• [^] # Re: Influence de l'internet et du numérique sur la société

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Un avocat en droit d'auteur, la rémunération et Google. Évalué à 2.

    Mais c'est très faux aussi. Même quand je code un programme, je ne crée pas un nombre, et pourtant c'est 100% numérique : fait par et pour un ordinateur, conçu pour être transformé en binaire et interprété par un processeur qui ne comprend que des nombres, etc. Mais je n'ai pas créé un nombre, nulle part, mon code n'est pas un nombre : c'est du texte.

    Non, le texte c'est une façon d'interpréter les données que tu saisies, stockes, lis... Mais ce n'est pas un sens intrinsèque aux données, c'est toi qui est déterminé à les interpréter comme ça.

    Et le fait qu'on ait une bijection entre l'espace des textes possible à écrire avec un jeu de caractère donné, et l'ensemble des entiers ne transforme pas l'Iliade en chiffres.

    Idem, que ce soit un fichier numérique ou un tas de papier noirci, ces données n'ont pas de sens. C'est celui qui lit qui y attache du sens. Je peux parfaitement attacher une valeur numérique à chaque caractère du grec ancien et interprété l’iliade comme un nombre. Dans l'absolue ça n'est pas plus absurde que l'infinité d'autres interprétations possible. D'ailleurs même avec cette même méthode on vois bien que si je recommence en donnant une valeur numérique différente à chaque caractère, on obtiendra un résultat différent.

    La vue on peut à la manière de ta transformation de toute œuvre numérique en simple nombre, la transformer en mesure chiffrée. Mais par exemple, si je viens chez toi et que t'as des carreaux sales, je vais te le dire, je l'aurai vu, mais je n'aurai rien mesuré du tout. Et si tu passes un coup de chiffon, je te dirai qu'ils sont propres, mais là aussi rien à mesurer, la mesure ne sert à rien, il n'y a même pas de frontière entre propre et sale. On s'en fout, c'est vu, purement vu et ressenti, sans mesure où que ce soit dans le processus.

    Bah si, tu mesures l'opacité de la fenêtre qui est fonction de la quantité de saleté dessus, ou tout effet que tu percevoir visuellement engendré par la quantité de dépôts sur la fenêtre. Si il n'y a pas une quantité dépassant ton seuil de perception visuelle, tu ne vois rien et tu en conclus que c'est propre.

    La croyance elle n'a strictement rien de mesurable. Et je ne parle pas ici uniquement de foi ou de religion, mais simple exemple trivial, si je te demande combien il y a d'habitants en France, tu vas me répondre quelque chose entre soixante et soixante dix millions, et tu y crois, parce que tu l'as lu, ou qu'on te l'a dis. Mais tu n'as rien mesuré du tout, tu n'en sais rien, tu fais confiance à ce que des gens que tu ne connais pas t'ont racontés !

    Donc on mesure bien la fiabilité de l'information par rapport à la proportion de personnes qui y croient, ou par rapport au nombre de fois ou on nous a bourré le mou avec. Tu peux aussi accorder plus de crédit à une personne donné parce qu'elle c'est avéré fiable par le passé (ie : ce qu'elle à dit par le passé c'est statiquement avéré plus souvent correct qu'erroné à la lueur de mesures postérieurs).

    Alors oui, on t'a raconté que des méthodes de mesure et de calcul impliquant des outils mathématiques, statistiques et sociaux, ont servi à sortir ce chiffre, avec la pyramide des âges en prime et plein d'autres stats. Mais t'en sais rien du tout au final, tu y crois, et à ton propre niveau, tu te contentes de croire sans rien mesurer. Cette croyance n'a rien de quantifiable, et ton jugement, l'outil dont tu as besoin pour décider si tu crois ou non une affirmation, n'est pas un outil de mesure chiffré.

    Oui j'y crois parce qu'on m'a bourré le mou avec cela, mais le bourrage de mou est quantifiable.

    C'est en fait, extrêmement réducteur d'assimiler toute œuvre numérique à un nombre, puisqu'on peut numériser a peu près n'importe quoi n'importe comment.

    La question ici ce n'est pas tant celle du numérique et de l'analogique que celle du discret et du continue. Si on admet que l'univers est discret, ie qu'il est composé d'atomes, alors toute chose existante est le résultat d'une combinaison d'atomes (ce qui est pour le moins tautologique).

    Maintenant tu n'es pas forcé d'admettre que l'univers est discret, et tu peux pencher pour la thèse continue. Tu peux aussi supposer que l'univers n'est pas quelque chose qui puisse être mis en adéquation avec un modèle compréhensible par un esprit humain. Mais dans ce cas tous les modèles humainement pensables sont irréalistes, et donc quoi qu'on dise nous sommes condamner à débiter des absurdités.

    Ce qui rendrait un Dali intéressant serait le choix du bon nombre ? Ben non, c'est juste faux, ça n'a même pas de sens. Et un Dali aujourd'hui pourrait très bien avoir fait des œuvres entièrement en numérique, avec un ordinateur, et sans peinture, il aurait très bien pu s'amuser avec ça aussi, son œuvre numérique serait-elle moins œuvre d'art que ses œuvres peintes ? Pourquoi ?

    Une œuvre est intéressante si elle entraîne l'intérêt de celui qui l'observe. L'intérêt peut par exemple être mesuré en terme de temps passé à l'observer.

    Je n'ai pas dit qu'une œuvre était moins œuvre d'art (ou œuvre de ce que tu veux) selon qu'elle fut numérique ou non. Mais dans le cas d'une œuvre numérique, on peut particulièrement mettre en avant l'aspect discret du support de celle-ci et de sa totale indépendance de l'auteur qui la découvre. On peut générer toutes les œuvres numériques avec la trivial fonction successeur. Qu'elles soient obtenu ainsi ou par un travail humain, ça n'influence pas nécessairement l'intérêt qu'on leur portera.