• [^] # Re: culture ou art ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Serial encoding, droit d'auteur, licences partageables et trollitude. Évalué à 6.

    Je conçois qu'une œuvre d'art soit parfois le résultat du regard d'un artiste à un moment donné.
    Il existe d'autre forme d'art mais cette forme là (regard+instant=œuvre) me parait licite, morale, louable et tout et tout.

    Ou on peu concevoir qu'il y a autant de conception d'une œuvre que d'observateur de l'œuvre. Ce qui donne du sens à une œuvre c'est l'interprétation. Interdire aux autres de faire des œuvres dérivées, c'est leur interdire le l'interpréter. C'est un non-sens irréalisable, d'autant plus si on publie l'œuvre et qu'on cherche à la rendre célèbre.

    Et si l'œuvre est vraiment purement personnelle, elle ne devrait retenir l'attention que de la personne en question. Si l'on conçoit notre propre langue et que l'on compose une œuvre dans celle-ci, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que personne d'autre n'y trouve d'intérêt.

    Mais si l'on compose une œuvre dans une langue issue d'une culture, alors cette œuvre est bien plus le fruit de cette culture que de la personne à travers qui elle s'exprime. D'ailleurs, même les langues « artificielles » s'inspirent d'autres langues, et elles sont construites à travers des pensés qui s'expriment dans des langues issues d'une culture.

    Que la culture modifiable existe et soit prisée de certains (dont moi) n'enlève rien à l'existence de formes d'art "intimiste" liées, d'abord, au regard de l'auteur.
    Si je prend une telle œuvre et que je la modifie, alors je la dénature. Ce n'est plus la même œuvre, voir même, ce n'est plus une œuvre du tout.

    Il est illusoire de croire qu'il est quelque objet en ce monde qui puisse échapper au changement. La culture modifiable, n'est-ce pas là un pléonasme ? La culture c'est ce qui se forge dans l'interaction sociale. Une culture qui ne bouge pas est une culture morte. Et encore, même les cultures de civilisations disparues continuent d’animer des des débats, de nourrir les pensés qui les redécouvre.

    Il faudrait quand même garder la raison avec ces histoires de culture libre.
    AMHA ça ne doit pas remplacer la culture "pas libre" ça doit s'y ajouter ou en être révéler, extrait et pas de façon systématique.

    Justement, il n'y a de culture raisonnable que dans la culture qui ne s’asphyxie pas en sacralisant l'existant au mépris du devenir.

    Il y aura j'espère toujours une place pour des œuvres définitives, finies par quelqu'un et dont toute modification serait une destruction totale. C'est une vision de l'art que j'apprécie aussi pour tout ce qu'elle dit de l'auteur : sentiments, opinion, sensibilité...

    Il n'y a jamais eu de place pour de telles œuvres. Le monde bouge, les atomes se désagrège au rythme de leur demie-vie. Conserver des archives pour de se donner un contexte historique est intéressant, mais il est illusoire de croire qu'on saurait l’interpréter avec exactitude, quand on est bien incapable de comprendre avec exactitude ceux qui vivent sous le même toit que nous dans le même contexte social.

    Je ne crois pas que les être humains soient interchangeables et c'est pour ça que je pense que si un artiste ne veut pas que sont œuvre soit modifiée alors il faut respecter ce choix car une œuvre d'art c'est aussi profondément lié à l'humain.

    Ce n'est pas parce qu'il ne sont pas interchangeables qu'il faut en mettre certains sur un piédestal et céder tous leurs caprices irréalistes ; surtout qu'en ces caprices réclament la soumission de tous les autres êtres humains.

    Ce petit truc insaisissable qui fait l'art, génère une énorme différence entre culture et logiciel. Du coup ce qui est bon pour l'un n'est pas forcément bon pour l'autre.

    Comme le dit Donald Knuth, on fait basculer un art vers une science en affinant de façon suffisante la méthodologie employée. Knuth parle évidemment de descriptions suffisamment affinées pour que même un ordinateur les comprenne.

    L'énorme différence qu'il y a donc, c'est que dans le logiciel on a poussé la conscience du procédé à un point tel qu'on peut le mécaniser. Le petit truc non encore saisie ne devrait pas nous pousser à l'admiration, au contraire. Admirer et sacraliser l’inexpliqué, c'est admirer et sacraliser l'ignorance.