• [^] # Re: semi-data

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal data.gouv.fr. Évalué à 9.

    Hello,

    l'administration des services de l’État n'est pas cachottière. Son activité de livraison de l'information est encadrée par des textes de loi. La loi CADA précise bien que toute demande de données brutes doit être honorée. La directive INSPIRE fait la même chose et va plus loin en obligeant la mise en ligne à coût nul des données liées à l'environnement sous peine de sanctions.

    Néanmoins, certains textes viennent limiter cette diffusion d'information et ce, pour notre plus grand intérêt: les données personnelles qui relèvent de la loi CNIL ne doivent pas être diffusée (les administrations en détiennent des tonnes). De même, les données d'enquêtes couvertes par le secret statistique ne sont pas accessibles et c'est tant mieux: si je souhaite ne pas devoir fausser mes réponses pour ne pas être inquiété ultérieurement, ce secret doit être garanti (surtout que la réponse aux enquêtes est parfois obligatoire). Rien n'empêche cependant d'anonymiser des lots de données et de les fournir (faut juste faire le job qui n'est pas si simple) et c'est ce qui est fait en général.

    Dans la pratique, le patrimoine des services de l’État est vraiment conséquent et il leur est même impossible d'exploiter tous les jeux de données disponibles. La mise en ligne de ces informations prendra donc du temps et/ou demandera des moyens humains dignes de ce nom. De plus, ce posera inévitablement la question de la cohérence et de la normalisation de l'information si on veut éviter d'avoir des jeux de données hétérogènes pour des mêmes objets. Par exemple, si un département (ou une région ou un ministère) publie des données sur les stations d'épuration où on dispose des coordonnées géographiques de la station ainsi que de la capacité d'épuration, il faudra que les autres entités suivent ce modèle à minima sinon, on ne pourra pas faire de travail à l'échelle nationale ou régionale.

    L'intérêt de l'initiative de data.gouv.fr est de renforcer la visibilité des données pour les citoyens en les centralisant et également pour les services de l’État de voir ce qui est disponible chez les voisins et de commencer le travail d'harmonisation et de mise en cohérence. C'est la deuxième étape et je pense que tout se fera progressivement.

    En revanche, le fait que data.gouv.fr existe n'empêche certainement pas les citoyens de continuer à demander les données dont ils ont besoin aux administrations concernées: ça ne peut que les stimuler à déposer leur données dans un "lieu" accessible par tous...