Jamais un programme informatique ne sortira une des photos que j'ai prise aujourd'hui.
Jamais pour plusieurs raisons, la première étant que ça n'aurait absolument aucun sens et aucun intérêt.
Bah si on programme un ordinateur pour générer des images photo-réaliste, il se fiche bien du sens que tu attaches au fait de générer ces combinaisons de bits. Il se contente d'effectivement réaliser ces combinaisons, comme il est programmé à le faire.
C'est comme de dire qu'une armée de singes tapant au hasard sur des claviers finiront par pondre « Les Misérables », ça n'a absolument aucun sens, et ça n'arrivera jamais, ne serait-ce que parce que l'expérience n'apporte rien et ne sert à rien.
Le programme successeur serait sans doute bien plus efficace qu'une armée de singe. :)
Ce n'est pas parce qu'une chose ne nous paraît pas avoir de sens qu'elle n'est pas réalisable et qu'elle ne va pas se réaliser.
Pour pousser l'absurde de ta proposition encore plus loin, et bien voilà, je définis une méthode de cryptage des données qui fait qu'une numérisation donnée du texte intégral des Misérables est codée par le chiffre « 1 », pour le reste, rien ne change, on garde le chiffre construit par la juxtaposition de toutes les valeurs numérisées, et ce qui aurait été « 1 » devient le chiffre du texte des Misérables..
Oui mais il faut que tu codes aussi le programme qui rend le texte pour l'entrée 1.
Youpi, j'écris donc 1, et j'ai à une bijection près, écrit Les Misérables !
Précisément, tu dois fournir la fonction qui à 1 associe la suite de glyphes qui forment les misérables.
Il est techniquement possible de réduire toute œuvre numérique ou numérisable à un nombre, c'est vrai, mais la création d'une œuvre n'a rien de la découverte d'un nombre.
C'est la découverte d'une combinaison si tu préfères.
Et même si sous sa forme de texte en français on a besoin de divers outils pour le comprendre (l'alphabet, la langue, la culture, un paquet de choses), un texte n'est pas un simple nombre, une référence à un index préexistant de tous les textes, que l'auteur serait juste allé piocher.
Si par « juste », tu veux dire que ce n'est pas trivial, je suis d'accord. Cependant, il y a des glyphes et des mots français une infinité de combinaison de ces éléments restreints par une grammaire française. Est n'est-ce pas dans l'infinité de ces combinaisons qu'un auteur d'une œuvre de littérature française va piocher, aussi grandiloquent puisse-t-on considérer cet acte ?
Moi, en changeant à chaque fois ma fonction de numérisation, je peux tout, absolument tout, réduire au chiffre « 1 », et ben me voilà vachement avancé, je n'ai rien trouvé, rien construit, rien fait, et ça ne me sert à rien.
Oui, mais à chaque fois il faut que tu fournisses la fonction associée, sinon tu ne codes rien du tout avec ton 1. Et ça sert, ou pas, ce n'est pas important. Ça peut servir à passer le temps en définissant des fonctions, pour qui apprécie passer son temps à faire cela.
Mais pas sur le fait de dire qu'une œuvre quelconque n'est que la découverte d'un nombre.
La découverte d'une combinaison d'atomes si tu préfères.
Ca n'a tout simplement pas de sens, même si ça peut être techniquement vrai, ce n'est pas ça qui donne du sens à la proposition.
Reprocherais-tu au modèle atomiste de l'univers de ne pas fournir le sens de l'univers ? Certes il n'en fourni pas le sens, ça n'empêche que cela peut être un modèle efficace pour ce qui est de décrire l'univers que nous observons.
Pour le coup c'est extraordinairement réducteur quant au travail nécessaire à la fabrication d'une œuvre.
Bah dire que toute œuvre reviens en fin de compte à agencer des atomes, en quoi est-ce réducteur ? Cela n'est pas une négation de l'énergie qu'il est nécessaire d'utiliser pour former cet agencement.
Je ne suis pas d'accord non plus avec ta rationalisation forcenée, et ton z tout est quantifiable », non tout ne répond pas à une logique, tout n'est pas quantifiable. La croyance ne se fait pas forcément sur de quelconques critères rationnels ou rationnalisables, et peut ne pas être liée du tout au bourrage de mou.
Il ne s'agit pas de mon opinion.
Ce qui ne répond pas à une logique, répond donc (en toute logique) de l'illogique. Le fait est qu'on n'a rien d'autre que la logique pour faire progresser un raisonnement, ou alors il faut que tu présentes cette autre chose...
Dans la même situation, dans les mêmes circonstances, avec les mêmes paramètres, on peut prendre une décision différente. Donc ce choix lui-même n'est pas quantifiable, ni modélisable.
Modélisable, passe encore, mais quantifiable, si. Tu vas faire un choix et donc on peut quantifier le nombre de fois où tu ferais tel choix. D'ailleurs, avec une série statistique assez grande on peut élaborer un modèle stochastique qui n'est pas forcément dénué d'intérêt. Donc même pour le pas modélisable, ça me semble difficilement argumentable.
Dire que tout est quantifiable, c'est dire que cette décision ne pouvait avoir qu'une seule issue.
Non, tu peux dire que cette issue avait une probabilité donnée, et que d'autres issus était possible, le totale des probabilités de ces issus faisant 1.
Et fichtre, je ne pensais vraiment pas même en commençant ce commentaire en arriver là, mais c'est toute la question du libre-arbitre en fait ! Est-ce que la décision est prise par les paramètres, ou est-ce qu'elle est prise avec eux. C'est à dire est-ce que l'état du système à un instant t décide de façon sûre son état à un instant t+1, ou est ce qu'il se contente de l'influencer, et de présenter des états futurs plus ou moins probable.
Tout à fait, cette approche est discrète mais non déterministe stricte.
Pan, en plein dans la mécanique quantique ! Et la réponse de la mécanique quantique, c'est que non, on ne peut pas prévoir l'état futur du système, uniquement une répartition de probabilités. Donc l'état d'un système à un instant donné ne détermine pas son état futur, donc une prise de décision n'est pas une fonction déterministe, et dans une situation strictement identique, on peut faire un choix différent. Le bourrage de mou n'est pas quantifiable, ou s'il l'est il ne fait qu'influencer mes croyances mais ne les déterminent pas, et donc le résultat de mes croyances n'est pas mesurable.
Je vois mal comment tu passes de tes prémices à ta conclusion ici. Tu vois bien que tu t'appuies ici sur les modèles de la physique quantique, dont l'intitulée même fait ressortir le caractère central de la mesure d'événements discrets de cette théorie.
Ce qui est vrai pour moi n'est pas le fruit direct et mesurable de mon passé, ni même de mon état présent.
Donc j'ai personnellement mon mot à dire lorsque je crée, ou que je construit, et ce qui sort de mon esprit n'est pas déterminé par le reste de l'univers, il n'est qu'influencer, c'est donc très personnel, et non pré-existant par essence.
Qu'appels-tu pré-existant, essence et personnel ?
De fait ma photo de cet aprèm n'est pas la découverte d'un nombre indexant cette photo précise dans le grand catalogue des possibles.
C'est un instantané d'une configuration d'espace-temps codé dans une configuration d'espace-temps, qui à une échelle humaine peut paraître figé.
Et une œuvre n'est pas réductible à un simple nombre.
Dans le carde d'un modèle discret de l'univers, toute œuvre est « réductible » à une combinaison d'atomes.
Un monopole temporaire sur une création n'est donc pas un monopole sur un nombre. Et si tu croyais réussir à abattre le système du droit d'auteur tel qu'il existe avec cet argument là, cherches-en un autre qui tienne mieux la route, un argument socio-économique aurait probablement plus de poids, et serait moins sujet à être démonté rationnellement.
Hof, abattre un système, c'est ne pas dépenser son énergie dans la construction d'autre chose.
[^] # Re: Influence de l'internet et du numérique sur la société
Posté par psychoslave__ (site web personnel) . En réponse au journal Un avocat en droit d'auteur, la rémunération et Google. Évalué à 2.
Bah si on programme un ordinateur pour générer des images photo-réaliste, il se fiche bien du sens que tu attaches au fait de générer ces combinaisons de bits. Il se contente d'effectivement réaliser ces combinaisons, comme il est programmé à le faire.
Le programme successeur serait sans doute bien plus efficace qu'une armée de singe. :)
Ce n'est pas parce qu'une chose ne nous paraît pas avoir de sens qu'elle n'est pas réalisable et qu'elle ne va pas se réaliser.
Oui mais il faut que tu codes aussi le programme qui rend le texte pour l'entrée 1.
Précisément, tu dois fournir la fonction qui à 1 associe la suite de glyphes qui forment les misérables.
C'est la découverte d'une combinaison si tu préfères.
Si par « juste », tu veux dire que ce n'est pas trivial, je suis d'accord. Cependant, il y a des glyphes et des mots français une infinité de combinaison de ces éléments restreints par une grammaire française. Est n'est-ce pas dans l'infinité de ces combinaisons qu'un auteur d'une œuvre de littérature française va piocher, aussi grandiloquent puisse-t-on considérer cet acte ?
Oui, mais à chaque fois il faut que tu fournisses la fonction associée, sinon tu ne codes rien du tout avec ton 1. Et ça sert, ou pas, ce n'est pas important. Ça peut servir à passer le temps en définissant des fonctions, pour qui apprécie passer son temps à faire cela.
La découverte d'une combinaison d'atomes si tu préfères.
Reprocherais-tu au modèle atomiste de l'univers de ne pas fournir le sens de l'univers ? Certes il n'en fourni pas le sens, ça n'empêche que cela peut être un modèle efficace pour ce qui est de décrire l'univers que nous observons.
Bah dire que toute œuvre reviens en fin de compte à agencer des atomes, en quoi est-ce réducteur ? Cela n'est pas une négation de l'énergie qu'il est nécessaire d'utiliser pour former cet agencement.
Il ne s'agit pas de mon opinion.
Ce qui ne répond pas à une logique, répond donc (en toute logique) de l'illogique. Le fait est qu'on n'a rien d'autre que la logique pour faire progresser un raisonnement, ou alors il faut que tu présentes cette autre chose...
Modélisable, passe encore, mais quantifiable, si. Tu vas faire un choix et donc on peut quantifier le nombre de fois où tu ferais tel choix. D'ailleurs, avec une série statistique assez grande on peut élaborer un modèle stochastique qui n'est pas forcément dénué d'intérêt. Donc même pour le pas modélisable, ça me semble difficilement argumentable.
Non, tu peux dire que cette issue avait une probabilité donnée, et que d'autres issus était possible, le totale des probabilités de ces issus faisant 1.
Tout à fait, cette approche est discrète mais non déterministe stricte.
Je vois mal comment tu passes de tes prémices à ta conclusion ici. Tu vois bien que tu t'appuies ici sur les modèles de la physique quantique, dont l'intitulée même fait ressortir le caractère central de la mesure d'événements discrets de cette théorie.
Qu'appels-tu pré-existant, essence et personnel ?
C'est un instantané d'une configuration d'espace-temps codé dans une configuration d'espace-temps, qui à une échelle humaine peut paraître figé.
Dans le carde d'un modèle discret de l'univers, toute œuvre est « réductible » à une combinaison d'atomes.
Hof, abattre un système, c'est ne pas dépenser son énergie dans la construction d'autre chose.