Je parle d'auteurs tel que Bernard Werber ou d'ingénieurs capables de concevoir des systèmes pertinents qui apportent une plus-value à leur métier.
Ah ben tu vois, je suis neutre sur le cas B.Werber, mais si je connais beaucoup de gens qui aiment beaucoup ce qu'il écrit, j'en connais au moins autant qui estiment que c'est de la merde (Les thanatonautes semble être le bouquin le moins apprécié du lot par ces gens-là). Cependant, je pense que ta comparaison avec l'ingé qui apporte une plus-value à son métier reste pertinent (pour ce que j'en sais) : sans être révolutionnaire, Werber a proposé tout un tas d'histoires à un lectorat qui n'était pas habitué à ce genre de littérature ou ce genre de narration (j'ai pas lu, mais on m'a décrit).
Aussi, à te lire, il semblerait que, vu le temps et l'inspiration qu'il faut pour écrire un livre, alors il est normal que le bouquin soit super cher par moments. Mais je ne suis pas d'accord. Parce que si on commence comme ça, alors je devrais être payé super cher parce qu'il me faut aussi pas mal de boulot et d'inspiration pour faire de la recherche.
Enfin, un auteur tel que Balzac écrivait ses romans chapitre par chapitre dans des journaux (donc par épisode), tout comme Conan Doyle pour Sherlock Holmes. Ça reste de la grande littérature. À l'opposé, on trouve Flaubert, qui a facilement produit 4-5 versions de chaque roman qu'il a écrit avant de finalement le publier (il pouvait récrire la même page vingt fois d'affilée pour trouver « le mot juste »). C'est aussi de la grande littérature.
Pour continuer dans la comparaison avec le métier d'informaticien/programmeur1 : tu peux avoir des programmeurs qui vont passer 10 heures à programmer leur soft, et d'autres juste 2 heures. Et le résultat pourra malgré tout être meilleur avec le programmeur qui a passé 2 heures. Ça a à voir avec l'expérience, l'imagination, etc., et le temps passé sur un roman n'est pas réellement significatif (enfin si, mais pas autant que tu sembles vouloir dire).
Pour prendre l'exemple d'un écrivain de BD: Grant Morrison dit lui-même que niveau idées, il a pas de problème. Il a tellement d'idées qu'il pourrait sans doute faire du commerce de celles-ci à d'autres auteurs en panne d'inspiration et malgré tout continuer à écrire ses scripts2.
Concernant le prix des livres en règle générale : je n'ai pas de chiffres sur moi, mais étant donné la quantité imprimée pour les best-sellers, je pense que les 2€ de différence entre un poche et sa version électronique sont vraiment le seul gain qu'on fait pour passer du papier au dématérialisé. Ce qui veut aussi probablement dire que le reste (même en version papier) est à distribuer entre l'auteur, l'éditeur, l'amortissement du coût de la pub pour commercialiser l'ouvrage, l'artiste qui a fait la couverture, l'écrivaillon qui a rédigé la quatrième de couverture, etc. Ce qui veut sans doute dire qu'une bonne partie pourrait être coupée nette quand on passe au dématérialisé.
[1] Le fait d'être ingénieur n'a finalement que peu à voir avec le métier d'ingé lui-même.
[2] Au passage, son bouquin Supergods propose une excellente histoire des BD US, ainsi qu'une vision très personnelle de Grant sur le medium « comic book ».
[^] # Re: Quel est la part du coût de production d'un livre, papier ou numérique ?
Posté par lasher . En réponse au journal [prix des ebooks]Pourquoi ai-je du mal à comprendre ?. Évalué à 2.
Ah ben tu vois, je suis neutre sur le cas B.Werber, mais si je connais beaucoup de gens qui aiment beaucoup ce qu'il écrit, j'en connais au moins autant qui estiment que c'est de la merde (Les thanatonautes semble être le bouquin le moins apprécié du lot par ces gens-là). Cependant, je pense que ta comparaison avec l'ingé qui apporte une plus-value à son métier reste pertinent (pour ce que j'en sais) : sans être révolutionnaire, Werber a proposé tout un tas d'histoires à un lectorat qui n'était pas habitué à ce genre de littérature ou ce genre de narration (j'ai pas lu, mais on m'a décrit).
Aussi, à te lire, il semblerait que, vu le temps et l'inspiration qu'il faut pour écrire un livre, alors il est normal que le bouquin soit super cher par moments. Mais je ne suis pas d'accord. Parce que si on commence comme ça, alors je devrais être payé super cher parce qu'il me faut aussi pas mal de boulot et d'inspiration pour faire de la recherche.
Enfin, un auteur tel que Balzac écrivait ses romans chapitre par chapitre dans des journaux (donc par épisode), tout comme Conan Doyle pour Sherlock Holmes. Ça reste de la grande littérature. À l'opposé, on trouve Flaubert, qui a facilement produit 4-5 versions de chaque roman qu'il a écrit avant de finalement le publier (il pouvait récrire la même page vingt fois d'affilée pour trouver « le mot juste »). C'est aussi de la grande littérature.
Pour continuer dans la comparaison avec le métier d'informaticien/programmeur1 : tu peux avoir des programmeurs qui vont passer 10 heures à programmer leur soft, et d'autres juste 2 heures. Et le résultat pourra malgré tout être meilleur avec le programmeur qui a passé 2 heures. Ça a à voir avec l'expérience, l'imagination, etc., et le temps passé sur un roman n'est pas réellement significatif (enfin si, mais pas autant que tu sembles vouloir dire).
Pour prendre l'exemple d'un écrivain de BD: Grant Morrison dit lui-même que niveau idées, il a pas de problème. Il a tellement d'idées qu'il pourrait sans doute faire du commerce de celles-ci à d'autres auteurs en panne d'inspiration et malgré tout continuer à écrire ses scripts2.
Concernant le prix des livres en règle générale : je n'ai pas de chiffres sur moi, mais étant donné la quantité imprimée pour les best-sellers, je pense que les 2€ de différence entre un poche et sa version électronique sont vraiment le seul gain qu'on fait pour passer du papier au dématérialisé. Ce qui veut aussi probablement dire que le reste (même en version papier) est à distribuer entre l'auteur, l'éditeur, l'amortissement du coût de la pub pour commercialiser l'ouvrage, l'artiste qui a fait la couverture, l'écrivaillon qui a rédigé la quatrième de couverture, etc. Ce qui veut sans doute dire qu'une bonne partie pourrait être coupée nette quand on passe au dématérialisé.
[1] Le fait d'être ingénieur n'a finalement que peu à voir avec le métier d'ingé lui-même.
[2] Au passage, son bouquin Supergods propose une excellente histoire des BD US, ainsi qu'une vision très personnelle de Grant sur le medium « comic book ».