• # On touche un probleme bien plus grave qu'on ne le veuille

    Posté par . En réponse au sondage Quelle énergie pour demain ?. Évalué à 1.

    On touche un probleme bien plus grave qu'on ne le veuille.

    La question de quelle énergie on souhaite n'a aucun sens si l'on ne se pose pas certaines questions primordiales :
    - sommes nous pret à remettre en cause notre mode de vie (dans des habitations individuel, mal relié par un transport en commun performant et garanti)?
    - sommes nous pret à nous passer d'un choix de consommation large ?

    Il est assez facile de dire qu'il faille moins de croissance et moins de consommation, mais ce qu'il faut savoir, c'est que si l'on bloque la croissance, on fait exploser le chomage, et ça pousse des milliers de gens dans la rue, et ça, aucun politique ne peut se résoudre à faire cela.

    A partir des années 60 et la démocratisation des véhicules individuel, bon nombre de personne ont investi dans les pavillons de banlieux et ne peuvent plus se passer de leur voiture pour aller travailler/sortir/vivre. De même on va chercher son travail plus loin. Les villages se sont désertés car les jeunes ne veulent plus, en majorité, des conditions de vie de leur ainés. La voiture est devenu indispensable à chacun.

    Les transports en commun gagnent à être développé, mais tant que les agents économiques auront le choix, ils sélectionneront le mode de transport le plus adapté à leur yeux : 1h30 de train/bus/ ou 25 mins de voiture? Certains choisessent le premier cas, mais la majorité préférera le confort de la voiture individuel, et on ne peut pas leur reprocher s'ils en ont les moyens (lire "s'il estiment qu'il y a plus d'avantage à prendre leur véhicule que le transport en commun). Dès que l'on s'éloigne du centre ville, les transports en commun sont un enfer

    On crie sur les grandes surfaces et leur offre abondantes, mais si ces grandes surfaces font le bonheur des "ménagères de moins de 50 ans", c'est bien que le prix est moins élevé, le choix est plus grand, bref, l'agent économique que nous sommes voit plus d'intéret à aller comparer les prix dans un ou plusieurs grands magasins que dans son quartier.

    Tout ça pour dire, que l'on a un probleme dicotomique impossible à comprendre dans son ensemble, et qu'au fond, très peu en ont même conscience : en tant qu’individus, j'ai des intérêts complètement opposé à ceux de la société. En tant qu'agent économique, je fais des choix qui sont à l'opposé de ceux que ferait une entité "global". En tant que consommateur, j'ai des intérêt aussi diamétralement opposé que celui de salarié (pour reprendre l'opposition consommation/salarié).

    Et pour moi il n'y a aucune solution "d'en bas". Les économies d'énergie à petite échelle ne servent à rien. Rien du tout. C'est uniquement par la contrainte (surtout financière) que l'on peut orienté un "comportement" global. Et donc par les politiques qui doivent dire ce que les gens ne peuvent, ne veulent pas entendre.
    Il ne se trouve aucun politique qui pourra dire par exemple :
    - nos enfants vivront moins bien que nous. C'est pas la fin du monde, mais c'est comme ça. Les pays émergents viendront nous rejoindre dans notre "niveau" de vie, peut être pas complètement, car ils ont vraiment une concentration démographique très élevé.
    - on doit accepter d'avoir moins de choix plus tard, et de payer plus cher son essence, son électricité.
    - il y a une augmentation du chomage parce qu'on limite la croissance. C'est discutable, le lien croissance/chomage est assez floue, mais il n'y a pas d'exemple de décroissance dans un environnement ouvert sans explosion de chomage. Dans des endroits confiné, comme certains petits villages en angleterre qui ont décidé d'appliquer une décroissance, ça peut marcher, bien sur, comme les villages mormons fonctionnent très bien en autarcie depuis des années. Mais appliquer cela à l'échelle d'un pays n'a jamais été fait. Bref, aucun politique ne peut défendre une "décroissance".

    Tout cela pour revenir aux choix de l'énergie. Le nucléaire est la solution actuelle de la france, et si on arrive à la remplacer par des énergies renouvellable, on sera très content. Mais baisser la consommation globale me semble une utopie si on agit par fortement sur le prix (le fameux effet rebond). Donc rien ne sert de faire une voiture qui consomment 1 L/100km si on continue d'augmentation la consommation.

    Enfin, tout le monde est a peut pret d'accord pour diminuer notre consommation d'énergie fossile, et on parle tous des différents moyens de remplacer la voiture car c'est le bien le plus "visible". Mais comment faire pour certaines applications:
    - le plastique dans les jouets, les embalages? si les industriels l'utilisent, c'est qu'il a de gros avantages sur le bois ou autre matérieux : hygiene, cout, ....
    - agriculture : le bio est bien sympathique, mais convertir toute la surface agricole francaise en bio est impossible. Et puis, il faut du pétrole à mettre dans son tracteur et les camions!
    - transport maritime : tout ça fonctionne au diesel. Vous connaissez un seul projet de porte conteneur électrique?
    - aviation : peut on s'en passer aujourd'hui? Les revenus touristiques sont indispensables pour bon nombres de pays, couper l'aviation et on tue des régions entière. Quant à l'avion solaire, c'est une superbe réalisation, mais sans application immédiate
    - transport routier : le fret peut remplacer bon nombre de camion, mais pas la majorité. Et tous les engins de chantiers?
    - médical, etc => on utilise les hydrocarbures énormément aussi. Aucun candidat pour remplacer les dérivés du pétrole ici.

    Ainsi, le fossile on ne peut s'en passer, sans forcer les gens à faire un choix qu'ils n'acceptent pas. Le nucléaire a une énorme importance en France impossible à compenser dans l'immédiat. Faire un choix brutal et émotionnel comme l’Allemagne ? Je ne pense pas que ce soit possible (part du nucléaire trop important,...).

    Quant à ITER ou l'hypothétique fusion, je pense qu'il faut continuer dans ses directions, mais que ça reste une fuite en avant. Une autre solution : augmenter le prix de l'énergie drastiquement pour réorienter les industries sur des produits moins consommant ET limité l'effet rebond.

    My 2 cents,