• # Réflexions générales

    Posté par . En réponse au journal Le Monde, ou le prestige d’un grand journal qui fait du porte à porte. Évalué à 6.

    Tout d'abord bravo pour ce journal. Intéressant à lire. C'est bien de lancer des pavés dans la mare et voir ce que ça donne. Même si je suis surpris que tu n'ait pas mis ce texte sur le framablog.

    il est dommage que le journal le plus lu aujourd’hui soit sinon un quotidien gratuit et sans cerveau (20minutes).

    Pourquoi c'est dommage ?

    Parce qu'avant la situation était mieux ?

    Est ce que tu considères que c'est mieux que le quotidien le plus lu en France soit un journal dépendant et rempli de pub plutôt qu'un journal dépendant, rempli de pub et gratuit ?

    Je n'en suis pas sûr.

    Bon, effectivement, « le monde » semble intéressant :
    - La qualité n'est pas comparable à celle de 20 minutes
    - Il y a moins de publicité
    - Le rachat par Niel et cie a énervé Sarko, ce qui laisse espérer une relative indépendance vis à vis du pouvoir.
    - la Société des rédacteurs du Monde (SRM) dispose d'un droit de veto sur la nomination du président du directoire.
    - Il a participé à ce groupe de 5 journaux qui ont publié les révélations de wikileaks. 1 journal par Pays, « le monde » a été considéré suffisamment fiable pour être à côté des prestigieux « New York Times », « The Guardian », « Der Spiegel » et « El Pais ».

    Mais ça reste un journal qui n'est pas totalement indépendant vis à vis de ses actionnaire ni de ses annonceurs.

    Un autre exemple : Le journal le plus imprimé en France (Mais pas le plus lu. C'est plus rare de trouver un « Ouest France » sur un siège de métro qu'un « 20 minutes »), c'est Ouest France. Est ce que tu ferais plus confiance à Ouest France qu'à 20 minutes ?

    Pourtant le groupe « Ouest France » contrôle à 50% 20 minutes France.

    Pour ma part, je ne fais confiance qu'aux journaux indépendants et sans publicité c'est à dire le « canard enchainé » et le « charlie Hebdo ».

    Alors que les rédactions de journaux ont un métier qui a toujours parfaitement sa place dans la société : le journalisme. La collecte, l’étude, le recoupement et l’analyse des informations (et pas juste le retweetage mécanique des dépêches et communiqués de presses).

    Je pense que nous sommes dans une évolution du métier de journaliste. L'investigation est clairement délaissée par rapport aux formats tabloïds, people, voyeuriste etc.

    Il restera de la place pour présenter les JT, préparer les invités « caution politique » des émissions de divertissement ou ceux des émissions clairement politiques. Mais pour ce qui est de l'investigation, il faudra soit chercher du côté des marchés de niche (comme le Canard, mediapart et Rue 89), soit découpler ça des journaux et réduire les « journalistes » à des grattes papiers. Nombreux sont ceux qui ont déjà pris la tournure.

    Plutôt que d'investiguer eux même, ça coute cher et ça ne rapporte pas beaucoup, contrairement au people qui ne coute presque rien, si ce n'est en amendes, et qui rapporte énormément, les pigistes pourront reprendre des informations prémachées.

    Ils le font depuis longtemps avec l'AFP, reuteurs etc. Mais ça va probablement se développer encore avec la généralisation de l'instantanéité, des informations sur les réseaux sociaux et la généralisation de l'Opendata, et des groupes qui publient des communiqués.

    Quelle est la plus value d'un journaliste qui publie une information déjà analysée par wikileaks, regards citoyens, l'April ou la Quadrature du Net ?

    Pas énorme.

    Il reste à enrober tout ça et à signer.

    Et ça coute encore moins cher que de faire du people.

    Pourtant, il n’y pas un seul contre-exemple à l’érosion des ventes à l’unité de supports physiques d’actualité.

    Si.

    Le canard a effectué des ventes record en 2009, avant de se replier un peu en 2010. Bon certes, l'effet Sarkozy aide un peu. Élu en mi-2007, il a eu une période 1 an à 1 an et demie de grâce (en fait de fuite en avant perpétuelle) avant d'être rattrapé par tout ce qu'il a semé.

    Bref, il y a la place pour de la presse d'investigation en France, il ne faut pas désespérer.

    Quand à la manipulation et au stockage du papier, c'est contraignant j'en conviens. Et ne pas pouvoir faire une recherche dans les numéros précédents, linker une information dans un site web, copier coller des parties, ça me frustre énormément.

    Mais d'un autre côté, j'achète le « canard enchainé » parce que je pense que c'est bon pour la démocratie et que j'en suis conscient. Il y a quelques années, quand j'ai commencé à l'acheter, je le faisais uniquement parce que j'étais obligé. Si j'avais pu trouver les mêmes informations en ligne, je n'aurais peut être jamais payé un numéro du canard.

    Dans ce cas, que faire ?

    Je ne vois pas de solution simple.

    Quant à ton vendeur, ça m'a fait marrer aussi de le croiser dans la rue. On revient des années en arrière. Mais au moins, Internet et surtout la concurrence des gratuits permettent de créer des emplois (certes précaires).