• [^] # Re: J'aime bien le nucléaire

    Posté par . En réponse au journal [ HS ] : Pourquoi le gouvernement fait le choix d’une électricité chère et dangereuse. Évalué à 3.

    Un démonstrateur est prévu dans les cinq prochaines années. Si un boost politique et économique est mis autour de ce type d'installations, alors une utilisation commerciale pourrait suivre rapidement. Disons donc, estimation optimiste, dans une fourchette de 10 ans.

    Extraits de ce que disaient messieurs Heuer et Loiseaux, du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS, en 2003 :

    « S'il ne peut être écarté des options futures, un développement de la filière du nucléaire ne pourra pas reposer sur le modèle actuel. Il devra répondre aux exigences fortes de sécurité, de compétitivité énergétique et d'un développement durable passant par une meilleure gestion des déchets radioactifs et des réserves naturelles »

    « Les choix énergétiques doivent être logiques et non dirigés par les seuls intérêts économiques des industriels du secteur. C'est la raison pour laquelle il est important qu'une recherche académique soit menée4. Elle doit être le garant d'une transparence et d'une diffusion objective des connaissances. »

    Et malheureusement, ce dernier paragraphe semble entrer en contradiction avec le choix effectivement retenu (celui ayant reçu le plus grand soutien et le plus de développement : l'EPR) Puisque l'EPR à l'avantage d'utiliser du MOX et de produire plus de matières fissiles qu'il n'en consomme. Mais le désavantage... d'utiliser du MOX et que la matière fissile produite est bien plus délicate à manipuler (dans le sens "cycle global" : dans la chaîne du réacteur, dans son transport, dans son stockage, et dans son recyclage). Bref le choix qui a été fait semble bien être un choix purement commercial, à court terme. La multiplication de l'usage du plutonium ne semble pas être un choix réellement rationnel, vu la dangerosité potentiel du produit.

    « Ce scénario permettrait une multiplication des réacteurs, mais ne suffirait pas pour atteindre raisonnablement la production envisagée pour 2050. S'il permet le recyclage du plutonium, il présente l'inconvénient majeur de le faire circuler en très grande quantité, ce qui rend la filière difficile à gérer »

    Bref, j'espère qu'une impulsion politique et économique forte va se mettre en place rapidement pour un "après EPR" (effectivement), afin que cette technologie (s'il s'avère de manière concertée par les spécialistes, qu'il s'agit bien de la meilleure solution à la fois pour la question du combustible initial, et à la fois pour la question du cycle de déchets ensuite, le tout mis en balance sur la sureté de fonctionnement même si complexité de l'installation) bénéficie rapidement de toutes les attentions. Il y a 8 ans le CNRS disait possible un démonstrateur en 2018, reste à espérer qu'il n'est pas trop tard pour valoriser cette solution, en lieu et place de l'usage du plutonium comme combustible.