Posté par gouttegd .
En réponse au journal Unicode.
Évalué à 4.
Tu n'auras pas le choix, tu te poseras toujours la question de l'encodage.
Bah ça fait pourtant des années que je ne me la suis pas posée. Tant que je reste chez moi, la question ne ne pose pas parce que tout est en UTF-8. Je n’ai pas besoin de me demander, au moment de sauver un fichier, « quels caractères contient-il et quel encodage devrais-je utiliser ? »
Lorsque le fichier sort de chez moi, pareil : je l’envoie sans me soucier de son encodage. Mon client mail ajoute automatiquement un en-tête Content-Type: text/plain; charset=UTF-8. Comment mon client mail sait-il que le fichier est en UTF-8 ? Je n’ai pas regardé, mais je suppose sur un système dont la locale est en_US.UTF-8, il considère que les pièces jointes sont en UTF-8 par défaut, ce qui est exactement ce que je veux (si je me mettais à utiliser un autre encodage, là je serais sans doute obligé de le spécifier manuellement — c’est exactement ce que je ne veux pas).
Lorsque le fichier vient de l’extérieur (reçu par e-mail, téléchargé depuis la toile, etc.), la question de l’encodage ne se posera que si « l’émetteur » du fichier n’a pas précisé l’encodage (serveur web mal configuré, balise « META » absente, client mail n’envoyant pas d’en-tête MIME...). Ça arrive encore quelque fois, mais je constate que ça devient très rare. Des collègues ou amis qui ne savent probablement même pas ce qu’est un « encodage de caractères » parviennent à m’envoyer des fichiers que mon éditeur n’a aucune peine à afficher correctement. Ou bien je les sous-estime et ils savent en réalité tout de cette problématique, ou bien leurs systèmes et leurs logiciels arrivent très bien à gérer cette épineuse question de façon transparente (ce qui, je le répète, est pour moi la moindre des choses).
Biographie que tu publies en texte brut ? non, tu le feras en PDF ou en HTML, langages dans lesquels tu n'auras aucun soucis et qui n'impliquent aucune locale spécifique.
Encore une fois, non, je ne vais pas systématiquement utiliser LaTeX pour le moindre petit bout de document que je peux avoir besoin d’écrire. LaTeX (ou tout autre système de traitement de texte) répond à un besoin bien précis, pas à tous.
Je ne comprends pas. Tu te plains de l’augmentation de complexité induite par UTF-8, mais tu pousses à l’utilisation d’usines à gaz à la place ?
De plus, combien de gens vont connaître la différence de prononciation entre Macůrek et Macurek ?
Je ne la connais pas, personnellement. Est-ce une raison pour écorcher le nom ?
Certes, la francisation des noms est tout-à-fait acceptable quand on ne peux pas faire autrement (Angström voire Angstrœm au lieu de Ångström, Ceausescu au lieu de Ceauşescu, Sarkozy au lieu de Sarközy...). Mais justement, avec UTF-8 il est possible de faire autrement, et ce en toutes circonstances (et non pas uniquement quand on prépare un document destiné à la publication avec LaTeX). Pourquoi faudrait-il s’en priver ? Parce que des informaticiens à l’esprit étroit ne voyant pas plus loin que le bout de leurs frontières ont décidé que 256 caractères suffiraient bien pour tout le monde (sont-ce les mêmes informaticiens que ceux qui ont dit que personne n’aurait jamais besoin de plus de 640 ko de mémoire ?), et que pour les « exotiques » (comprendre, les non-occidentaux), bah tant pis mais ça ne va pas être possible ?
Granted, si j’écris « Macurek et al. (2008) » au lieu de « Macůrek et al. (2008) », je ne connais personne qui m’en tiendra rigueur (surtout pas mon chef, pourtant d’originaire d’Europe orientale, qui n’en aura rien à cirer). Mais moi, ça me dérangera. Mon troisième prénom est Jean-Noël, et en bon vieux con briseur de noix qui se respecte, je n’aimerais pas le voir écrit Jean-Noel par un étranger au motif fallacieux que son encodage régional ne contient pas de « ë ».
Enfin, n'oublie pas également que des générations d'écrivains ont employé des machines à écrire à disposition azerty, puis des traitements de texte avec des encodages limités (pas de cadratin &cie.).
Et des générations de typographes ont utilisé tout l’éventail des caractères disponibles, n’hésitant pas à en inventer quand il le fallait. Et des générations d’écrivains ont écrit à la main sans jamais être freiné par la moindre limitation technique. Le caron (le diacritique ˇ) utilisé pour transcrire certains phonèmes des langues slaves a été inventé au quinzième siècle, et a longtemps été utilisé sans problèmes par ceux qui en avaient besoin. Il n’y avait pas d’informaticiens ou de constructeur de machines à écrire en ce temps-là pour dire « arrêtez d’avoir des idées, on n’a pas de place pour les encoder. »
Ce n’est pas parce qu’on a connu au vingtième siècle une période où les limitations techniques étaient fortes qu’il faudrait considérer lesdites limites comme allant de soi sans jamais chercher à les dépasser.
Avec un raisonnement comme le tien, Donald Knuth se serait contenté du rendu médiocre de son livre The Art of Computer Programming que lui proposaient les logiciels de composition des années 70, et il n’aurait jamais écrit TeX...
Le double-guillemet droit en lieu et place du chevron fait sûrement s'étrangler les vieilles barbes de l'Académie Française, il n'empêche pas le français d'être du français.
Pour autant que je sache, l’Académie française (pas de majuscule à « française » ici) ne se préoccupe pas des questions de typographie. Mais il y a d’autres vieux cons (et des moins vieux, merci) que le guillemet droit fait s’étrangler.
[^] # Re: Utilité
Posté par gouttegd . En réponse au journal Unicode. Évalué à 4.
Bah ça fait pourtant des années que je ne me la suis pas posée. Tant que je reste chez moi, la question ne ne pose pas parce que tout est en UTF-8. Je n’ai pas besoin de me demander, au moment de sauver un fichier, « quels caractères contient-il et quel encodage devrais-je utiliser ? »
Lorsque le fichier sort de chez moi, pareil : je l’envoie sans me soucier de son encodage. Mon client mail ajoute automatiquement un en-tête
Content-Type: text/plain; charset=UTF-8. Comment mon client mail sait-il que le fichier est en UTF-8 ? Je n’ai pas regardé, mais je suppose sur un système dont la locale esten_US.UTF-8, il considère que les pièces jointes sont en UTF-8 par défaut, ce qui est exactement ce que je veux (si je me mettais à utiliser un autre encodage, là je serais sans doute obligé de le spécifier manuellement — c’est exactement ce que je ne veux pas).Lorsque le fichier vient de l’extérieur (reçu par e-mail, téléchargé depuis la toile, etc.), la question de l’encodage ne se posera que si « l’émetteur » du fichier n’a pas précisé l’encodage (serveur web mal configuré, balise « META » absente, client mail n’envoyant pas d’en-tête MIME...). Ça arrive encore quelque fois, mais je constate que ça devient très rare. Des collègues ou amis qui ne savent probablement même pas ce qu’est un « encodage de caractères » parviennent à m’envoyer des fichiers que mon éditeur n’a aucune peine à afficher correctement. Ou bien je les sous-estime et ils savent en réalité tout de cette problématique, ou bien leurs systèmes et leurs logiciels arrivent très bien à gérer cette épineuse question de façon transparente (ce qui, je le répète, est pour moi la moindre des choses).
Encore une fois, non, je ne vais pas systématiquement utiliser LaTeX pour le moindre petit bout de document que je peux avoir besoin d’écrire. LaTeX (ou tout autre système de traitement de texte) répond à un besoin bien précis, pas à tous.
Je ne comprends pas. Tu te plains de l’augmentation de complexité induite par UTF-8, mais tu pousses à l’utilisation d’usines à gaz à la place ?
Je ne la connais pas, personnellement. Est-ce une raison pour écorcher le nom ?
Certes, la francisation des noms est tout-à-fait acceptable quand on ne peux pas faire autrement (Angström voire Angstrœm au lieu de Ångström, Ceausescu au lieu de Ceauşescu, Sarkozy au lieu de Sarközy...). Mais justement, avec UTF-8 il est possible de faire autrement, et ce en toutes circonstances (et non pas uniquement quand on prépare un document destiné à la publication avec LaTeX). Pourquoi faudrait-il s’en priver ? Parce que des informaticiens à l’esprit étroit ne voyant pas plus loin que le bout de leurs frontières ont décidé que 256 caractères suffiraient bien pour tout le monde (sont-ce les mêmes informaticiens que ceux qui ont dit que personne n’aurait jamais besoin de plus de 640 ko de mémoire ?), et que pour les « exotiques » (comprendre, les non-occidentaux), bah tant pis mais ça ne va pas être possible ?
Granted, si j’écris « Macurek et al. (2008) » au lieu de « Macůrek et al. (2008) », je ne connais personne qui m’en tiendra rigueur (surtout pas mon chef, pourtant d’originaire d’Europe orientale, qui n’en aura rien à cirer). Mais moi, ça me dérangera. Mon troisième prénom est Jean-Noël, et en bon vieux con briseur de noix qui se respecte, je n’aimerais pas le voir écrit Jean-Noel par un étranger au motif fallacieux que son encodage régional ne contient pas de « ë ».
Et des générations de typographes ont utilisé tout l’éventail des caractères disponibles, n’hésitant pas à en inventer quand il le fallait. Et des générations d’écrivains ont écrit à la main sans jamais être freiné par la moindre limitation technique. Le caron (le diacritique ˇ) utilisé pour transcrire certains phonèmes des langues slaves a été inventé au quinzième siècle, et a longtemps été utilisé sans problèmes par ceux qui en avaient besoin. Il n’y avait pas d’informaticiens ou de constructeur de machines à écrire en ce temps-là pour dire « arrêtez d’avoir des idées, on n’a pas de place pour les encoder. »
Ce n’est pas parce qu’on a connu au vingtième siècle une période où les limitations techniques étaient fortes qu’il faudrait considérer lesdites limites comme allant de soi sans jamais chercher à les dépasser.
Avec un raisonnement comme le tien, Donald Knuth se serait contenté du rendu médiocre de son livre The Art of Computer Programming que lui proposaient les logiciels de composition des années 70, et il n’aurait jamais écrit TeX...
Pour autant que je sache, l’Académie française (pas de majuscule à « française » ici) ne se préoccupe pas des questions de typographie. Mais il y a d’autres vieux cons (et des moins vieux, merci) que le guillemet droit fait s’étrangler.
Encore une fois, tu es parfaitement libre de continuer à utiliser un encodage européen occidental si tes besoins ne vont pas au-delà. Mais dans la vie réelle (© 2011 dr_home), tes besoins et tes attentes ne sont pas ceux de tout le monde.