Comme à chaque fois qu'on aborde le sujet, on va avoir droit à d'un côté les aveugles évangélistes et de l'autre les opposants bourrés de préjugés.
L'utilisation d'une langue nationale pour des échanges internationaux n'est pas démocratique, et c'est normal. Pour que ça soit démocratique, il faudrait que les 6 milliards d'humains s'expriment sur ce choix, et c'est impossible.
Donc le choix est fait par un rapport de force commercial (si tu veux un job ou un marché, tu dois parler la langue X) et culturel (le culture dominante s'exprime avec la langue X).
L'anglais est inadapté, dans le sens où il y a plein d’irrégularités (qui sont également la marque des langues vivantes) et de difficultés de prononciations (ex: le x pour un asiatique, th pour nous). Ce qui ne veut pas dire que les autres langues sont plus adaptées. Le français, l'allemand, ont chacun leurs problèmes (prononciation du r, verbes irréguliers, etc.).
Quand au rendement de l'apprentissage de l'anglais, demandez-vous le pourcentage de votre entourage (pas forcément collègues) qui accepterait de négocier leur salaire en anglais (après 7 années de formation jusqu'au bac).
Vous pouvez dire que les français sont nuls en anglais, les espagnols sont pas vraiment meilleurs, c'est sûr que si l'anglais était une langue latine, ça nous arrangerait :)
Sérieusement, on peut donc se dire qu'une langue internationale, pour être efficace et utile devrait avoir certaines propriétés parmi lesquelles :
* neutralité : ce qui exclu les langues nationales
* facilité d'apprentissage : ce qu'on obtient en bannissant les irrégularités et en utilisant du vocabulaire agglutinant
* prononciation simple : en utilisant les phonèmes les plus utilisés dans les langues naturelles
Et c'est comme ça qu'a été créé l'Espéranto en 1887, alors que l'anglais n'était pas encore une langue internationale.
Anecdote : en 1922, la France a voté contre l'Espéranto comme langue d'échange à la SDN (future ONU), pensant favoriser le français.
Pour répondre à l'argument classique que l'anglais est une solution "pas trop mauvaise" et déjà établie pour la communication internationale : le format DOCX est une solution "pas trop mauvaise" et déjà établie pour l'échange de document...
Pour avoir testé l'espéranto, voici mon expérience.
Je ne suis pas vraiment bon en langue, 815 au TOEIC, avant-dernier en espagnol.
Je suis tombé sur un stand d'espéranto à une foire aux associations (j'en avais déjà entendu parlé sur le net).
"Si c'est aussi bien qu'ils le disent, je vais les prendre aux mots".
J'ai pris un an de cours (1h/semaine, 30€ l'année, oui, trente euros).
J'ai pas vraiment fait mes devoirs, les cours étaient assez informels (on jouait au Memory...).
Au bout d'un an, je suis allé à une rencontre en Bretagne, château de Grésillon.
1/3 de français, des japonais, des brésiliens, une lituanienne (heu, c'est où la Lituanie ?), des russes, etc.
Le 1er soir, un japonais a fait une présentation de son pays. J'avais 85-90% de compréhension à l'oral. Essayez ça avec CNN ou la BBC au bout d'un an d'anglais...
Le 2e soir, on discutait des politiques migratoires de nos pays autour d'une bière avec la lituanienne et un brésilien ("les étrangers ne devraient pas avoir les mêmes droits"...).
Vous pourrez dire ce que vous voulez, techniquement, l'Espéranto tient la route.
Alors oui, il y a peu de locuteurs, tout comme il y a peu de gens qui échangent en ODT.
Oui, les espérantistes sont souvent militants, et vous y trouverez un fort taux de végétariens et d'altermondialistes.
Mais vous savez, il y a 10 ans, les linuxiens étaient des illuminés "parce que tout le monde utilise windows", et vous y trouviez un fort de taux de nerds aux T-shirt pourris (Quoi ? encore maintenant ?!?).
Vous dire que j'utilise l'Espéranto tous les jours, ça serait mentir.
Mais vous dire que quand je fais des échanges culturels en Italie ou en Hollande, on a aucun soucis à se comprendre en anglais, ça serait mentir également.
Pour l'anecdote, le japonais que j'avais connu rédige un compte-rendu journalier sur la catastrophe de Fukushima en Espéranto.
Si vous parlez anglais, faites confiance à CNN ;)
# Je peux vous en parler pour l'avoir testé
Posté par Olivier Faurax (site web personnel) . En réponse à la dépêche Est‐il démocratique, adapté et rentable que l’anglais soit la langue internationale ?. Évalué à 10.
Comme à chaque fois qu'on aborde le sujet, on va avoir droit à d'un côté les aveugles évangélistes et de l'autre les opposants bourrés de préjugés.
L'utilisation d'une langue nationale pour des échanges internationaux n'est pas démocratique, et c'est normal. Pour que ça soit démocratique, il faudrait que les 6 milliards d'humains s'expriment sur ce choix, et c'est impossible.
Donc le choix est fait par un rapport de force commercial (si tu veux un job ou un marché, tu dois parler la langue X) et culturel (le culture dominante s'exprime avec la langue X).
L'anglais est inadapté, dans le sens où il y a plein d’irrégularités (qui sont également la marque des langues vivantes) et de difficultés de prononciations (ex: le x pour un asiatique, th pour nous). Ce qui ne veut pas dire que les autres langues sont plus adaptées. Le français, l'allemand, ont chacun leurs problèmes (prononciation du r, verbes irréguliers, etc.).
Quand au rendement de l'apprentissage de l'anglais, demandez-vous le pourcentage de votre entourage (pas forcément collègues) qui accepterait de négocier leur salaire en anglais (après 7 années de formation jusqu'au bac).
Vous pouvez dire que les français sont nuls en anglais, les espagnols sont pas vraiment meilleurs, c'est sûr que si l'anglais était une langue latine, ça nous arrangerait :)
Sérieusement, on peut donc se dire qu'une langue internationale, pour être efficace et utile devrait avoir certaines propriétés parmi lesquelles :
* neutralité : ce qui exclu les langues nationales
* facilité d'apprentissage : ce qu'on obtient en bannissant les irrégularités et en utilisant du vocabulaire agglutinant
* prononciation simple : en utilisant les phonèmes les plus utilisés dans les langues naturelles
Et c'est comme ça qu'a été créé l'Espéranto en 1887, alors que l'anglais n'était pas encore une langue internationale.
Anecdote : en 1922, la France a voté contre l'Espéranto comme langue d'échange à la SDN (future ONU), pensant favoriser le français.
Pour répondre à l'argument classique que l'anglais est une solution "pas trop mauvaise" et déjà établie pour la communication internationale : le format DOCX est une solution "pas trop mauvaise" et déjà établie pour l'échange de document...
Pour avoir testé l'espéranto, voici mon expérience.
Je ne suis pas vraiment bon en langue, 815 au TOEIC, avant-dernier en espagnol.
Je suis tombé sur un stand d'espéranto à une foire aux associations (j'en avais déjà entendu parlé sur le net).
"Si c'est aussi bien qu'ils le disent, je vais les prendre aux mots".
J'ai pris un an de cours (1h/semaine, 30€ l'année, oui, trente euros).
J'ai pas vraiment fait mes devoirs, les cours étaient assez informels (on jouait au Memory...).
Au bout d'un an, je suis allé à une rencontre en Bretagne, château de Grésillon.
1/3 de français, des japonais, des brésiliens, une lituanienne (heu, c'est où la Lituanie ?), des russes, etc.
Le 1er soir, un japonais a fait une présentation de son pays. J'avais 85-90% de compréhension à l'oral. Essayez ça avec CNN ou la BBC au bout d'un an d'anglais...
Le 2e soir, on discutait des politiques migratoires de nos pays autour d'une bière avec la lituanienne et un brésilien ("les étrangers ne devraient pas avoir les mêmes droits"...).
Vous pourrez dire ce que vous voulez, techniquement, l'Espéranto tient la route.
Alors oui, il y a peu de locuteurs, tout comme il y a peu de gens qui échangent en ODT.
Oui, les espérantistes sont souvent militants, et vous y trouverez un fort taux de végétariens et d'altermondialistes.
Mais vous savez, il y a 10 ans, les linuxiens étaient des illuminés "parce que tout le monde utilise windows", et vous y trouviez un fort de taux de nerds aux T-shirt pourris (Quoi ? encore maintenant ?!?).
Vous dire que j'utilise l'Espéranto tous les jours, ça serait mentir.
Mais vous dire que quand je fais des échanges culturels en Italie ou en Hollande, on a aucun soucis à se comprendre en anglais, ça serait mentir également.
Pour l'anecdote, le japonais que j'avais connu rédige un compte-rendu journalier sur la catastrophe de Fukushima en Espéranto.
Si vous parlez anglais, faites confiance à CNN ;)