[À propos des artistes dont le travail a été pillé et enregistré à leur place auprès de la Sacem] Raison de plus, pour eux, d'éviter la Sacem. Autrement dit, l'argument n'est pas tant "ce n'est pas gentil avec le public" que "ce n'est pas bon pour vous non plus".
Soyons bien clairs: je n'aime pas la Sacem, telle qu'elle est aujourd'hui. Cependant, pour un artiste plus ou moins indépendant, il existe un équilibre fragile entre « être vraiment libre » et « s'assurer que mon travail me rapporte suffisamment pour vivre ». Pour assurer le deuxième point, l'idée d'une organisation qui se charge de faire respecter les droits des artistes a forcément beaucoup d'attrait. Surtout quand elle a suffisamment de pouvoir pour faire chier les gens qui transgressent le droit d'auteur (après, comment est appliqué le droit d'auteur, quand faut-il reverser une œuvre dans le domaine public, etc., c'est une autre histoire).
Le théâtre n'a pas lancé de lobbying anti-Internet, tout simplement parce qu'il n'est pas copiable, pas numérisable. Du coup, je ne finance pas la privation des libertés fondamentales en allant au théâtre.
Il existe tout plein de DVD de pièces filmées. De la même manière, une interprétation d'une œuvre classique (concerto, symphonie, etc.) n'est pas libre de droit, etc., et peut être enregistrée lors d'un concert, puis revendue.
Je me fais l'avocat du diable ici, mais je pense que le problème est systémique, et que ne combattre « que » l'industrie du disque ou du cinéma « hollywoodien » n'est pas cohérent avec la façon dont le système fonctionne dans sa totalité.
Enfin, depuis que je suis ici (USA), je n'ai pas la télé, mais il existe des services tels que Hulu (gratuit avec un peu de pub, mais rien de comparable avec la télé normale, ou même la pub télé en France, avec plus de choix si on prend un abonnement relativement peu cher) ou Netflix (payant) pour accéder à du contenu plutôt varié, parfois très intéressant.
J'ajoute que j'achète mes DVD et CD, mais que je les rippe systématiquement (pour des raisons pratiques, et parce que les protections sur DVD ou CD ça me casse les couilles), et que plus j'entends parler de lois telles que celles dont on parle dans ce journal (extension du droit d'auteur ou du copyright) ou d'autres (HADOPI, etc), plus j'ai envie de transgresser ces dernières, car justement elles sont injustes. Une loi réellement injuste doit être combattue, et il est normal de lui désobéir. J'ai bâti ma culture sur la réutilisation d'œuvres que d'autres m'ont soit donnés (bédés, livres, disques, etc.), soit que j'ai copiés sur des cassettes ou CD vierges (ou même récupéré depuis Napster, etc).1
Dernière chose:
Bref, tu fais comment pour t'occuper les longues soirées d'hiver ?
Waw, heureusement qu'on n'a pas attendu les lobbyes de l'industrie audiovisuelle pour avoir une vie culturelle. Hé, ils sont tout récents dans l'histoire de l'humanité.
C'était une boutade. :-)
1 Et là, je fais une référence vers le bouquin de F. Latrive, Du bon usage de la piraterie, ou du deuxième volume de l'Antimanuel d'économie, de B.Maris. De l'abondance vient la richesse.
[^] # Re: Réputation
Posté par lasher . En réponse au journal Extension de la protection des œuvres musicales. Évalué à 4.
Soyons bien clairs: je n'aime pas la Sacem, telle qu'elle est aujourd'hui. Cependant, pour un artiste plus ou moins indépendant, il existe un équilibre fragile entre « être vraiment libre » et « s'assurer que mon travail me rapporte suffisamment pour vivre ». Pour assurer le deuxième point, l'idée d'une organisation qui se charge de faire respecter les droits des artistes a forcément beaucoup d'attrait. Surtout quand elle a suffisamment de pouvoir pour faire chier les gens qui transgressent le droit d'auteur (après, comment est appliqué le droit d'auteur, quand faut-il reverser une œuvre dans le domaine public, etc., c'est une autre histoire).
Il existe tout plein de DVD de pièces filmées. De la même manière, une interprétation d'une œuvre classique (concerto, symphonie, etc.) n'est pas libre de droit, etc., et peut être enregistrée lors d'un concert, puis revendue.
Je me fais l'avocat du diable ici, mais je pense que le problème est systémique, et que ne combattre « que » l'industrie du disque ou du cinéma « hollywoodien » n'est pas cohérent avec la façon dont le système fonctionne dans sa totalité.
Enfin, depuis que je suis ici (USA), je n'ai pas la télé, mais il existe des services tels que Hulu (gratuit avec un peu de pub, mais rien de comparable avec la télé normale, ou même la pub télé en France, avec plus de choix si on prend un abonnement relativement peu cher) ou Netflix (payant) pour accéder à du contenu plutôt varié, parfois très intéressant.
J'ajoute que j'achète mes DVD et CD, mais que je les rippe systématiquement (pour des raisons pratiques, et parce que les protections sur DVD ou CD ça me casse les couilles), et que plus j'entends parler de lois telles que celles dont on parle dans ce journal (extension du droit d'auteur ou du copyright) ou d'autres (HADOPI, etc), plus j'ai envie de transgresser ces dernières, car justement elles sont injustes. Une loi réellement injuste doit être combattue, et il est normal de lui désobéir. J'ai bâti ma culture sur la réutilisation d'œuvres que d'autres m'ont soit donnés (bédés, livres, disques, etc.), soit que j'ai copiés sur des cassettes ou CD vierges (ou même récupéré depuis Napster, etc).1
Dernière chose:
C'était une boutade. :-)
1 Et là, je fais une référence vers le bouquin de F. Latrive, Du bon usage de la piraterie, ou du deuxième volume de l'Antimanuel d'économie, de B.Maris. De l'abondance vient la richesse.