• [^] # Re: Du brevet à l'innovation

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Mobilisation sur les brevets logiciels et le brevet unitaire. Évalué à 3.

    Heureusement qu'il existe des gens à qui les brevets profitent ; et évidemment ce ne sont pas uniquement des espèces de gros banquiers/juristes/... passant leur journées à se prélasser au milieu de leur harem. S'il en était ainsi il n'y aurait plus aucun gogo pour rêver que les brevets peuvent être d'une quelconque utilité générale.

    Dans la réalité les choses sont certainement un peu plus équilibré que dans les phantasmes ou que ne le laissent parfois transparaître des discours comme le mien. Néanmoins, il me semble quasi certains que les brevets sont globalement une nuisance. Ce n'est qu'un avis personnel, certes. Mais je l'étaye de trois manière :

    D'un côté je ne marche absolument pas dans le discours naïf des défenseurs de brevets qui nous bassinent de leurs petits inventeurs quasi utopiques. Il me semble que des études réelles, aussi bien historiques qu'économiques, seraient bien plus convaincantes.

    À l'opposé, prendre le moindre recul par rapport au système permet de se poser la bonne question : comment un système de capitalisation/amplification/garanti des avantages acquis pourrait-il pousser à l'innovation ? En effet qu'y a-t-il de moins motivant pour le travail en général que la garantie d'une rente et le confort douillet de voir les appareils d'états se mettre à votre service ?

    Quand par ailleurs toutes les études sérieuses semblent unanimement montrer — o surprise — qu'accorder ce genre d'avantage (brevet) a TOUJOURS eu un effet essentiellement sclérosant sur l'économie... Et quand je dis toujours, il me semble que je pèse presque mes mots. Ainsi, que l'on s'intéresse aux prouesses économiques de dragons asiatiques, à l'émergence de cités industrieuses, ou encore aux grands essors industrieux locaux ; il me semble que l'on trouve le plus souvent à l'origine soit un relâchement des avantages coutumiers accordés aux potentats, soit une inadaptation de ces avantages à un contexte économique nouveau, inadaptation les rendant momentanément impropre à oblitérer le progrès.

    En résumé, s'il est certain que les brevets puissent également être employés conformément à leur objectif prétendu, et si j'admet effectivement qu'ils puissent parfois motiver tel ou tel effort de recherche anecdotique, je demeure convaincu qu'ils sont un outil fondamentalement néfaste et contre productif en matière d'innovation.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace