Ce journal (et les réactions qui vont avec) est vraiment très intéressant.
Personnellement, j'ai eu mon premier ordinateur à l'âge de 12 ans, en 1994. C'était un Macintosh, et tout ce que je connaissais de l'informatique se résumait à un peu de Windows 3.1 et MS Works.
Très vite, j'ai été celui qu'on qualifiait de "petit génie en informatique" même si c'était totalement injustifié. Je devais tout expliquer, dans les moindres détails, à mon entourage proche et moins proche - y compris des gens sous Windows qui me demandaient de venir leur installer un logiciel parce qu'ils ne savaient pas faire - moi non plus soit-dit en passant, mais je savais double-cliquer !
On me demandait des explications claires et surtout linéaires (ce qui est impossible, même avec l'interface la plus simple du monde). Bien sûr, on me demandait aussi de tout dépanner. Cela a duré avec mes proches jusqu'à l'apparition de la photographie numérique : à ce moment, il leur est devenu vraiment insupportable de tout envisager sous forme de procédure et d'être complètement dépendant de moi qui était loin. Alors ils ont vraiment appris à se servir d'un ordinateur. À ce jour, j'ai la chance de n'avoir plus qu'un ou deux coup de fil par an, bien justifiés ceux-là.
Pour toutes ces années d'assistance gratuite (une seule fois on m'a donné 30F pour mon aide), je n'ai pas spécialement ressenti de gratitude. Comme ce qu'on peut lire dans les commentaires de ce journal, il était considéré comme normal que tout marche et que je forme tout le monde.
Rétrospectivement, je me pose de nombreuses questions.
1/ Contrairement à ce que j'ai pu penser avant, tout le monde ou presque est capable d'apprendre à se servir d'un ordinateur ; on en a la preuve aujourd'hui où tant de gens jonglent à la fois avec les mails, les photos, le web, le traitement de texte, les webcams, etc. Ces mêmes gens qui vers la fin des années 1990, alors même qu'ils utilisaient un ordinateur depuis très longtemps, ne savaient toujours pas ce qu'était un fichier et cherchaient des procédures linéaires pour utiliser le traitement de texte.
Alors pourquoi n'ont-ils pas appris à se servir vraiment d'un ordinateur à l'époque ?
2/ L'absence de gratitude que nombre d'entre nous ont ressenti (et nous nous y sommes parfois habitué) est en fait assez saugrenue. Quelle personne, ignorante en mécanique, ne remercierait pas chaleureusement celui ou celle qui vient réparer - même sans succès - sa voiture ? Qui enverrait bouler un ado de 15 ans parce qu'il n'a pas pu installer un store gratuitement ?
Alors pourquoi l'informatique fait exception ?
Je n'ai pas vraiment de réponses à ces questions, mais à mon avis, il faut chercher au delà des simples raisons apparentes (bêtise, flemme, impolitesse). Peut-être l'arrivée des ordinateurs dans les foyers a t-elle été un choc pour beaucoup, qui en réaction, se sont butés. Comme c'était pratique de diviser le monde en deux catégories : les petits génies et les autres ! D'ailleurs, ces petits génies, ayant un "don" gratuit et naturel (mot que j'ai souvent entendu) n'étaient-ils donc pas redevables envers les autres ?
Ce ne sont que des hypothèses. Mais je suis certain qu'il y a quelque chose à creuser là dessous.
# Des raisons profondes ?
Posté par Alek_Lyon . En réponse au journal Traumatisme d'Enfance : Le libre et la réalité du terrain. Évalué à 10.
Ce journal (et les réactions qui vont avec) est vraiment très intéressant.
Personnellement, j'ai eu mon premier ordinateur à l'âge de 12 ans, en 1994. C'était un Macintosh, et tout ce que je connaissais de l'informatique se résumait à un peu de Windows 3.1 et MS Works.
Très vite, j'ai été celui qu'on qualifiait de "petit génie en informatique" même si c'était totalement injustifié. Je devais tout expliquer, dans les moindres détails, à mon entourage proche et moins proche - y compris des gens sous Windows qui me demandaient de venir leur installer un logiciel parce qu'ils ne savaient pas faire - moi non plus soit-dit en passant, mais je savais double-cliquer !
On me demandait des explications claires et surtout linéaires (ce qui est impossible, même avec l'interface la plus simple du monde). Bien sûr, on me demandait aussi de tout dépanner. Cela a duré avec mes proches jusqu'à l'apparition de la photographie numérique : à ce moment, il leur est devenu vraiment insupportable de tout envisager sous forme de procédure et d'être complètement dépendant de moi qui était loin. Alors ils ont vraiment appris à se servir d'un ordinateur. À ce jour, j'ai la chance de n'avoir plus qu'un ou deux coup de fil par an, bien justifiés ceux-là. Pour toutes ces années d'assistance gratuite (une seule fois on m'a donné 30F pour mon aide), je n'ai pas spécialement ressenti de gratitude. Comme ce qu'on peut lire dans les commentaires de ce journal, il était considéré comme normal que tout marche et que je forme tout le monde.
Rétrospectivement, je me pose de nombreuses questions.
1/ Contrairement à ce que j'ai pu penser avant, tout le monde ou presque est capable d'apprendre à se servir d'un ordinateur ; on en a la preuve aujourd'hui où tant de gens jonglent à la fois avec les mails, les photos, le web, le traitement de texte, les webcams, etc. Ces mêmes gens qui vers la fin des années 1990, alors même qu'ils utilisaient un ordinateur depuis très longtemps, ne savaient toujours pas ce qu'était un fichier et cherchaient des procédures linéaires pour utiliser le traitement de texte.
Alors pourquoi n'ont-ils pas appris à se servir vraiment d'un ordinateur à l'époque ?
2/ L'absence de gratitude que nombre d'entre nous ont ressenti (et nous nous y sommes parfois habitué) est en fait assez saugrenue. Quelle personne, ignorante en mécanique, ne remercierait pas chaleureusement celui ou celle qui vient réparer - même sans succès - sa voiture ? Qui enverrait bouler un ado de 15 ans parce qu'il n'a pas pu installer un store gratuitement ?
Alors pourquoi l'informatique fait exception ?
Je n'ai pas vraiment de réponses à ces questions, mais à mon avis, il faut chercher au delà des simples raisons apparentes (bêtise, flemme, impolitesse). Peut-être l'arrivée des ordinateurs dans les foyers a t-elle été un choc pour beaucoup, qui en réaction, se sont butés. Comme c'était pratique de diviser le monde en deux catégories : les petits génies et les autres ! D'ailleurs, ces petits génies, ayant un "don" gratuit et naturel (mot que j'ai souvent entendu) n'étaient-ils donc pas redevables envers les autres ?
Ce ne sont que des hypothèses. Mais je suis certain qu'il y a quelque chose à creuser là dessous.
Alek.