• [^] # Re: Don de moelle osseuse

    Posté par . En réponse au journal Don de soi. Évalué à 10.

    On peut refuser le don à n'importe quel moment. La greffe n'est jamais urgente : elle est planifiée en général entre 1 et 3 mois à l'avance, parfois plus.

    Lorsque la greffe est envisagée pour un patient, ses médecins recherchent longtemps à l'avance un donneur compatible. Ils identifient en général plusieurs donneurs potentiels, qui sont appelés afin de préciser leur groupage HLA, pour ne garder que le donneur qui correspond le mieux au patient.

    Entre le moment où les donneurs potentiels sont appelés et le moment où le don a lieu, il s'écoule au moins 1 mois, mais souvent plus. Le donneur à tout son temps pour réfléchir et se décider : le patient n'est en général pas informé de l'existence certaine d'un donneur durant cette période.

    On peut même se désister juste avant le don, cela n'engage que sa propre conscience. Il faut juste savoir qu'une semaine avant la greffe, le patient est conditionné (irradiation, chimiothérapie dans le but d'éliminer sa propre moelle osseuse). Son corps n'est alors plus capable de produire ni globules rouges (il doit donc être transfusé), ni globules blancs (il est placé en chambre stérile) : une fois le conditionnement démarré, la seule chance pour lui de s'en tirer c'est d'être greffé.

    Si le donneur se désiste avant cette semaine, cela ne déçoit en général que les espoirs des médecins.

    Par ailleurs, la grande majorité des dons se fait désormais par cytaphérèse et non par prélèvement dans le bassin. Le donneur reçoit pendant 4 à 5 jours un traitement (G-CSF) qui stimule la croissance de la moelle osseuse, si bien que des cellules souches de la moelle passent dans le sang. Elles sont recueillies en filtrant le sang, avec une machine du type de celles qui recueillent tous les jours le plasma dans les EFS.

    Pour le donneur, l'impact c'est essentiellement :

    • d'aller passer une matinée subir des examens, un mois avant le don (analyses sanguines en tous genres, ECG, échographie abdominale, entretiens médicaux),
    • de prendre un traitement souvent fatiguant pendant 4 à 5 jours (l'EFS prescrit un arrêt de travail, l'agence de la biomédecine indemnise la perte de rémunération),
    • de passer une ou deux matinées à se faire filtrer le sang, avec un peu de fatigue à la clef.

    Au bout de quelques jours, tous les symptômes (fatigue, douleurs) disparaissent pour le donneur, et la numération sanguine (nombre de globules en tous genres, etc.), perturbée par le traitement par G-CSF, redevient normale en quelques semaines.