Il est vrai que l'industrie du spectacle enregistré a fait usage de sa force économique pour contraindre les gouvernements démocratiques à voter des lois, que d'aucun jugerait liberticides, en leur faveur.
Il est vrai que la surveillance des réseaux d'échange par une entreprise privée pose un certain nombre de problèmes déontologiques dans l'application de la loi.
Il est vrai que le modèle économique de l'industrie du spectacle enregistré, basé sur le monopole d'exploitation et la commercialisation sous licence aux particuliers de ce monopole, est mal adapté à l'usage actuel de la technologie.
Il est vrai que criminaliser les consommateurs, ceux-là mêmes qui achètent et qui votent, pour quelques dollars de musiques téléchargés et pour des forfaits extrêmement faciles à perpétrer, pose des problèmes déontologiques également.
Il est vrai que les prix pratiqués dans la revente de ces biens immatériel est quelque peu inadéquat avec les prestations artistiques.
Il est vrai que seule une minorité d'artistes vivent décemment de leur art et que ces derniers malheureusement engendrent des recettes socialement jugées indécentes.
Mais :
Télécharger illégalement n'en reste pas moins un acte moralement répréhensible.
Le téléchargement illégal, contrairement au vol, ne saurait être motivé par la survie ou par des difficultés économiques extrêmes.
L'art peut aussi être une profession. Il n'y a pas de service palpable rendu aux individus ou à la société, mais il y a bien un service rendu, service que certains jugeront comme superflu. On est quand même un espèce intellectuelle et émotionnelle qui a parfois besoin de distraction.
Dans une démocratie, le peuple ne fait pas forcément ce qu'il veut. Le fait d'être nombreux ne justifie pas que le comportement de la majorité porte préjudice aux intérêts d'une minorité - aussi puissante qu'elle soit. Autrement, on ne serait pas en démocratie, mais dans une dictature de la Plèbe.
Les entreprises du spectacles enregistré font aussi partie du peuple, elles ont autant le droit de défendre leur bifteck que l'ouvrier moyen, mais cela doit se faire en respectant le droit des autres.
Tu as fait preuve d'une grande honnêteté intellectuelle, mais tu n'a pas fait preuve d'honnêteté économique en ayant les moyens de faire vivre des artistes (même si certains s'en mettent plein les poches) et en choisissant la loi à la fois de l'illégalité et de l'immoralité.
Je pense que pour se conformer à la morale (cette loi à laquelle tout le monde est censé obéir sans y être obligé) Il y a deux possibilités : Soit on cherche la gratuité et là on se dirige vers des services comme Jamendo ou Magnatune, mais là il faut trier soi-même (encore qu'il faudrait soutenir un peu les artistes), soit on cherche la facilité et là on doit payer les producteurs pour leur travail de tri (et d'amélioration du médiocre) et les artistes aussi.
Pour résumer : HADOPI, c'est peut-être (très) mal, mais La mule à mp3 que tu charges tous les soirs c'est tout aussi mal (sauf si c'est des mp3 CC), n'en déplaise à certains.
# Pourquoi je pense que tu as tort
Posté par marahi . En réponse au journal Confession(s) d'un pirate. Évalué à 5.
Mais :
Tu as fait preuve d'une grande honnêteté intellectuelle, mais tu n'a pas fait preuve d'honnêteté économique en ayant les moyens de faire vivre des artistes (même si certains s'en mettent plein les poches) et en choisissant la loi à la fois de l'illégalité et de l'immoralité.
Je pense que pour se conformer à la morale (cette loi à laquelle tout le monde est censé obéir sans y être obligé) Il y a deux possibilités : Soit on cherche la gratuité et là on se dirige vers des services comme Jamendo ou Magnatune, mais là il faut trier soi-même (encore qu'il faudrait soutenir un peu les artistes), soit on cherche la facilité et là on doit payer les producteurs pour leur travail de tri (et d'amélioration du médiocre) et les artistes aussi.
Pour résumer : HADOPI, c'est peut-être (très) mal, mais La mule à mp3 que tu charges tous les soirs c'est tout aussi mal (sauf si c'est des mp3 CC), n'en déplaise à certains.