• [^] # Re: quelques réflexions

    Posté par . En réponse au journal Les français aiment-ils leurs libraires ?. Évalué à 7.

    Quelques précisions :

    À propos de Optimizing Compilers for Modern Architectures et ses copains

    Optimizing Compilers for Modern Architectures est un bouquin écrit par Allen et Kennedy, deux monstres sacrés de la compilation. Il ne s'agit pas d'une revue, mais bien d'un livre, qui recense les techniques connues à l'époque (~2000) pour optimiser le code de programmes à la compilation (le sous-titre est d'ailleurs « A dependence-based approach »).

    Les bouquins d'informatique plus ou moins théorique sont de façon générale onéreux. Le « Dragon Book » (de son vrai nom Principles of Compiler Design, par Aho et Ullman) coûte lui aussi dans les 100$.

    Du prix des publications scientifiques

    Je bosse dans une fac, donc si je veux récupérer des articles de recherche, je passe par une IP de la fac, qui a un accès quasi-illimité à IEEE, ACM, et Springer.

    Le prix prohibitif pratiqué par les éditeurs scientifiques est totalement abusé. Lorsqu'un de mes articles est accepté pour une conférence, je dois accepter:
    - de céder mon copyright à l'éditeur, qui peut alors vendre l'article en question au prix qu'il le souhaite (en l'occurrence, pour le PDF d'un de mes articles, je vois que Springer le vend à près de 25$), sans me reverser quoi que ce soit (mais en échange j'ai une ristourne de 33% sur les bouquins Springer, youhou ! Sauf qu'Amazon est capable de faire pareil pour pas mal d'entre eux ...).
    - de payer pour assister à la conférence (et un papier accepté se doit d'avoir l'un des co-auteurs pour le présenter) — mais bon, ça c'est la fac qui paie. Enfin, qui rembourse. Après quelques mois. Mais bon, elle finit par payer hein. Un jour.
    - Avec l'avènement d'Internet, faire payer aussi cher les articles me dépasse (bon ce qui est vrai, c'est que les auteurs reçoivent une copie papier en plus d'une éventuelle clef USB ou CDROM, mais même, je m'en passerais volontiers). Il existe toute une littérature autour de cet abus des éditeurs qui prennent en otage en grande partie les chercheurs.

    Être autodidacte, mission impossible ?

    Concernant le fait d'être autodidacte : je suis d'accord avec toi sur le fait qu'être autodidacte concernant un domaine totalement différent de son domaine habituel de compétences est difficile (mais pas impossible !). Cependant, quand on a une formation en informatique (de gestion par exemple), si on y met du sien, on peut parfaitement lire le Dragon Book (qui est un livre qui cible des étudiants de début de master et au-delà je dirais, en fonction des chapitres) et fabriquer son propre petit compilateur. Une fois ce dernier livre compris, passer au bouquin d'Allen & Kennedy n'est pas si compliqué (à condition de se souvenir de ses cours d'algèbre linéaire). Par contre bien entendu, lire ces deux bouquins sérieusement équivaut à assister à deux semestres dans une fac, et prendra à peu près le même temps. Il s'agit donc d'une entreprise à temps plein pendant quelques semaines.

    En ce qui me concerne, je ne me considère pas comme étant un mec faisant de la compilation (même si le projet sur lequel je bosse est lié à ça, ce n'est pas moi qui m'en occupe directement). Par contre j'aime les différents sujets qui s'y rapportent : théorie des graphes pour la représentation d'un programme, Lambda calcul pour la sûreté des types, etc. Mais ce n'est pas (directement) mon domaine d'expertise.