• # Rhétorique

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal En 2012, je vais voter pour un parti dont le programme numérique est top.. Évalué à 10.

    Tu remarqueras que malgré la portée lointaine que tu attribues à ces propositions, elle sont toutes très discutables et nous pourrions sans problème (enfin, sans plus de mauvaise fois que ce qui se pratique tous les jours dans le milieu) affirmer que c'est dans la continuité de ce qui se fait depuis des années (y compris sous Chirac).

    Exemples :

    • « faire de la neutralité un objectif politique » => #define neutralité. :)
    • « nous rejetons l’idée d’une surveillance généralisée » => nous sommes très loin (même en France) de la surveillance généralisée. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de surveillance, bien sûr dans le but d'assurer votre sécurité.
    • « autorité judiciaire – hors circonstances exceptionnelles – » => les infractions aux droits dits de « propriété intellectuelle », qui comme chacun sait sont étroitement liés au grand banditisme et aux mafias, sont des circonstances exceptionnelles. Ceci sans compter que ça n'empêche absolument pas d'« encourager » les ayants droits et intermédiaires techniques à plus de coopération pour un monde meilleur (comment, ça n'est pas ce que la quadrature dénonce comme la transformation des intermédiaires en police privées du copyright ?).
    • « Obliger les administrations à recourir à des formats de fichiers ouverts » => #define fichier (et non formats) ouvert. Récemment, l'Europe est sensiblement revenue en arrière sur ces questions (voir http://www.april.org/la-commission-seloigne-de-linteroperabilite-pour-les-services-publics-europeens).
    • « généraliser les manuels numériques dans les écoles » => Sur des Ipad et avec du DRM ?

    Bref ... tout ça pour dire que, au delà du fait que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce genre de programme manipule le public en façonnant le terrain sémantique de sorte qu'il leur soit favorable.

    Mais on peut faire autrement. En 2007, l'April a questionné les différents candidats à la présidentielle sur des sujets précis, avec des questions telles que « Pensez-vous que la législation et les règles de procédures relatives aux brevets doivent être contrôlées par les organes législatifs élus ? », ou encore « Êtes-vous favorable à un droit à l'interopérabilité reconnaissant à tout citoyen le droit de concevoir et de divulguer, sous quelque forme que ce soit et dans les conditions de son choix, un logiciel original capable d'interopérer avec un autre système quel qu'il soit ? ».

    En se positionnant sur notre terrain sémantique, on peut faire prendre des positions assez claires. Et en ce qui concerne le candidat Sarkozy, on ne pourra pas dire que personne n'a été prévenu puisque sa politique numérique a suivi de près ses engagement de campagne récoltés par candidats.fr ; c'est à dire notamment :

    • défense la protection juridique des DRM
    • défense du principe de brevetabilité des logiciels
    • rejet de l'action de groupe pour lutter contre la vente liée
    • etc.

    Adhérer à l'April, ça vous tente ?