• [^] # Re: Philosophie != religion

    Posté par . En réponse au journal fusion ou fission autour du nucléaire ?. Évalué à 6.

    Bien pire : le couple hélium-graphite. Je n'ai pas commenté dans le journal, mais à mon humble avis ce truc est une vraie merde. Et malheureusement déjà en production dans certains pays... (pas ici). En fait la conception du coeur, dit "à refroidissement passif" (il n'est pas refroidi ni par de l'eau, quelque soit le procédé il y a souvent, majoritairement, de l'eau) demande pour cela une conception radicalement différente. Quelques mots dessus :

    Les hautes températures :
    L'hélium permet d'atteindre des températures de plus de 800°c parait il (pour 400°c pour un pwr)
    Tout autour doit être conçu pour supporter cela (...)
    Un circuit classique de dissipation de la chaleur pour exploitation est in-envisageable. On recours donc à des "billes" d'oxyde d'uranium (ou de plutonium, ou de plutonium militaire) noyées dans du graphite. Une fois ces éléments pressés ensemble, ces plaques seront plongées dans un "bain", un flux, d'hélium. Cette invention est un déchet (...), en fait, des recherches sur le moteur VASMR. Les avantages sont nombreux : le coeur ne peut pas fondre, le rendement passe de ~ 30% (tjs pour un pwr) à 50%. De plus le coeur peux résister à des températures dépassant les 1500°c, ce qui en cas de problème, est à prendre en compte... bon point. Bref, le rêve sur le papier. Mais deux points sont également à prendre en compte : l'accès à l'installation. Extrèmement difficile, voir impossible. Ce qui confère à l'installation un besoin presque intrinsèque d'être enterrée. Ce qui rends difficile la maintenance, dans tout les cas. Ce qui en fait donc des installations performantes mais à durée de vie faible (en comparatif d'autres types). Mais ce n'est pas fini, car la durée de vie faible des installations fait qu'on serait obliger de multiplier le nombre d'installation géographiquemen plus rapidement pour répondre aux besoins que le temps nécessaires à la désintallation des précédents... Enfin les micro-billes en fin de vie sont extrèmement difficile à recycler et à traire comme déchet.

    Bref, une grosse merde. Dans laquelle pas mal de pays s'étaient engagés, puis ont finalement choisis d'autres voies (certains sont néanmoins en production en Afrique du Sud et en Chine, donc). S'il y a un nucléaire à combattre, à mon humble avis, c'est celui ci. Il représente la quintessence de la primauté de la recherche d'intérêts à court terme contre l'intérêt national et/ou public.

    D'ailleurs la notion de géographie, d'occupation du terrain, devrait aussi être prise en compte avant de prendre une décision telle que la non-prolongation de la vie des réacteurs actuels, s'il n'y a pas de remplaçants hors-nucléaires prêts (prêts pas en terme de rendement pur bien sûr, simplement prêt en terme de quantité rapport besoins). Se dire que "les centrales sont vieilles, hop on les arrêtes" n'est pas la solution la moins dangereuse à moyen-long terme. Cela ressemblerait en tout cas à une décision poujadiste et démagogique. Mieux vaut ré-utiliser les mêmes implémentations géographiques plutôt que de les multiplier. Que cela soit par entretien de l'existant, mais aussi par re-construction de nouveaux.

    L'EPR est certainement une bonne solution, du moins nettement la meilleure à l'heure actuelle, pour des pays souhaitant s'équiper "pour la première fois" et pour longtemps. Aussi pour des pays faiblement équipés et souhaitant passés à l'échelle au dessus. Il semble conférer la sécurité nécessaire à l'utilisation du MOX. Bien sûr le MOX est une saloperie, c'est très clair. Ce qui est à redouter c'est son utilisation dans des réacteurs classiques. Beaucoup moins si installations d'exploitation sont prévues pour à la conception, et si installations de recyclages aussi. L'EPR en France ? perso (tjs humble toussa) je n'y vois strictement aucun intérêt par contre, nous sommes déjà fortement équipé.

    Par contre, ici, deux voies sont intéressantes. La première c'est le "réacteur hybride" car il permet de recycler en combustible des éléments vraiment très embêtants (...) Il complète donc parfaitement un par existant. La seconde c'est celle d'avenir : le Thorium.

    Tout ceci dans deux objectifs essentiels :
    la part du nucléaire ne devrait représenter que la part laisser par les autres productions (...)
    les déchets devraient être exploités au maximum afin d'obtenir des déchets finaux dont la demi-vie ne dépasse pas 50 ou 60 ans...