J'ai l'impression surtout que pour beaucoup, il faudrait supprimer nos frontières, l'idée de nationalité française, ou la donner à qui veut, ce qui revient au même. Comme si la France et sa culture n'existaient pas, comme s'il falait permettre à toute personne qui veut venir en France et y vivre de la faire sans restriction.
Moi, j'ai surtout l'impression que beaucoup de monde parle de ce qu'il ne connait pas. Immigrer en France est dur, il y a des lois, elles sont très contraignantes et les conditions d'accueils sont déplorables.
Mais le peuple aujourd'hui pense qu'il est très facile de venir en France, s'y installer et piller les ressources sociales des "honnêtes citoyens qui travaillent dur".
Ma femme est étrangère hors UI, moi "souchien". Nous sommes mariés et nous avons eu à faire face à d'ignobles tracasseries administratives, qui vont des nuits d'attentes devant la préfecture de Bobigny pour aller demander une date de RDV jusqu'au tribunal administratif suite à la réception de l'obligation de quitter le territoire français, alors que nous étions mariés et que nous vivions très confortablement - nous sommes tous deux cadres sup.
Ensuite en ce qui concerne le travail d'étudiants étrangers en France, de quoi parle-t-on ?
a) De petit boulot chez mac do ou décathlon pour payer les études ?
Sachez qu'un étudiant étranger extra-communautaire, c'est à dire hors de l'union européenne, n'est pas autorisé à travailler à plein temps en France. Son titre de séjour ne le permet pas. Il a par contre le droit d'effectuer un stage ou à titre accessoire. Il n'a pas le droit de travailler plus de 960 heures par an. De plus, il doit maintenant justifier de plus de 700 euros de revenus mensuels, c'est à dire que son compte en banque doit être pourvu d'une petite mais néanmoins jolie somme de 8400 euros à la demande de son titre de séjour d'un an. Combien d'étudiants franco-français peut lui même justifier d'une telle somme d'argent à sa rentrée scolaire ?
b) D'une première expérience avant de repartir au pays, avec un savoir faire et des contacts ?
Un étudiant étranger venant d'obtenir son bac+5 peut demander une autorisation provisoire de séjour de 6 mois. Si pendant ces 6 mois il obtient un travail, et que ce travail est non seulement en rapport avec sa formation mais également avec sa nationalité, il peut prétendre à un changement de statut (j'y reviendrai sur les conditions d'obtention de ce changement). En pratique, ces autorisations provisoires ne sont jamais données, du moins en RP, pour la bonne et simple raison que les préfectures sont trop exigeantes sur les documents à fournir (elles demandent par exemple le diplome imprimé 3 mois et pas seulement l'attestation de réussite, et ce avant l'expiration du TDS d'étudiant, ce que personne n'a car généralement à l'université, les diplômes ne sont jamais disponibles avant l'année suivante - vécu dans le 93).
L'autorisation provisoire de séjour était un dispositif destiné à conserver justement ces diplômés, que l'on appelle "cerveaux", disposant d'un bac+5 qualifié.
c) De faire sa vie ne France parce qu'on y vit mieux ?
Contrairement à ce que je crois que le peuple "pense", les étudiants étrangers ne restent pas en France. D'après un article de presse que j'ai lu mais que je ne retrouve malheureusement pas, après 7 ans de présence sur le territoire national, plus de 60% d'entre eux sont repartis. 10% sont restés pour continuer leurs études, 20% pour des raisons familiales et finalement, moins de 10% restent avec un titre de séjour salarié. Et cette étude pourtait si je ne me trompe sur les étudiants entrés sur le territoire en 2003 ou 2004 pour 60000 étudiants. Soit à priori juste 6000 salariés. C'est donc idiot d'affirmer que de se passer de cette main d'oeuvre enrayerait le chomage en France.
d) De suprimer les frontières pour tout le monde, ou seulement pour les cadres sup qui sont trop bien pour se limiter à un espace national trop étroit pour leur grandeur ?
Il n'a jamais été question de suppression de frontières. Il y a des règles et des lois, et comme dit l'adage, nul n'est censé ignorer la loi. Sauf les français quand il s'agit de parler d'immigration.
Sachez donc, que pour qu'un étranger puisse venir travailler en France, l'entreprise accueillante doit avoir fait preuve de la recherche durant au minima 3 mois, preuve de pôle emploi à l'appui. Et uniquement si les recherches se sont montrées infructueuses, elle pourra embaucher un salarié. Qu'est ce que cela veut dire ? Que si il existe un français (ou un étranger en situation régulière mais présent sur le territoire pour une autre raison), l'entreprise devra le recruter en priorité. L'entreprise doit également faire patte blanche, démontrer sa motivation, sa réalité économique et s'acquitter d'une taxe à l'OFII plus ou moins lourde (entre 2000 et 5000 euros si je ne m'abuse). Le dossier sera étudié et analysé par la DIREECTE locale pour bien faire attention que le métier en question est dit en tension ou non (qu'il y a déjà de la main d'oeuvre qualifiée ou non présente), etc. Les préfectures ne font pas qu'attribuer un titre de séjour si le dossier est juste bien rempli.
Le recrutement d'étrangers extra-communautaire est une gageure. C'est un processus long. Je doute que les RHs le font par pur plaisir de ne pas recruter un français.
e) et le cas des immigrés en général, non étudiants, sans grands diplômes ?
Nous parlons dans cet articles que des étudiants étrangers. C'est donc hors sujet.
Faire venir 100 000 immigrés ne crée pas 100 000 emplois productifs automatiquement.
Il n'a jamais été question de faire venir 100000 immigrés. Mais de permettre de faire travailler ou non une minorité d'étudiants diplomés et qualifiés après avoir prouvé qu'il est impossible de trouver un équivalent sur le sol français.
Au fait savez vous quelle est la durée de vie moyenne d'un SDF, vous savez le type qui a perdu son emploi parce que délocalisé, cet imbécile qui n'a pas su s'adapter à un monde qui change, trop beauf ?
Combien de temps survit il en moyenne ?
5 ans.
Je ne comprends pas ou est la pertinence de ce propos dans ce contexte.
Je suis contre une immigration massive et incontrolée. Mais je suis également contre la xénophobie ambiante et pronée ces 6 derniers mois par le gouvernement actuel. Il y a un juste milieu dont tout le monde pourrait profiter.
[^] # Re: Ne pas tout confondre.
Posté par Patrick M. . En réponse à la dépêche De la directive Guéant/Bertrand, notamment sur le secteur de l'informatique. Évalué à 10.
Moi, j'ai surtout l'impression que beaucoup de monde parle de ce qu'il ne connait pas. Immigrer en France est dur, il y a des lois, elles sont très contraignantes et les conditions d'accueils sont déplorables.
Mais le peuple aujourd'hui pense qu'il est très facile de venir en France, s'y installer et piller les ressources sociales des "honnêtes citoyens qui travaillent dur".
Ma femme est étrangère hors UI, moi "souchien". Nous sommes mariés et nous avons eu à faire face à d'ignobles tracasseries administratives, qui vont des nuits d'attentes devant la préfecture de Bobigny pour aller demander une date de RDV jusqu'au tribunal administratif suite à la réception de l'obligation de quitter le territoire français, alors que nous étions mariés et que nous vivions très confortablement - nous sommes tous deux cadres sup.
Sachez qu'un étudiant étranger extra-communautaire, c'est à dire hors de l'union européenne, n'est pas autorisé à travailler à plein temps en France. Son titre de séjour ne le permet pas. Il a par contre le droit d'effectuer un stage ou à titre accessoire. Il n'a pas le droit de travailler plus de 960 heures par an. De plus, il doit maintenant justifier de plus de 700 euros de revenus mensuels, c'est à dire que son compte en banque doit être pourvu d'une petite mais néanmoins jolie somme de 8400 euros à la demande de son titre de séjour d'un an. Combien d'étudiants franco-français peut lui même justifier d'une telle somme d'argent à sa rentrée scolaire ?
Un étudiant étranger venant d'obtenir son bac+5 peut demander une autorisation provisoire de séjour de 6 mois. Si pendant ces 6 mois il obtient un travail, et que ce travail est non seulement en rapport avec sa formation mais également avec sa nationalité, il peut prétendre à un changement de statut (j'y reviendrai sur les conditions d'obtention de ce changement). En pratique, ces autorisations provisoires ne sont jamais données, du moins en RP, pour la bonne et simple raison que les préfectures sont trop exigeantes sur les documents à fournir (elles demandent par exemple le diplome imprimé 3 mois et pas seulement l'attestation de réussite, et ce avant l'expiration du TDS d'étudiant, ce que personne n'a car généralement à l'université, les diplômes ne sont jamais disponibles avant l'année suivante - vécu dans le 93).
L'autorisation provisoire de séjour était un dispositif destiné à conserver justement ces diplômés, que l'on appelle "cerveaux", disposant d'un bac+5 qualifié.
Contrairement à ce que je crois que le peuple "pense", les étudiants étrangers ne restent pas en France. D'après un article de presse que j'ai lu mais que je ne retrouve malheureusement pas, après 7 ans de présence sur le territoire national, plus de 60% d'entre eux sont repartis. 10% sont restés pour continuer leurs études, 20% pour des raisons familiales et finalement, moins de 10% restent avec un titre de séjour salarié. Et cette étude pourtait si je ne me trompe sur les étudiants entrés sur le territoire en 2003 ou 2004 pour 60000 étudiants. Soit à priori juste 6000 salariés. C'est donc idiot d'affirmer que de se passer de cette main d'oeuvre enrayerait le chomage en France.
Il n'a jamais été question de suppression de frontières. Il y a des règles et des lois, et comme dit l'adage, nul n'est censé ignorer la loi. Sauf les français quand il s'agit de parler d'immigration.
Sachez donc, que pour qu'un étranger puisse venir travailler en France, l'entreprise accueillante doit avoir fait preuve de la recherche durant au minima 3 mois, preuve de pôle emploi à l'appui. Et uniquement si les recherches se sont montrées infructueuses, elle pourra embaucher un salarié. Qu'est ce que cela veut dire ? Que si il existe un français (ou un étranger en situation régulière mais présent sur le territoire pour une autre raison), l'entreprise devra le recruter en priorité. L'entreprise doit également faire patte blanche, démontrer sa motivation, sa réalité économique et s'acquitter d'une taxe à l'OFII plus ou moins lourde (entre 2000 et 5000 euros si je ne m'abuse). Le dossier sera étudié et analysé par la DIREECTE locale pour bien faire attention que le métier en question est dit en tension ou non (qu'il y a déjà de la main d'oeuvre qualifiée ou non présente), etc. Les préfectures ne font pas qu'attribuer un titre de séjour si le dossier est juste bien rempli.
Le recrutement d'étrangers extra-communautaire est une gageure. C'est un processus long. Je doute que les RHs le font par pur plaisir de ne pas recruter un français.
Nous parlons dans cet articles que des étudiants étrangers. C'est donc hors sujet.
Il n'a jamais été question de faire venir 100000 immigrés. Mais de permettre de faire travailler ou non une minorité d'étudiants diplomés et qualifiés après avoir prouvé qu'il est impossible de trouver un équivalent sur le sol français.
Je ne comprends pas ou est la pertinence de ce propos dans ce contexte.
Je suis contre une immigration massive et incontrolée. Mais je suis également contre la xénophobie ambiante et pronée ces 6 derniers mois par le gouvernement actuel. Il y a un juste milieu dont tout le monde pourrait profiter.