Voilà qui est plus que juste. Une bonne manière de préparer l'événement pourrait être de se faire une liste de points que l'on souhaite mentionner. Avoir sous le coude quelques questions mentionnant des points comme :
le fait que le système des brevets n'a pas toujours été considéré comme allant de soi, mais qu'il a longtemps été perçu comme immoral par une partie importante de la population et même de « l'élite » — cf. Bunsen :-) — à laquelle il est pourtant favorable ;
le point de vue « impérialiste » : à travers l'OMC essentiellement, les brevets sont une arme employée à freiner le développement des pays pauvres en évitant aux anciennes puissances coloniales le soucis d'innover pour rester concurentielles ;
ce faisant ils sont d'ailleurs une arme à double tranchant puisqu'ils sont l'une des sources de la stagnation économique des anciens pays industrialisés ;
le fait que les brevets ne sont qu'une continuation nomminale, logique, et historique d'une partie du système de privilèges de l'anciens régime.
les dérives bien connues du système de brevet (brevets sous-marins ; brevets abscons au langage si torturé qu'il ne permet plus de comprendre l'invention mais juste d'intenter des poursuites ; brevets flous permettant de poursuivre tout et n'importe quoi ; surcharges des opérateurs délivrant les brevets et corollaire brevets descernés sans fondement ; inflation constante et monstueuse du coût de ce système — 15% de croissance par ans dit-on — pour l'économie ; citation bien connue de William Portes se félicitant de la perversité des brevets ...).
L'essentiel comme le dit KiKoun serait de faire savoir à l'auditoire que le brevet ne va pas de soi ; qu'il n'est pas anormal de se poser des questions sur son intérêt social et économique ; que ses fondements moraux ne sont pas d'une évidence flagrante et vertueuse.
Mais par-dessus tout j'aimerais insisté sur ce qui n'est qu'évoqué dans ce qui précède. L'art oratoire en est vraiment un. Et pas au sens de la performence dadaïste mais au sens où se faire orateur demande un apprentissage technique et pratique important. Particulièrmenent en ce qui concerne la joute ou confrontation de points de vue. Le danger le plus évident c'est de se retrouver désarçonner par les répliques d'un locuteur que l'on chercher à convaincre. Et la parade la plus simple consiste à ne surtout pas viser cet objectif ! Oui, le mieux est certainement de garder en ligne de mire cette cible réaliste : mentionner toutes ses objections et arguments. Ne surtout pas rentrer dans une dialectique et chercher à emporter la conviction. De toutes façons cette dernière a ses raisons que la raison ignore et qui ne se résolvent que dans le fort intérieur de chacun.
Pour en revenir sur l'aspect artistique du discours, une préparation pratique est quasiment indispensable. Après tout les bases du discours de l'INPI sont bien connues. alors pourquoi ne pas demander à un collègue de venir jouer l'adversaire ; même et surtout avec le plus de mauvaises foi possible. Cela permet de se préparer. Ma propre expérience est qu'il est très aisée de discuter en soi même des sujets qui nous tiennent à cœur ; et qu'en même temps, ce sont ceux pour lesquels les mots nous viennent le plus à manquer face à l'opposition. J'insiste ; une seule solution : l'entrainement.
[^] # Re: mieux comprendre leurs positions et rhétorique
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au journal [Entretien] Intervenant de l'INPI. Évalué à 5.
Voilà qui est plus que juste. Une bonne manière de préparer l'événement pourrait être de se faire une liste de points que l'on souhaite mentionner. Avoir sous le coude quelques questions mentionnant des points comme :
le fait que le système des brevets n'a pas toujours été considéré comme allant de soi, mais qu'il a longtemps été perçu comme immoral par une partie importante de la population et même de « l'élite » — cf. Bunsen :-) — à laquelle il est pourtant favorable ;
le point de vue « impérialiste » : à travers l'OMC essentiellement, les brevets sont une arme employée à freiner le développement des pays pauvres en évitant aux anciennes puissances coloniales le soucis d'innover pour rester concurentielles ;
ce faisant ils sont d'ailleurs une arme à double tranchant puisqu'ils sont l'une des sources de la stagnation économique des anciens pays industrialisés ;
l'existance de sources et études sérieuses contestant le bien fondé et l'apport des brevets à l'économie ;
le fait que les brevets ne sont qu'une continuation nomminale, logique, et historique d'une partie du système de privilèges de l'anciens régime.
les dérives bien connues du système de brevet (brevets sous-marins ; brevets abscons au langage si torturé qu'il ne permet plus de comprendre l'invention mais juste d'intenter des poursuites ; brevets flous permettant de poursuivre tout et n'importe quoi ; surcharges des opérateurs délivrant les brevets et corollaire brevets descernés sans fondement ; inflation constante et monstueuse du coût de ce système — 15% de croissance par ans dit-on — pour l'économie ; citation bien connue de William Portes se félicitant de la perversité des brevets ...).
L'essentiel comme le dit KiKoun serait de faire savoir à l'auditoire que le brevet ne va pas de soi ; qu'il n'est pas anormal de se poser des questions sur son intérêt social et économique ; que ses fondements moraux ne sont pas d'une évidence flagrante et vertueuse.
Mais par-dessus tout j'aimerais insisté sur ce qui n'est qu'évoqué dans ce qui précède. L'art oratoire en est vraiment un. Et pas au sens de la performence dadaïste mais au sens où se faire orateur demande un apprentissage technique et pratique important. Particulièrmenent en ce qui concerne la joute ou confrontation de points de vue. Le danger le plus évident c'est de se retrouver désarçonner par les répliques d'un locuteur que l'on chercher à convaincre. Et la parade la plus simple consiste à ne surtout pas viser cet objectif ! Oui, le mieux est certainement de garder en ligne de mire cette cible réaliste : mentionner toutes ses objections et arguments. Ne surtout pas rentrer dans une dialectique et chercher à emporter la conviction. De toutes façons cette dernière a ses raisons que la raison ignore et qui ne se résolvent que dans le fort intérieur de chacun.
Pour en revenir sur l'aspect artistique du discours, une préparation pratique est quasiment indispensable. Après tout les bases du discours de l'INPI sont bien connues. alors pourquoi ne pas demander à un collègue de venir jouer l'adversaire ; même et surtout avec le plus de mauvaises foi possible. Cela permet de se préparer. Ma propre expérience est qu'il est très aisée de discuter en soi même des sujets qui nous tiennent à cœur ; et qu'en même temps, ce sont ceux pour lesquels les mots nous viennent le plus à manquer face à l'opposition. J'insiste ; une seule solution : l'entrainement.
Bon courage, et bon travail.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace