• [^] # Re: Re : Dette

    Posté par . En réponse au journal Horreur, enfer et damnation: Fin de l'illimité. Évalué à 2.

    Le ton de ton message me fait penser : paraître docte n'est pas être érudit.

    En même temps, j’écris ce que je pense être vrai. Je n’ai jamais prétendu être prix nobel (ni IgNobel) d’économie. Je parle à mon maigre niveau de connaissance, que j’estime effectivement être supérieur au lecteur moyen de DLFP, qui n’a jamais ouvert un bouquin d’économie de sa vie (et oui, il y a des exceptions !). Mais qu’on soit clair : jamais je ne prétendrai détenir LA vérité. Ni être meilleur que le monde entier. Ni être un économiste génialissime qui a tout inventé de l’économie. J’ai juste été, assez jeune, été assez marqué par une phrase d’un économiste, lue au hasard (à propos de l’économie) :

    Il n'y a aucun moyen permettant à quiconque d'éluder sa responsabilité personnelle. L'individu, quel qu'il soit, qui néglige d'examiner au mieux de ses capacités tous les problèmes que cela pose, abdique volontairement son droit d'aînesse à une élite cooptée de « supermen ». Dans des affaires si vitales, s'en remettre aveuglément à des « experts », accepter passivement des mots d'ordre populaires et des idées toutes faites, sont l'équivalent d'une renonciation à l'auto-détermination et d'une reddition à la domination des autres.

    Depuis, je lis tout ce qui me passe sous la main ; je me permet de faire part de mes conclusions. Si tu n’es pas content, tu peux m’ignorer, mais un conseil : va à la bibliothèque, et fait comme moi, sort un bouquin d’économie.

    Ha, et commence par celui qui est le plus à l’opposé de tes opinions politiques, c’est ce que j’ai fait, et c’est quand même vachement plus intéressant que de tourner en rond dans de l’auto-satisfaction « ouais, il a trop raison ! »

    de personne qui se prétend spécialiste

    {{référence nécessaire}}

    http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304

    Les vidéos, c’est la mort de la réflexion. Je passe.

    http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin

    Pénible à suivre avec ses paraboles de partout (on dirait la bible !), mais je vais essayer

    Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée

    Ça commence bien. La Fed, Ginnie Mae, Freddie Mac, le CRA, sont aussi privés que la distribution d’eau en France, et ont un joué un rôle prépondérant dans la crise des subprimes, de même que certaines réglementations du crédit (la crise, c’est un epic fail à la fois du privé et du public).

    Essentiellement d’accord avec la partie suivante (Quand les agences font de la politique)

    Signalons rapidement que sa place dans la structure générale de la finance libéralisée, au point focal de la production de l’opinion collective, la dote des moyens d’avoir plus probablement raison que le commun des agents, en fait même de se donner raison, puisque les effets qui suivent d’une telle dégradation à grand fracas sont tout à fait susceptibles, indépendamment du bien-fondé de la dégradation en question, d’entraîner une série de réactions parmi lesquelles les séquences

    Pas faux en théorie, mais en pratique l’annonce de la perte du AAA des États-Unis n’a pas créé tellement d’émoi (moins qu’on aurait pu s’y attendre, en tout cas).

    La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont connu tour à tour ces enchaînements fatals par lesquels l’opinion financière transforme des situations parfaitement gérables en inextricables crises

    Une situation qui peut être fatale en fonction de l’opinion d’une tierce personne, j’appelle pas ça quelque chose de « parfaitement gérable ».

    La situation de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal auraient été gérables s’ils étaient financièrement indépendants de tout prêteur, ce qui n’a jamais été le cas (par contre, l’Irlande semble être en bonne voie).

    entrée dans un régime tout autre que celui de benign neglect où la politique économique étasunienne a jusqu’ici trouvé ses marges de manœuvre

    Les begign neglect qui durent pendant des dizaines d’années, ça finit inévitablement un jour ou l’autre par se transformer en problème, je vois pas où est le scoop ni l’objet d’étonnement ici.

    Quelqu’un qui a une légère toux pendant dix ans et qui ne consulte pas, qu’il ne se plaigne pas de « mais j’ai jamais eu de problème avant, jute une toux bénigne » quand il se met à cracher du sang. Ben là, pareil, un léger souci qui dure dix ans, ça finit un jour ou l’autre par sérieusement préoccuper. Ce jour est arrivé.

    Bref, il blâme le thermomètre. C’est plus dur de gérer la dette publique maintenant que c’est un « problème » ? Ils avaient des dizaines d’années pour le gérer avant, en toute tranquillité. Si le thermomètre n’était pas monté au rouge, le « léger souci » aurait continuer à s’accumuler jusqu’à exploser.

    Ce n’est pas la faute des marchés si les politiciens ne savent réagir qu’au pied du mur (voire plus tard).

    La stimulation coordonnée relancerait les économies, moyennant d’abord une dégradation consentie des déficits et des dettes, mais temporaire seulement dès lors que les recettes fiscales reviendraient et stabiliseraient (par le dénominateur) le ratio Dette/PIB

    Le « Stimulus Package » d’Obama, qui correspond très exactement à cette « stimulation », n’a pas fonctionné.

    C’est bien cette trajectoire que l’administration Obama avait l’intention d’emprunter... jusqu’à ce que les Républicains s’emploient à faire tout ce qu’il fallait de bruit pour faire prendre consistance à un « problème de la dette » s’imposant dès lors à l’agenda du débat public et à la préoccupation des marchés.

    ARRA est entré en vigueur début 2009.

    Les Républicains s’opposaient juste à continuer sur un chemin qui prouvait son échec.

    le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé

    Il définit pas ce qu’est le « néolibéralisme », mais j’ai du mal à concilier libéralisme et endettement public...

    La dette des ménages explose parce que seul le crédit leur permet de rester à flot pour leur consommation courante quand leur revenu est sous compression constante,

    Pourquoi, quand les ménages étaient plus pauvres, ils empruntaient moins ? Un écran plasma, c’est de « la consommation courante » ?

    Mauvaise explication, changer explication.

    La dette des institutions financière explose pour mobiliser l’effet levier et propulser les ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres)

    Oui

    La dette des Etats explose sous l’effet du choc récessionniste occasionné par la crise financière, expression parfaite des désordres mêmes du néolibéralisme

    Non : tous les Etats étaient endettés avant la crise financière. Certains candidats en avaient même parlé à la campagne présidentielle de 2007. Le dernier rapport de la cour des comptes confirme que la récession est pour pas grand chose dans la dette publique Française.

    sous l’effet de la contre-révolution fiscale, un autre de ses produits typiques, qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés. Vient forcément un moment où cette divergence proportionnelle n’est plus soutenable

    1. J’aime ce forcément. Il ne peut pas venir une seule seconde à l’idée de l’auteur qu’une baisse des recettes peut être contrebalancé par une baisse des dépenses. S’endetter est bel et bien une volonté politique.
    2. La baisse des taux d’imposition des plus riches aux USA a résulté en une augmentation de leur contribution (cf http://www.veblog.com/oblibimages/tax-share-2000-2005.jpg)

    Car normalement, l’actif sans risque ne peut offrir autre chose qu’un rendement... nul. Fut un temps – antérieur à la déréglementation financière

    Déréglementation financière ? Quelle déréglementation financirère.

    Allez, deux minutes de recherche sur Wikipedia :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Fair_debt_collection

    http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_regulation_in_the_United_States

    Je cite objectifeco :

    La législation bancaire, qui a vu jusqu’à 70 000 pages ajoutées en une seule année (celle de Sarbanes Oxley), était pléthorique, et les deux lois de relative libéralisation de l’activité bancaire aux USA ces 20 dernières années, 1994 et 1999, ont été contrebalancées par d’autres des plsu dirigistes, et notamment l’une, le Community Reinvestment Act, voté en 1977 mais renforcé en 1995, qui s’est révélée particulièrement nocive, car elle a obligé les banques qui voulaient profiter de la loi de 1994 leur permettant de grandir par fusions-acquisitions d’éliminer tout ce qui aurait pu passer pour de la discrimination envers certaines minorités dans leurs réglements intérieurs d’octroi de crédit, sous peine de voir leurs fusions interdites par une des quatre (oui, quatre) agences officielles chargées de la supervision de ces accords. Au seul niveau fédéral, ce sont 12 000 agents publics qui étaient chargés de la supervision de l’activité bancaire.

    Par ailleurs non, un actif sans risque n’est pas supposé donner un rendement nul, il reste le taux d’intérêt naturel qui provient de la préférence temporelle des agents. Un actif sans risque est censé se résumer au taux d’intérêt naturel.

    D’accord sur son analyse sur l’EFSF et des eurobonds, par contre pas sur la BCE :

    Seule une banque centrale, en tant qu’elle est capable de mobiliser des moyens par définition illimités, est capable d’intimider la spéculation qui sait dès le départ qu’elle n’en verra pas le bout.

    Le fait de ne pas voir le bout du crédit pas cher, je vois pas en quoi ça peut intimider le moindre financier qui vit sur... le crédit pas cher. Le seul pouvoir (théorique, selon les traités c’est illégal) qu’a la BCE, c’est de monétiser la dette, mais ça, ça effraye les allemands (pas que, mais surtout), pas les financiers.

    Il dit ensuite que la garantie des dépôts n’équivaut pas à création monétaire... Ce qui est vrai, mais la création monétaire que craignent beaucoup, ce n’est pas la garantie des dépôts mais la monétisation de la dette, et là dessus, pas un mot.