Quand je lis ce journal, ainsi que la plupart des commentaires, j'ai l'impression qu'on oublie un peu trop l'objectif initial du mouvement du libre...
Il me paraît clair que le but du mouvement initié par RMS, c'est de faire en sorte que tous ceux qui le désirent puissent être libres dans leur vie numérique. Là, quand je lis ce qu'il y a au-dessus de mon commentaire, j'ai l'impression que pour beaucoup, l'objectif est soit de conquérir le marché (partisans de l'opensource), soit de libérer l'utilisateur, qu'il le veuille ou non (partisans du FLOSS-evangelism).
Même dans le journal, cela transparaît : La FSF devrait faire face "aux géants du milieu Apple, Oracle, Microsoft", elle devrait "s'occuper des nouveaux marchés"...
Peut-être que l'auteur du journal s'inquiète en fait du changement de cap de la communauté construite autour du libre : autrefois une grosse communauté de linuxiens et une petite communauté de libristes avançaient ensemble dans la même direction. Aujourd'hui, alors qu'on vent du linux-compliant à tour de bras (e-readers, android, cloud computing...) tout verrouillé et pas vraiment hackable, les linuxiens s'en satisfont tant que ça juste marche, les libristes se retrouvent tous seuls à réfléchir aux alternatives.
C'est peut-être que que voulait dire coïn, mais alors il l'a mal dit.
Si on se focalise uniquement sur l'objectif d'origine, à savoir aider ceux qui le désirent à être libres dans leur vie numérique, je trouve qu'on ne s'en sort pas trop mal globalement, mais que le mouvement du libre est de plus en plus rapidement rattrapé par la technologie et les usages.
Aujourd'hui, je peux être libre en utilisant un ordinateur : j'achète des pièces dont les specs sont connues, et j'installe dessus des firmwares et un système d'exploitation libre. Je peux être libre avec d'autres appareils, comme des routeurs, des smartphones et des baladeurs numériques, en y installant du logiciel libre (pour les autres appareils : imprimantes, caméscopes, APN, GPS... je ne sais pas si c'est possible, par contre).
Je peux être libre en utilisant du "cloud computing" : il me suffit de refuser le SaaS et d'installer mes propres serveurs chez moi. Bien évidemment cela requiert d'avoir un accès neutre au réseau, ce qui est (encore) possible en France, entre autres grâce aux geeks de la fédération FDN (dans les autres pays, je ne sais pas comment ça se passe).
Je peux être libre en communiquant avec l'extérieur : j'utilise des formats et des protocoles ouverts quand j'envoie une information à autrui, et quand une connaissance m'envoie de l'information dans un format fermé, je lui dis gentiment d'utiliser un format ouvert, ou d'aller se faire foutre (bon, je ne vous cache pas que la plupart choisissent l'option qui leur demande le moins d'effort...).
Les seuls cas où je ne peux pas être libre, je n'en vois pas beaucoup (mais je ne prétends pas être omniscient, hein). Je ne suis pas complètement libre en utilisant un téléphone, à cause de la puce GSM. Je ne suis pas toujours libre d'utiliser toute la puissance de mon matériel. J'hésite encore à être libre en utilisant les réseaux sociaux, parce que les actuels projets sont assez éparpillés et j'attends de voir lequel sera le plus prometteur. Je ne suis pas complètement libre en utilisant de la monnaie, puisque le réseau monétaire n'est pas neutre (il y a bien des trucs comme Bitcoin ou le projet Open-UDC, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y intéresser).
Bref, je commence par critiquer le journal et les commentaires, et j'en viens à lister les réussites et les échecs actuels (ou les futures réussites ?) du mouvement du libre...
Quand je vous disais qu'on s'éparpille...
# On s'éparpille un petit peu...
Posté par gnuzer . En réponse au journal Chute des valeurs du logiciel libre et perte d'influence de la FSF. Évalué à 5.
Quand je lis ce journal, ainsi que la plupart des commentaires, j'ai l'impression qu'on oublie un peu trop l'objectif initial du mouvement du libre...
Il me paraît clair que le but du mouvement initié par RMS, c'est de faire en sorte que tous ceux qui le désirent puissent être libres dans leur vie numérique. Là, quand je lis ce qu'il y a au-dessus de mon commentaire, j'ai l'impression que pour beaucoup, l'objectif est soit de conquérir le marché (partisans de l'opensource), soit de libérer l'utilisateur, qu'il le veuille ou non (partisans du FLOSS-evangelism).
Même dans le journal, cela transparaît : La FSF devrait faire face "aux géants du milieu Apple, Oracle, Microsoft", elle devrait "s'occuper des nouveaux marchés"...
Peut-être que l'auteur du journal s'inquiète en fait du changement de cap de la communauté construite autour du libre : autrefois une grosse communauté de linuxiens et une petite communauté de libristes avançaient ensemble dans la même direction. Aujourd'hui, alors qu'on vent du linux-compliant à tour de bras (e-readers, android, cloud computing...) tout verrouillé et pas vraiment hackable, les linuxiens s'en satisfont tant que ça juste marche, les libristes se retrouvent tous seuls à réfléchir aux alternatives.
C'est peut-être que que voulait dire coïn, mais alors il l'a mal dit.
Si on se focalise uniquement sur l'objectif d'origine, à savoir aider ceux qui le désirent à être libres dans leur vie numérique, je trouve qu'on ne s'en sort pas trop mal globalement, mais que le mouvement du libre est de plus en plus rapidement rattrapé par la technologie et les usages.
Aujourd'hui, je peux être libre en utilisant un ordinateur : j'achète des pièces dont les specs sont connues, et j'installe dessus des firmwares et un système d'exploitation libre. Je peux être libre avec d'autres appareils, comme des routeurs, des smartphones et des baladeurs numériques, en y installant du logiciel libre (pour les autres appareils : imprimantes, caméscopes, APN, GPS... je ne sais pas si c'est possible, par contre).
Je peux être libre en utilisant du "cloud computing" : il me suffit de refuser le SaaS et d'installer mes propres serveurs chez moi. Bien évidemment cela requiert d'avoir un accès neutre au réseau, ce qui est (encore) possible en France, entre autres grâce aux geeks de la fédération FDN (dans les autres pays, je ne sais pas comment ça se passe).
Je peux être libre en communiquant avec l'extérieur : j'utilise des formats et des protocoles ouverts quand j'envoie une information à autrui, et quand une connaissance m'envoie de l'information dans un format fermé, je lui dis gentiment d'utiliser un format ouvert, ou d'aller se faire foutre (bon, je ne vous cache pas que la plupart choisissent l'option qui leur demande le moins d'effort...).
Les seuls cas où je ne peux pas être libre, je n'en vois pas beaucoup (mais je ne prétends pas être omniscient, hein). Je ne suis pas complètement libre en utilisant un téléphone, à cause de la puce GSM. Je ne suis pas toujours libre d'utiliser toute la puissance de mon matériel. J'hésite encore à être libre en utilisant les réseaux sociaux, parce que les actuels projets sont assez éparpillés et j'attends de voir lequel sera le plus prometteur. Je ne suis pas complètement libre en utilisant de la monnaie, puisque le réseau monétaire n'est pas neutre (il y a bien des trucs comme Bitcoin ou le projet Open-UDC, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y intéresser).
Bref, je commence par critiquer le journal et les commentaires, et j'en viens à lister les réussites et les échecs actuels (ou les futures réussites ?) du mouvement du libre...
Quand je vous disais qu'on s'éparpille...