher Jules Verne, un maître de mon enfance (L'île mystérieuse, De la Terre à la Lune, Michel Strogoff... oups, je dérape). Ce fut une ouverture sur une science-fiction plus tranquille, moins tournée vers l'aventure ou l'ébahissement technique. Toujours dans mes années collégiennes, j'ai beaucoup aimé le cycle Fondation, malgré deux derniers tomes franchement mauvais. Je l'ai relu une dizaine d'années plus tard, avec plaisir, ainsi que quelques nouvelles autour des 3 lois de la robotique qui me fascinent toujours autant.

    Par contre, j'ai lu une douzaine d'autres bouquins d'Asimov qui m'ont semblé des écrits assez mineurs. Dans le meilleur des cas, ça ce lit bien, mais sans enthousiasme, et il ne m'en reste rien de fort. Si Cailloux dans le ciel avait été signé par un quidam, j'aurais eu du mal à m'en souvenir aujourd'hui. De même pour Les cavernes d'acier qui n'a vaguement survécu dans ma mémoire que grâce à une discussion qui avait suivi la lecture. Je garde beaucoup de sympathie pour l'auteur, en partie pour le personnage et son talent de vulgarisateur, mais je ne peux conseiller pas de lire autre chose que Fondation et Robots.

    Pour les histoires labyrinthiques, je préfère Ph. K Dick (Ubik) à La fin de l'éternité. Pour les références littéraires, je préfère A. Huxley (Le meilleur des mondes) au guide d'Asimov pour lire Shakespeare. Pour les entités transcendantes, je préfère V. Vinge (Un feu sur l'abîme) ou G. Egan (La cité des permutants) à Les dieux eux-mêmes. Pour les séries cohérentes de nouvelles, D. Simak (Demain les chiens) ou R. Bradbury (Les chroniques martiennes) plutôt que les recueils divers. Et je suis prêt à échanger tout l'œuvre d'Asimov contre Fictions de J. L. Borges (certes, ce n'est pas de la S-F, mais un lointain cousin, et cela situe Asimov dans mon Panthéon personnel).

    Loin de moi l'idée de provoquer les commentateurs ci-dessus qui ont adoré Damasio et sa Horde du contre-vent, mais j'ai détesté ce livre. Je ne l'ai fini que parce qu'on me l'avait prêté. J'ai trouvé ça lourd, falot, et vraiment crétin (désolé) sur la fin. Je n'avais plus détesté autant un livre de S-F depuis mes dernières confrontations avec les délires mystiques de Zélazny ou les élucubrations échevelées de Van Vogt. Je sais que d'autres apprécient, mais tant pis pour moi, je ne peux pas aimer ça. Réciproquement, j'ai adoré N. Spinrad (Bug Jack Barron) mais je n'ai pas réussi à convaincre mes proches que c'était un livre génial et même jouissif. C'est comme ça, la vie est mal faite.