Tu confonds deux choses qui n'ont rien à voir : la science et l'économie.
Non, si l’homonymie est assez pénible dans la discussion, je fais très bien la différence entre l’économie, science sociale avec ses différentes branches, ses différentes théories, et l’économie, résultat de l’organisation de milliards d’individus à travers le monde.
L'économie est une science humaine, donc elle est plus explicative que prédictive
Tu ne peux pas séparer aussi simplement « explicatif » et « prédictif ».
Si tu es capable de dire à posteriori que E est arrivé à cause de C, alors, c’est que tu as une théorie derrière capable de te dire "C => E", ce qui te permet de faire du prédictif.
sinon, au bout de tant de temps, on réussirait à prévoir le cours de Bourse du lendemain ou la prochaine crise
Tu as pas mal de sciences dures dans la même situation hein.
Pour prendre un parallèle qui marche très bien : on connaît pas trop mal la biochimie d’un neurone, et comment fonctionne l’interaction entre deux neurones. Pourtant, prévoir le comportement d’une personne en connaissant l’état de tout son cerveau à un instant T, ça reste du domaine de la SF la plus loufoque. On a des problèmes calculatoires (chaos) ET de connaissance (connaître parfaitement l’état d’un cerveau à un instant T, c’est totalement irréaliste)
Pour l’économie, c’est exactement pareil. On comprend les mécanismes de convergence de prix, on est tout à fait capable de modéliser très précisément un marché avec deux participants, on connaît les mécanismes généraux pour les marchés à N participants, mais prévoir les cours de la bourse, ça reste du domaine de la SF la plus loufoque (pas de problème calculatoire, mais des problèmes bêtes que l’observation influe de système, et exactement le même problème de connaissance : on pourra jamais connaître l’ensemble de l’état de l’économie à un instant T — et ce d’autant plus que les préférences individuelles font partie des connaissances nécessaires pour modéliser parfaitement un marché, et que les participants eux-mêmes seraient bien en peine de communiquer leur échelle de préférence).
Ça ne veut pas dire que les neurosciences/l’économie sont inutiles hein. La neuroscience nous permet de mieux comprendre/traiter certaines maladies, l’économie permet d’évaluer l’impact probable de certaines mesures politiques (ceteris paribus, bien sûr).
Puisque tu aimes lire des bouquins d'économie, je te conseille de lire Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie (9€ en version poche)
Déjà lu. Avant, il m’arrivait de recommander de lire Jacques Généreux. Maintenant, quand ça m’arrive, je précise « sauf les vraies loi de l’économie ».
C’est triste ce que l’idéologie peut arriver à faire écrire comme âneries par des types intelligents. (et le pire c’est de se dire « je suis sûrement pas à l’abri, peut-être (probablement d’ailleurs) ai-je moi aussi écrit des énormités du même acabit sans m’en rendre compte »)
entretenue par les libéraux
Entretenue par personne. Tu ouvres n’importe quel bouquin d’économie à destination du grand public, que ce soit écrit par un libéral, un communiste, un keynésien, ou que sais-je encore, c’est en général dans les premières phrases (la science économique, parfois abrégée en économie, étudie l’économie, c’est à dire... blabla). Dans DLL, l’œuvre principale de Hayek, les considérations de ce genre, c’est tout un chapitre.
Je pense que tu en apprendras plus sur les libéraux que n'importe quel bouquin d'économie écrit par un libéral.
Je pense que pour en apprendre sur les libéraux, le mieux reste d’en fréquenter et d’échanger avec eux :)
Tu peux argumenter ? Parce que je suis capable de te montrer que la phrase au dessus est juste, grâce à un truc qui s'appelle gain de productivité.
Toujours et encore cette fameuse loi de Say.
Si tu as « trop de travail disponible », c’est que tu as des gens qui aimeraient travailler, mais qui ne travaillent pas (soit des chômeurs, soit des gens qui aimeraient travailler plus), relativement au travail nécessaire (nécessaire pour satisfaire les besoins). C’est bien ce que tu voulais dire ?
Dans ce cas, simple question : pourquoi ceux qui veulent travailler veulent travailler ? Pour gagner un revenu. Pourquoi veulent-ils gagner un revenu ? Pour s’acheter des choses. C’est donc qu’il y a bien des besoins insatisfaits, et que tu ne manques pas de travail nécessaire.
Mais on ne manque pas de capital en ce moment, puisque la capitalisation des entreprises du CAC40 n'a jamais été aussi grande.
Ce qui ne signifie absolument rien dans un contexte inflationniste, j’en ai parlé ailleurs : la monnaie n’est pas neutre, l’inflation non plus, et a une tendance bien connue à surévaluer le capital disponible dans les bilans des entreprises — et « corriger à l’inflation » empire les choses, parce que le calcul de l’inflation se fait sur les biens de consommation.
En ce moment, le capital augmente mais pas la production. Parce qu'il n'y a pas d'acheteur, parce que les salaires n'augmentent pas. Tu devrais prévenir certains patrons qu'il faut augmenter les salaires.
Et le capital, s’il ne sert pas à produire, il sert à quoi ?
depuis 1981, 10 poins sont passé des salaires vers le capital. Ce qui explique grandement que, même quand le capital augmente, les salaires peuvent stagner.
Les détenteurs du capital font des profits records depuis quelques années, il y a des dizaines d'articles de journaux sur le sujet. Et dans le même temps, le chômage augmente sans arrêt et les salaires stagnent. Il y a même une étude qui montre que les riches (principaux détenteurs du capital) sont de plus en plus riche tandis que les pauvres (même travailleurs) sont de plus en plus pauvres. Et les prix augmentent aussi. Alors, elle est où ton explication ?
Très facilement explicable, et j’en avais même parlé plus tôt : c’est très exactement les effets d’une consommation de capital. Le truc c’est que ce n’est pas une situation durable, ne serait-ce qu’à cause de l’endettement croissant, qu’il privé ou public.
[^] # Re: Dette
Posté par Moonz . En réponse au journal Horreur, enfer et damnation: Fin de l'illimité. Évalué à 3.
Tu me permets de centraliser ? :)
Non, si l’homonymie est assez pénible dans la discussion, je fais très bien la différence entre l’économie, science sociale avec ses différentes branches, ses différentes théories, et l’économie, résultat de l’organisation de milliards d’individus à travers le monde.
Tu ne peux pas séparer aussi simplement « explicatif » et « prédictif ».
Si tu es capable de dire à posteriori que E est arrivé à cause de C, alors, c’est que tu as une théorie derrière capable de te dire "C => E", ce qui te permet de faire du prédictif.
Tu as pas mal de sciences dures dans la même situation hein.
Pour prendre un parallèle qui marche très bien : on connaît pas trop mal la biochimie d’un neurone, et comment fonctionne l’interaction entre deux neurones. Pourtant, prévoir le comportement d’une personne en connaissant l’état de tout son cerveau à un instant T, ça reste du domaine de la SF la plus loufoque. On a des problèmes calculatoires (chaos) ET de connaissance (connaître parfaitement l’état d’un cerveau à un instant T, c’est totalement irréaliste)
Pour l’économie, c’est exactement pareil. On comprend les mécanismes de convergence de prix, on est tout à fait capable de modéliser très précisément un marché avec deux participants, on connaît les mécanismes généraux pour les marchés à N participants, mais prévoir les cours de la bourse, ça reste du domaine de la SF la plus loufoque (pas de problème calculatoire, mais des problèmes bêtes que l’observation influe de système, et exactement le même problème de connaissance : on pourra jamais connaître l’ensemble de l’état de l’économie à un instant T — et ce d’autant plus que les préférences individuelles font partie des connaissances nécessaires pour modéliser parfaitement un marché, et que les participants eux-mêmes seraient bien en peine de communiquer leur échelle de préférence).
Ça ne veut pas dire que les neurosciences/l’économie sont inutiles hein. La neuroscience nous permet de mieux comprendre/traiter certaines maladies, l’économie permet d’évaluer l’impact probable de certaines mesures politiques (ceteris paribus, bien sûr).
Déjà lu. Avant, il m’arrivait de recommander de lire Jacques Généreux. Maintenant, quand ça m’arrive, je précise « sauf les vraies loi de l’économie ».
C’est triste ce que l’idéologie peut arriver à faire écrire comme âneries par des types intelligents. (et le pire c’est de se dire « je suis sûrement pas à l’abri, peut-être (probablement d’ailleurs) ai-je moi aussi écrit des énormités du même acabit sans m’en rendre compte »)
Entretenue par personne. Tu ouvres n’importe quel bouquin d’économie à destination du grand public, que ce soit écrit par un libéral, un communiste, un keynésien, ou que sais-je encore, c’est en général dans les premières phrases (la science économique, parfois abrégée en économie, étudie l’économie, c’est à dire... blabla). Dans DLL, l’œuvre principale de Hayek, les considérations de ce genre, c’est tout un chapitre.
Je pense que pour en apprendre sur les libéraux, le mieux reste d’en fréquenter et d’échanger avec eux :)
Toujours et encore cette fameuse loi de Say.
Si tu as « trop de travail disponible », c’est que tu as des gens qui aimeraient travailler, mais qui ne travaillent pas (soit des chômeurs, soit des gens qui aimeraient travailler plus), relativement au travail nécessaire (nécessaire pour satisfaire les besoins). C’est bien ce que tu voulais dire ?
Dans ce cas, simple question : pourquoi ceux qui veulent travailler veulent travailler ? Pour gagner un revenu. Pourquoi veulent-ils gagner un revenu ? Pour s’acheter des choses. C’est donc qu’il y a bien des besoins insatisfaits, et que tu ne manques pas de travail nécessaire.
Ce qui ne signifie absolument rien dans un contexte inflationniste, j’en ai parlé ailleurs : la monnaie n’est pas neutre, l’inflation non plus, et a une tendance bien connue à surévaluer le capital disponible dans les bilans des entreprises — et « corriger à l’inflation » empire les choses, parce que le calcul de l’inflation se fait sur les biens de consommation.
Et le capital, s’il ne sert pas à produire, il sert à quoi ?
Et les salaires réels ont augmenté de 15% [http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/ebook/ebook121.pdf].
Très facilement explicable, et j’en avais même parlé plus tôt : c’est très exactement les effets d’une consommation de capital. Le truc c’est que ce n’est pas une situation durable, ne serait-ce qu’à cause de l’endettement croissant, qu’il privé ou public.